La droite file un mauvais coton

par · 15 mai 2013

logoump

Sur fond de conflit Sarkozy-Fillon la droite française est dans l’opportunisme, la surenchère, l’excitation verbale. Refusant de tirer le bilan des années Sarkozy, empêtrée dans les trois lignes. L’une incarnée par Jean-François Copé, Patrick Buisson et Henri Guaino, nationale bonapartiste, l’autre classique, libérale conservatrice de François Fillon, François Baroin et Valérie Pécresse. Enfin le centrisme radical européiste incarné par Jean-Louis Borloo et ses amis. La droite n’a plus de centre de gravité et tient que par la critique en légitimité des socialistes en général et de François Hollande en particulier.

La droite n’a pas la clé pour la sortie de crise. D’abord parce qu’elle fut en partie responsable de son aggravation. Ensuite parce que son logiciel libéral sécuritaire est obsolète dans la mondialisation inopérant après la crise financière. Surtout, elle est contestée d’une part sur le plan de la sécurité, en raison de la lecture ethnique de l’insécurité de Marine le Pen et d’autre part sur la pratique républicaine de Manuel Valls. D’où évidemment la surenchère après les incidents du Trocadéro qui ne trompe personne.

La droite vit une vraie crise morale entre les affaires Guéant qu’elle cache de peur qu’elles débouchent sur la mise en cause du système Sarkozy, et surtout la négation du pouvoir judiciaire ravalée au rang de corps intermédiaire. Jean-François Copé qui prépare sa manifestation anti gauche dit : nous sommes en 1958. Ce serait plus drôle s’il nous disait qu’il est De Gaulle, le candidat au coup d’Etat contre la République. Certes il est de bon ton de se prosterner devant le Général. Il est vrai qu’il avait d’autres qualités que les leaders des droites actuelles. Mais souffler sur toutes les braises sans avoir les moyens de conjurer les incendies en dit long sur le caractère éperdu des droites. N’est pas De Gaulle qui veut. Voilà la gauche prévenue : la droite sans boussole est prête à tout !