La ligne Merkel va tuer l’Europe

par · 30 mars 2013

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La droite allemande, assise sur les épargnants allemands – principalement les personnes âgées – ne veut pas payer pour les pays qui ont financé leur croissance par l’emprunt. Elle demande à ces derniers de réduire leurs déficits pour retrouver les chemins de la croissance. Le problème est que la plus part des pays du sud, France comprise, ont vu la part de la production industrielle fondre dans le PIB autour de 12 à 19 %. Dans ces conditions la croissance malgré les réformes et les restrictions budgétaires voire l’austérité ne peut decoler. Et le haut niveau de l’Euro comme le souhaite le gouvernement de droite allemand ruine en plus tous les efforts de compétitivité faits dans la douleur en Europe.

Il faut, comme le demande l’OCDE et le FMI, changer de politique et tourner le dos à l’austérité.

Pourtant, malgré les inquiétudes des industriels allemands et des syndicats, madame Merkel s’acharne à fermer la relance interne et elle refuse l’évolution de la banque centrale même si elle ferme les yeux sur certains assouplissements.

Comment faire, alors que nombre conservateurs en Europe partagent la thèse de la chancelière, et que les peuples du nord chauffés à blanc par cette politique, pensent trop payer pour le sud alors que les transferts européens de chaque pays sont loin de ponctionner les budgets nationaux ?

La récession s’installe. L’Espagne est au bord du dépôt de bilan. L’Italie n’en est pas loin… La crise politique est partout.

Un climat très années 30 dans les élites se manifeste réclamant une offensive radicale contre les acquis des Trente Glorieuses que les gouvernements ne peuvent assumer car ce serait la déflagration sociale assurée. Les peuples décrochent. Ils perdent patience et espoir. La montée de l’intolérance, du nationalisme rampant et l’islamophobie transclassiste s’installent. La hantise de la rélegation habite les classes moyennes qui voient leur niveau de vie entamé pendant que les intégristes de tout poil font leur choux gras de la perte de sens et du toujours moins…

Il faut donc un nouveau cap à l’Europe. Le Parlement européen, conservateurs compris, a dit « non » au budget de renoncement européen obtenu par le chantage de monsieur Cameron qui ne veut pas d’une Europe régulatrice. Le fait que la chancelière n’a pas fait bloc contre l’exigence de Cameron en dit long sur l’arrière-pensée austéritaire de cette dernière. Alors le peuple allemand dénouera-t-il cette crise politique lors des élections fédérales de septembre prochain ?

Rien n’est moins sûr malgré la bonne tenu du SPD. Une grande coalition viendra-t-elle desserrer l’étau ? C’est possible mais pas certain. Il reste donc la politique. Le Président Hollande l’a suggéré, évoquant une tension amicale. Il reste à la gauche de mener une campagne en France et en Europe contre cette austérité. C’est maintenant économiquement souhaitable et politiquement indispensable car la ligne Merkel tue l’Europe. Il est urgent de changer de politique.

catégorie Actualité

Les commentaires1 Commentaire

  1. Robert dit :

    J’entends depuis 2008 des économistes intelligents tels Frédéric Lordon tirer la sonnette d’alarme contre la politique économique de l’Europe dictée par l’Allemagne, et tels des Cassandres, ils ne sont pas entendus, et même pas écoutés. Combien de passages TV de Frédéric Lordon par rapport aux économistes ultra libéraux qui n’ont pas encore compris que leurs thèses nous mènent droit à la catastrophe?