Sarkozy ou l’éternel retour

par · 7 mars 2013

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Nicolas Sarkozy n’a jamais accepté sa défaite. Sa remontée dans les derniers jours de la campagne présidentielle l’a confortée dans l’idée qu’il se faisait de lui-même. Au-delà des élites mediatico-intellectuelles le pays l’aimait. Cruelle erreur, mais « l’ex » pensa que François Hollande ne l’avait pas battu. Seule la dureté de la crise l’avait entamée. Dès le soir de l’élection une évidence s’imposa à lui. Il allait revenir. Ce que personne n’avait fait sous la 5e République. Battu il reviendrait et pourquoi pas pour deux mandats. Enfin, il promettrait le contraire si son retour en était facilité. Tout depuis va dans ce sens. L’insistance sur les 800 000 voix présentées comme une défaite-victorieuse, le lancement d’une association des amis de Sarkozy. Il s’agissait ainsi d’entretenir la flamme. La répartition de ces derniers derrière Jean-François Copé et François Fillon ne doit rien au hasard. Et si l’ancien Premier ministre se lança dans l’aventure, c’est qu’il pressentait le retour. L’ancien Président ne pipa mot lorsque de jeunes godelureaux présentèrent une motion à l’UMP se réclamant de lui. Elle arriva en tête. L’attaque de Nicolas Sarkozy sur l’abaissement de la France dans le conflit Syrien visait à démontrer qu’il était seul au niveau. Et que Sarkozy rimait avec énergie. La droite en trois tronçons Copé-Fillon-Borloo ne pouvait que lui plaire. La montée du Front National dont il fut responsable en ouvrant les portes de la République au national-populisme ne pouvait que le satisfaire. Pompier-pyromane il pourra se présenter comme seul à pouvoir unir les droites et faire barrage à l’extrême-droite. D’ailleurs le choix de Valeurs actuelles pour son interview est tout un programme. Tous les jours et toute la journée, il reçoit, consulte, discute selon un procédé qu’il avait déjà utilisé lorsqu’il était ministre de l’Intérieur.

Mais pourquoi accélère t-il ? C’est un impatient évidemment. Mais il veut surtout tuer dans l’oeuf le démarrage Fillon. L’UMP est « pat ». Elle ne peut jouer. Elle ne peut sélectionner un présidentiable tant que Nicolas Sarkozy n’aura pas totalement clarifié. En laissant entendre qu’il pourrait, il aide Jean-François Copé qui dit : d’abord les élections municipales. Il neutralise François Fillon qui devient redoutable. Car dans cette lutte à mort, François Fillon a des troupes qui se sont aguerris dans le clash avec Jean-François Copé. Et la plupart des Fillonistes ne sont pas favorables au retour de Nicolas Sarkozy. Il fallait faire vite pour fragiliser l’entreprise du Premier ministre. Maintenant Nicolas Sarkozy est devant un dilemme. Que faire ? Pour barrer la route aux prétendants, reprendre les rennes de l’UMP ? Voilà qui est radical mais risque de fâcher en plus Fillon et Copé. Attendre ce n’est pas son genre. Nous allons être fixés. Mais Nicolas Sarkozy comme nous l’avions pronostiqué est bien de retour.

Les commentaires1 Commentaire

  1. bleuetoiles dit :

    bonne nouvelle pour la gauche : Sarko est de retour ! il torpille Fillon , encore mieux !!!!
    sur nos valeurs , nos convictions , nous ne risquons rien , meme si la météo économique est « agitée  » .