L’Egypte s’affaisse

par · 2 mars 2013

egyptemorsimanif

Le mouvement de désobéissance civile s’étend dans la population du DELTA. Après PORT-SAID, ALEXANDRIE, SUEZ , TANTA , c’est le tour de KAFR AL CHEIKH, DAQAHELEYA, GHARBIA , SINAI. Les manifestations du vendredi sont devenues des mouvements de désobéissance civile avec le blocage des routes et des voies ferrées, fermeture et occupation des écoles, grèves dans l’administration, sit-in, défilés. Mais c’est l’irruption des ouvriers dans le conflit qui donne en partie un tour nouveau à la révolution. La ville ouvrière de Mehalla est aujourd’hui totalement paralysée et aux mains de ce qu’il faut bien appeler les « insurgés ». L’Etat égyptien a perdu le contrôle d’une partie du pouvoir. Et les étudiants viennent de rentrer dans la danse. Cette contestation prend le relais des manifestations du vendredi qui s’essoufflent. Mais elle conduit a une radicalisation.

Pendant que le camp islamiste si divise : démission de deux conseillers salafistes du Président Morsi, et que l’armée se cabre devant les menaces du limogeage du Général Al Sissi. Il n’est pas question pour elle qu’on lui refasse le coup du départ de Tantawi-Annan. Suspendu à l’aide du FMI la situation économique se dégrade. Ce qui renforce le mécontentement contre le « pouvoir Morsi » et les frères Musulmans. Ce dernier ce maintient tant bien mal à cause de la division de l’opposition. Des dirigeants du Front du Salut National dont Sabahi (ancien candidat à l’élection présidentielle arrivé en 3ème position) que j’ai rencontré au Caire, appellent au boycott pendant que d’autres s’y préparent. Les frères Musulmans tentent de reprendre la main via les élections législatives, pendant que la situation économique et sociale leur échappe. L’Etat égyptien s’affaisse, prélude à une nouvelle étape de la révolution ou d’un coup d’Etat. On en est là…