Touche pas à mon Premier ministre

par · 1 avril 2013

hollandeayrault160

Écoutez les ! Ceux qui se taisaient sous Fillon, qui étaient muets sous Raffarin, qui ne trouvaient rien à redire sous Villepin et Juppé désavoués par la rue. Ils font des gorges chaudes sur Jean-Marc Ayrault. Tout cela parce que deux journalistes ont rendu compte des vestiaires du gouvernement et mis bout à bout en l’absence de citation du Premier ministre dans l’intervention présidentielle. C’est la crise.

Si comme dans le sport ce qui compte c’est le terrain et pas le vestiaire, l’autorité d’une politique ne se juge pas à l’aune des citations. Sous le quinquennat le Premier ministre n’est plus un fusible mais un puching ball. Entre le président vers qui tout remonte, qui tranche en dernière analyse, une majorité qui veut suivre l’opinion et des ministres suivre la leur, des médias pipolisés interpellant, interpellés, traquant le couac pour fidéliser le spectateur. Quant aux Français, ils sont largement désabusés sur les capacités du politique à décider à l’age du tout marché. Difficile dans cette lessiveuse de satisfaire.

Mais il y a une marque Ayrault que je voudrais défendre. La recherche d’une nouvelle culture contractuelle. Entre le sommet social en juillet, l’accord des partenaires sociaux quoi qu’on en pense, la négociation sur les retraites, cette méthode très social-démocrate doit être défendue. On est loin de la remise en cause des corps intermédiaires à la Sarkozy Fillon ou autres Juppé Villepin. La montée des syndicats réformistes dans les élections professionnelles ne semble pas contredire la méthode Ayrault. Certes on opposera le fond des accords à la forme dans certains milieux. L’Etat dirigé par les socialistes est là pour fixer l’intérêt général dans une époque trop peu favorable aux salariés. Mais le nouveau contrat social de sortie crise doit être contractuel ou ne sera pas. Et on ne peut pas s’offusquer du populisme ambiant et révoquer une méthode qui le révoque. Voilà pourquoi je crois que Jean-Marc Ayrault sait où il ne va pas et il n’est pas certain que ceux qui critiquent sachent où ils vont.

 

Les commentaires2 Commentaires

  1. Correia Eric dit :

    Trés habile JCC. Bon, tu deviens quand 1er secrétaire? Apres les européennes? Va peut-être bien falloir…

  2. topaz dit :

    Quelle envolée lyrique ! Que n’a-t-on entendu dans le précédent quinquennat sur un hyper-président, omniprésent ? Dans son intervention François Hollande a renvoyé l’image d’un homme seul et décalé, hésitant et impuissant face à la France en crise. C’était pas le vestiaire, c’était le direct.