Capes noires et œillets rouges

par · 25 avril 2013

oeilletsLe Parti socialiste portugais a décidé d’accueillir la réunion de la Présidence du Parti socialiste européen à Lisbonne à l’occasion du 40e anniversaire du Parti et surtout, le jour de l’anniversaire de la Révolution des Œillets. Harlem Désir participe à cette réunion de la Présidence.

Avec Serguei Stanichev, l’ancien premier ministre bulgare et président du PSE et Boris Tadic, l’ancien président serbe et dirigeant du Parti démocrate, nous assistons au Parlement aux cérémonies officielles de cette belle révolution qui mis fin à la dictature.

Si en France, tout finit en chanson, au Portugal, tout a commencé par des chansons. Lorsque sur les ondes on a entendu « Capes negras » ou « Grândola Vila Morena », les militaires ont pris le pouvoir pour le donner au peuple.

Tsipras, le leader de Syriza devait participer aux manifestations prévues dans l’après-midi à l’appel du Bloco de Esquerda et des syndicats UGT et CGTP. Il y aura aussi des militants du PS.

A l’évidence, la crise qui frappe le Portugal éclaire d’un jour nouveau cette Révolution démocratique car ce qui est à l’ordre du jour pour la gauche c’est la nécessité d’une révolution contre l’austérité.

L’ancien leader étudiant Alberto Costa, devenu ministre socialiste a salué les capitaines du MFA et notamment Marques Junior qui fut député socialiste et qui est décédé en 2012. Dans son discours il a estimé qu’il était temps d’en finir avec ces gouvernements esclaves d’économistes morts.

Au Portugal, comme en Grèce, le taux de suicide a doublé. Les coupes dans les budgets de l’éducation, la santé ou les services publics sont sabrés. La cure d’austérité est si rude que le pays s’est fortement rapproché des exigences de la troïka. Mais… le ministre allemand des finances, le conservateur Schaüble estime que ce n’est pas assez.

L’unité contre le gouvernement est totale. Même le patronat a rejoint le front syndical et des partis de gauche. La Cour constitutionnelle a défendu l’intérêt général en invalidant plusieurs des mesures du plan d’austérité.

Il était notable de constater que le président Cavaco Silva, déjà critiqué pour avoir « trop soutenu » les réformes du Premier ministre, s’en est pris à la Troïka, et donc à Merkel. C’est dire !

La Révolution des Œillets a ramené la démocratie au Portugal. Avec Mario Soares, le pays est devenu un exemple de ce que l’Europe peut faire quand elle est solidaire et forte.

L’impopularité peut conduire à des élections anticipées alors que des élections municipales sont prévues le 29 septembre prochain.

Pour lever ce voile noir de l’austérité, le rouge des œillets d’avril est la bonne couleur. Donner un carton rouge à Merkel ? C’est déjà dans les têtes. Il faut le faire dans la construction d’une alternative déterminée et résolue que seuls les socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes européens peuvent porter.

Alors que le PPE est en réalité aux abois – les scandales du financement du Bayern de Munich, très lié à la CDU-CSU, le financement occulte du PP espagnol, les mises sur écoute et les intimidations organisées par le GERB de Borissov en Bulgarie, s’ajoutent à la honte que représente Orban pour la droite européenne, le PSE doit construire un autre chemin.

Il y a une alternative.