Une certaine hypocrisie française

par · 28 avril 2013

alainjuppe

Tout le monde sait que le brouillon de la convention une fois publié vendredi après-midi fut corrigé.

Tout le monde sait que les mots contestés et contestables avaient déjà été prononcés au Conseil National du Parti socialiste en présence de tous.

Tout le monde sait que le texte de la convention est cohérent, charpenté, équilibré et robuste et ne serait se réduire aux formules déjà gommées.

Tout le monde sait que toute l’Europe souffre d’une majorité des droites européennes.

Tout le monde sait que la base de l’Europe brûle car cette politique est contestée dans tous les pays.

Tout le monde sait que même les conservateurs espagnols, italiens, hollandais, contestent cette orientation et maintenant même José Manuel Barroso fait part de ses doutes.

Tout le monde sait que l’Euro fort ruine tous les efforts de compétitivité, et que le modèle allemand du tout à l’export et de baisse des coûts salariaux n’est pas applicable dans tous les pays d’ Europe.

Tout le monde sait que l’administration américaine par la bouche de M. Kerry demande une relance allemande.

Tout le monde sait que que le PSE, à l’unanimité, réclame la rupture avec cette politique.

Tout le monde sait que Helmut Schmidt, Peer Steinbrück, Martin Schulz, et hier encore dans termes qui créent ici la polémique, Sigmar Gabriel devant les Verts allemands critiquent une politique qui précarise les Allemands et étrangle les Européens.

Tout le monde sait que la chancelière et son ministre des finances ont une telle conscience de l’inanité de cette politique, qu’ils laissent faire la BCE et soutiennent les perspectives budgétaires françaises.

Tout le monde sait qu’elle est tiraillée entre la conception anglaise d’un libre marché, la conception française de l’intégration solidaire, et son opinion jalouse de son épargne.

Tout le monde sait que la droite française nostalgique du « Merkozy » est coincé entre solidarité des droites et donc ils défendent en France la ligne Merkel et la défense du modèle français en train de se réformer.

Tout le monde sait que c’est le refus de politiser la construction européenne qui conduit aux affrontements nationaux.

Tout le monde sait que le Président de la République a engagé un débat exigeant au sein du Conseil Européen et qu’il se veut exemplaire sur le plan budgétaire pour le mener, ce qui n’avait jamais été fait.

Tout le monde sait tout cela, et dans le chasser-croiser des vacances de Pâques, tout le monde joue à se faire peur et transforme la France en volière affollée. Alors un peu de calme, de sang froid, et de distinction. Le Parti socialiste veut la réorientation de l’Europe et ne cédera pas aux postures hypocrites et surjouées.

Les commentaires1 Commentaire

  1. tarraud dit :

    excellente mise au point