Où va la France ? (3)

par · 13 avril 2013

drapeaubbrflotant

La France est au bord du KO national. Les historiens ne feront pas porter la responsabilité aux socialistes, encore moins à Francois Hollande. Jacques Chirac est inattaquable et Nicolas Sarkozy indéfendable. Ils ont soit rien fait, soit touché à tout sans rien régler. Sous la Vème République tout remonte au Président disait Georges Pompidou. Jacques Chirac décida de ne rien faire. Et Nicolas Sarkozy donna à la France son énergie, passant de l’union nationale à la droite nationale en cinq ans. On a sous-estimé le bilan économique de Nicolas Sarkozy, mais aussi son bilan sociétal. Le pays est dans la haine du voisin de palier, divisé, émietté, excité. Et disons le tout net, si nous avons un peu sous-évalué les deficits et le retard français, nous avons totalement sous-estimé les dégâts en terme de société de Jacques Chirac et le « bruit et les odeurs », de Nicolas Sarkozy et le karcher. Dans ces conditions il n’est pas simple d’exercer l’autorité. Il faudrait une re-fondation française dans le monde d’aujourd’hui, avec les Français d’aujourd’hui pour paraphraser le Général De Gaulle dans son discours de Bayeux. La droite est empêchée par le vrai faux retour de Nicolas Sarkozy. Les socialistes veulent bien, mais donnent l’impression de ne savoir que faire. Les écologistes sont au pouvoir mais ne veulent pas pouvoir. Si le Front National se socialise, Jean-Luc Mélenchon se nationalise, créant un espace de convergence conflictuelle. Les centristes sont soit à droite dans l’espérance de la reprendre, soit nul part dans l’espoir de prendre la gauche. Mais nos institutions au quadrille bipolaire ne permettent pas de réorganiser l’espace public autour du centre. Jean-Louis Borloo se rêve en repreneur de la droite, François Bayrou de la gauche, les deux au nom de l’union nationale. Les organisations syndicales changent de tête mais peu de sens.

Bref, les représentativités sont décalées et entamées dans leur représentativité et peinent à peser pendant que l’autorité est entamée. La France a besoin d’un bloc de confiance, capable de revisiter nos institutions, le contrat social, le renouveau de l’appareil productif et la réalité de l’Europe. Sinon c’est l’irrésistible déclin et les convulsions qui emporteront la France mais aussi l’Europe.