Les droites et Merkel seront battus

par · 20 avril 2013

photo

Extrait de l’intervention de Jean-Christophe Cambadélis devant les 27 Secrétaires généraux des partis sociaux-démocrates en Europe:

Il faut se mettre en tête que c’est une toute nouvelle élection. Le traité de Lisbonne dans son article 14 stipulant que c’est dans la majorité parlementaire que l’on va choisir le nouveau président de la commission donne une dimension continentale à l’élection européenne. Les peuples vont être acteur de ce choix. Les conditions de cette élection s’en trouvent modifiées.

Dans l’état actuel de l’opinion européenne, l’enjeu va être « qui portera l’espoir » (…). Dans les campagnes d’Obama comme celle de Hollande la question fut « qui s’empare de l’Espoir »(…)

La conquête de l’espoir est un élément central en période de crise. Qui portera le renouveau européen ? Qui portera la renaissance européenne ? Qui incarnera un nouveau cours économique et social ? (…)

Dans la situation politique européenne. Il y a un paradoxe. Tous les partis au pouvoir sont sanctionnés. La droite domine depuis 15 ans en Europe. Et notre famille politique est considérée comme outsider. Le 1er enjeu est là. Crédibiliser une possible nouvelle donne (…) Il faut gagner 70 parlementaires sur 27 pays c’est tout à fait à notre portée (…)

L’enjeu dépasse une simple péripétie électorale. C’est le destin de notre continent qui est en jeux. (…)

Si le cours actuel de l’Europe continue sous la domination des droites, c’est la dernière élection que nous connaîtrons, car il y aura dislocation. (…)

Alors pourquoi nous ne sommes pas encore les favoris ?

Il y a une division entre le nord et le sud. Nous sommes divisés sur l’analyse et les perspectives. Il y a les contributeurs et les bénéficiaires… Il faut surmonter cela. C’est le sens du programme fondamental et du manifesto que nous voulons concis et pratique (…)

Il y a en ce moment un sentiment de dépit vis-à-vis de la construction européenne. Nous ne sommes plus dans l’enthousiasme des premiers jours.

Face à cette situation, il y a des mobilisations multiples. Populisme, séparatistes, nationaux populistes. C’est un symptôme de la crise que traverse l’Europe. Mais il y a aussi un puissant mouvement social, syndical, politique, citoyens, indignés. Au Portugal, en Espagne, etc… (…). Il existe une majorité européenne qui dit non à l’austérité, oui à l’Europe.

Par rapport au doute européen et au populisme rampant, qui va catalyser l’espoir du renouveau ? Le désarrois peut s’exprimer par une abstention massive, ou des votes sur d’autres formations politiques… Est-ce que le PSE peut incarner l’espoir ?

Regardez quand le PPE prend pour slogan : « plus d’europe » il cherche a chevaucher une autre solution alors qu’il sont sortant. (…) Si nous sommes un parti institutionnel, Si nous sommes dans le cercle convenu des « happy few » européen, nous n’incarnerons pas l’espoir. Nous dépolitiserons l’enjeu, la participation sera en baisse. Et la droite en profitera. (…)

Comme fond de sauce ou fond de jeu, puisque nous sommes à Madrid. Je vous propose trois pistes communes.

1/ Il faut être dur avec la droite dure. Sans concession, clair, net. Si on est dans la demi mesure, on ne sera pas visible et on ne captera pas l’opinion.

2/ Il faut être l’alternative la seule crédible. La seule crédible donc l’alternative. Mais cela il faut le mériter par des propositions net et assumable par tous. Nous avons des concurrents qui peuvent nous prendre des voix. Mais nous sommes les seuls capables d’avoir une majorité. (…)

3/ Enfin, il faut être le chemin nouveau. La différenciation est essentielle. L’identification est incontournable. Dans le domaine de l’économie, de la re-industrialisation, de la jeunesse que sais je. Il faut être le courant de la croissance de la renaissance. (…) Nous ne partons pas de rien. Nous avons des outils pour cela : Ce que nous défendons au parlement européen, la résistance de Schulz du groupe S&D sur le budget. Confusément les citoyen ont perçu le désaccord, un autre chemin possible. Un groupe, une personnalité, estimant qu’une autre politique est possible cela parle aux gens (…).

Pour incarner l’espoir il faut être crédible. C’est l’autre plafond de verre. Le scepticisme sur la capacité du politique de changer leur quotidien. (… ) Il faut être concret pour être crédible (…) Mais il faut marteler un autre chemin est possible. Je vais même plus loin. Je crois que Mme Merkel est battable. Et les droites aussi (…). Si nos électeurs classiques ne sont pas assez nombreux. Il faut aller à la conquête des jeunes, des abstentionnistes. Pour cela. Il faut briser l’idée que le PSE ferait la même chose que le PPE, il faut être net. Il faut être clair. Il faut être identifié comme différent et crédible. Bref créer un dynamique continentale dans un match de boxe, on boxe mal quand on est dans les gants, trop près de l’adversaire pour gagner, il faut de l’allonge… Alors de la distance !! De la distance face à la majorité de droite sortante. Trois mots pour gagner, incarner, changer, crédibiliser. Nous allons sauver l’avenir de ce continent en tournant la page de l’austérité. Nous sommes l’alternative. Nous sommes l’espoir…

Les commentaires2 Commentaires

  1. merlemoqueur dit :

    L’espoir conduit à la victoire. L’union aussi.
    Une large partie de l’opinion souhaiterait plus d’écologie à condition que les solutions proposées soient réalistes, et rejoignent le bon sens.

  2. Barreau dit :

    Il faudrait peut-être déjà démontrer quelque chose au plan national ? Ce n’est pas le cas. Vous ne vous rendez pas compte à quel point la fracture entre vous et le peuple existe. Les élections européennes vont être cinglantes à cet égard.