Interview sur TF1 News

par · 7 juin 2013

Jean-Christophe Cambadélis a répondu aux questions de Renaud Pila sur le site de « TF1 News »:

Le député PS de Paris réagit aux polémiques politiques après le drame de la mort du jeune Clément Méric et aux huées qui ont accompagné les visites des deux candidats aux municipales, Anne Hidalgo et NKM, sur les lieux de rassemblement.

1 ) Vingt-quatre heures après le drame, que pensez-vous de la réaction de la classe politique hier ? N’y a-t-il pas eu surreaction collective avec beaucoup de polémiques ?

L’émotion était normale. C’est le premier meurtre de ce type en temps de paix depuis les années 30. Le contexte aussi, avec la radicalisation des mots contre la République. Mais la France n’est pas dans une phase pré- fasciste. Pour autant si l’UMP porte la responsabilité de sa dérive droitière, l’impliquer dans cet assassinat n’a pas de sens. Dans ces moments, il faut faire triompher l’unité de la République et non chercher le gain politique.

2/ Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet ont été toutes les deux prises à partie par des militants anti-fascistes. Que vous ont inspiré ces images ?

C’était à prévoir. Le climat est à l’intolérance, la surenchère et la guerre civile verbale. Il n’y aucune raison d’accepter qu’une bande de décervelés immature s’arroge le droit de dire qui manifeste ou pas. La défense des valeurs de la République est l’affaire de tous. Et la mort d’un adolescent ne peut être un prétexte à je ne sais quel inventaire dans l’antifascisme.

La France est à fleur de peau et cela nécessite que les responsables politiques aient du sang froid et du discernement. Une ferme condamnation de ce drame épouvantable ne veut dire ni instrumentalisation, ni acceptation de débordements verbaux .

3 ) Roger Karoutchi a dénoncé sur LCI « un climat lourd en France qui remonte à plusieurs années ». Les larmes du sénateur Pozzo Di Borgo ont ému sur LCP. La classe politique a besoin d’un sursaut ?

Je ne sais pas à quoi fait allusion Mr Karoutchi. Mais la radicalisation à droite de l’UMP a été partie prenante de ce climat d’intolérance, de recherche de boucs émissaires. Oui il faut revenir au débat républicain, aux vrais problèmes des Français : le chômage, l’industrie, la formation.