Le street party

par · 15 avril 2013

manifpourtous

A l’occasion du débat sur le mariage pour tous, la droite classique a décomplexé une droite extrême qui ne trouvait que le Front National pour s’exprimer, et que le « recentrage » de Marine Le Pen a laissé symboliquement orpheline. Elle puise ses racines dans ce qu’on appelle les catholiques intégristes, les mouvements droitistes universitaires, surfant sur le refuge de la famille en période de crise, la hantise du déclin du monde occidental, la hantise du métissage qui prend la figure du rejet de l’Islam. C’est le leg des années Sarkozy. Ce Tea Party à la française est un « street party » en voie de constitution. Il est à la droite classique ce que furent les mouvements d’extrême gauche à la gauche dans les années 1970. Millénaristes, profondément anti-républicains, animés par l’idée d’un abaissement moral et des mœurs en France. Il a investit le net autour d’un printemps des droites. Cette mouvance en devenir cherchait l’affrontement central au moment du vote de la loi sur le mariage pour tous. Le changement de calendrier le contraint à changer de tempo, évoluant vers une sorte de guérilla d’actions spectaculaires. Les sit in, rassemblements, manifestations vont se multiplier. Ce mouvement perdurera minoritaire, dans le refus d’organiser les mariages et l’espoir de revenir sur cette loi. Ces sont donc des ligues modernes ordonnées par le net qui émergent. Voilà un phénomène nouveau qui va infuser et poser problème à toutes les représentations politiques.

 

Les commentaires2 Commentaires

  1. merlemoqueur dit :

    L’extrême droite intégriste dénonçant l’évolution du mariage ne fait que continuer leur lutte intolérante contre les médecins pratiquant des IVG.
    On retrouve la même violence et le même mépris des choix démocratiques.

  2. Amaury dit :

     » Il est à la droite classique ce que furent les mouvements d’extrême gauche à la gauche dans les années 1970. »

    J’aime beaucoup votre comparaison, je la trouve très juste.
    Le risque sera alors que, comme les gauchistes des années 70, tout en restant minoritaire cette droite ne finisse, par l’entrisme dans les partis de droite et par un rayonnement intellectuel, à influer sur l’idéologie de la droite majoritaire et ainsi sur l’ensemble du débat public.