Où va la France ? (1)

par · 11 avril 2013

drapeaubbrflotant

La crise européenne est à la Vème République ce que fut la crise algérienne à la IVème République. Elle va l’emporter.

La crise européenne, combinaison d’impuissance face aux défis du monde nouveau et d’austérité récessive dû à l’orthodoxie libérale. Cette crise qui balaye le continent a une apparence, le populisme mais aussi une réalité, la désindustrialisation dû à trois décennies de domination sans partage de la finance, accentuée par l’effondrement du Mur de Berlin et la fin de la domination du monde occidental.

Au moment où s’imposait la monnaie unique. Au moment où François Mitterrand et Jacques Delors imposaient un compromis historique à l’Allemagne, l’abandon du Deutsch Mark contre l’abandon de l’indépendance de la Banque Centrale, l’Allemagne était préoccupée par son unification et voyait dans l’effondrement du bloc soviétique à l’Est un nouveau modèle de division du travail capable de refaire le retard sur la France.

L’Europe devenait continentale et au même moment un mezzogiorno surgissait entre le Nord et le Sud. La croissance allemande était tirée par la contraction salariale. La croissance française par la dépense publique. La crise financière mondiale a porté un coup aux deux modèles, l’une visible à cause des déficits publics colossaux. L’autre moins visible car elle survivait en asséchant la croissance européenne par le dumping salarial. Madame Merkel, Allemande de l’Est et par la même redevable et dépendante a tout misé après la crise financière sur les épargnants allemands. Défendant la rente allemande comme le dit Peer Steinbrück, elle a défendu l’Europe allemande comme le dit Martin Schultz, tournant le dos à la responsabilité historique de l’Allemagne comme le dit Helmut Schmidt.

C’est aujourd’hui patent, elle a conduit l’Europe à la récession. La thèse des libéraux, la dérégulation non pour la compétitivité, mais pour une optimisation du profit sans rivage ni contrainte, a fait le reste. D’autant que l’euro fort face à un yuan faible et un dollar dopé par la planche à billets de la réserve fédérale, ruinait les efforts de compétitivité des européens à haut niveau de protection sociale.

Ces politiques portées par les droites européennes impactaient tous les régimes en Europe et principalement la France, pays de la dépense publique, de l’épargne de précaution, du capitalisme sous Etat et du tissus industriel PME sous équipé. Voilà la première toile de fond pour comprendre où va la France.

Les commentaires1 Commentaire

  1. merlemoqueur dit :

    Où est l’Europe et où va t’elle ?

    La politique libérale de l’Europe n’a été possible qu’en s’affranchissant du contrôle démocratique du parlement européen.
    Les décisions concoctées par une commission européenne sans le contact avec la réalité de terrain que permet un Parlement ont heurté une grande partie des électeurs, les poussant vers le populisme, le nationalisme et le rejet de l’europe actuelle.

    Une évolution démocratique est possible, au moins pour la zone euro, en faisant siéger à Strasbourg le Parlement de la zone euro (fraction du parlement européen) et en lui donnant les pouvoirs nécessaires. La règle de la majorité remplacerait l’unanimité et permettrait l’évolution démocratique indispensable.

    L’europe de l’euro a le choix entre couler et évoluer vers plus de démocratie.
    Qu’attendez-vous pour le proposer ?