La crise bulgare

par · 19 juin 2013

bulgarie

La droite ultra-conservatrice a été chassée lors des élections législatives mais dans des conditions telles que la gauche n’a pas de majorité. Le Parti socialiste bulgare a donc engagé des négociations avec de petites formations. Cela a débouché sur un gouvernement Plamen Orecharski sans étiquette mais proche des socialistes bulgares. Et vraisemblablement, en contrepartie, la nomination de Delyan Peevski à la tête de l’agence d’Etat pour la sécurité nationale. Le souci est que ce député est lié au plus gros groupe de presse du pays et des rumeurs circulent sur des liens avec des oligarques russes. Dans une situation sociale désespérée qui voit les suicides par le feu se multiplier et a vu des journées d’émeutes contre les augmentations des prix de l’énergie. A un moment où la droite de Monsieur Boïko Borissov, ancien Premier ministre, est discréditée pour avoir procédé à des écoutes téléphoniques illégales par son Ministre de l’Intérieur. La situation tourne à la confusion, aux manifestations, aux affrontements et rode le parti xénophobe antisémite Ataka qui a suffisamment de députés pour défaire le gouvernement et les prochains. Après la Roumanie, avec les Balkans mal en point et la Grèce au bord du chaos c’est tout le sud ouest de l’Europe qui rentre en crise. Tout cela va mal se finir s’il n’y a pas une nouvelle donne européenne.

Les commentaires4 Commentaires

  1. moisset dit :

    Monsieur,
    J’aimerais corriger certaine de vos affirmations. Vous écrivez « La droite ultraconservatrice a été chassée lors des élections législatives mais dans des conditions telles que la gauche n’a pas de majorité » Tout d’abord Boïko Borissov ne représente pas la droite « ultraconservatrice » écrire cela est une contre-vérité. Il représente la droite plutôt centriste. De plus il n’a pas été chassé il aurait tout a fait pu rester au pouvoir s’il n’avait pas démissionné, certes sous la pression de la rue, avec l’arrière pensée d’être réélu avec une majorité sans équivoque ce qui lui aurait laissé les mains libre 5 années de plus. Au lieu de cela il n’a obtenu « que » 30 % des suffrages, dont une large partie acquis en trichant (c’est à dire en achetant ses votes auprès de la population Tziganes en les payant environ 5 € (10 lev), ce qui a été prouvé par divers reportages et à chaque élection en Bulgarie).
    De plus vous écrivez « Dans une situation sociale désespérée qui voit les suicides par le feu se multiplier et a vu des journées d’émeutes contre les augmentations des prix de l’énergie. A un moment où la droite de Monsieur Boïko Borissov, ancien Premier ministre, est discréditée pour avoir procédé à des écoutes téléphoniques illégales par son Ministre de l’Intérieur ». Vous faites ici un amalgame entre les manifestations anti-Borissov lorsqu’il était 1er ministre et les manifestations actuelles qui n’ont absolument rien avoir. Les premières, lancées principalement par les retraités et les personnes âgées, étaient le résultats d’une hausse insensé du prix de l’électricité (car le pays est divisé en 3 ou 4 secteurs données à 4 sociétés d’électricité différentes qui n’offrent pas de véritable concurrence malgré les injonctions de Bruxelles d’ouvrir le marché à la concurrence(mais que vaut une injonction quand elle n’a pas de conséquences), les manifestations actuelles, rassemblent les adolescents, les parents, les jeunes, les retraités, bref l’ensemble de la population Bulgare en général et sont le résultats de l’arrogance du cynisme et de l’incompétence notoire du nouveau gouvernement (nommé par le Président après les élections de anticipés dues à la démission de Borissov, à sa réélection avec 30 % mais qui a refusé de former un gouvernement devant l’impossibilité de constituer un gouvernement de coalition) et notamment par la tentative de la ministre de la santé d’autoriser à nouveau de fumer dans les lieux publics (bien que cela soit interdit depuis plus de 6 mois) très certainement sous la poussée de certains lobbyistes des industries du tabac en échange de pot-de-vin et de financement occultes et bien entendu après la tentative de nomination de Delyan Peevski qui possède en plus de journal Monitor et 12% de BTV (la plus puissante télévision privée Bulgare) une fortune personnelle due au rachat par sa famille (sa mère pour être précis) du loto Bulgare (TOTO) dont les fonds restent inconnus.
    Borissov a été discrédité non pas comme vous l’écrivez en raison «des écoutes téléphoniques illégales par son Ministre de l’Intérieur » mais parce qu’il a échoué a combattre la corruption aussi importante que l’Italie et qu’il a été mêlé tout le mois à un nouveau scandale dû encore à l’incompétence des membres de son cabinet.
    Malgré le danger d’un mouvement Fasciste, Ataka ne représente pas grand-chose (bien moins que le FN en France) sinon qu’un mouvement de protestataires dont sont effectivement présents de vrais racistes et antisémites mais principalement des gens fatigués de la corruption et du manque de renouvellement de la classe politique dans son ensemble. Les Bulgares ne sont pas à proprement parlé racistes. Est il besoin de rappeler que c’est le seul pays, pendant la seconde guerre mondiale, qui, bien qu’allié de l’Allemagne nazi, a protégé et refusé de livrer la population juive Bulgare aux allemands ? Vous ne pouvez pas comparer la situation Grecque, Roumaine et Bulgare. Le faire est méconnaitre la situation politique du pays. En revanche, l’attribution des aides européennes à la Bulgarie est et leur contrôle le gros problème, car tout comme en Egypte, l’UE attribut des aides à ses états membres ne sont jamais suivies leur attribution ou leur utilisation et favorise ainsi l’instabilité et la corruption. S’il y a un changement à effectué de la part de l’Europe, il n’est pas d’ordre institutionnel ou réglementaire. L’Europe n’applique simplement pas ses règles ! Refuser de comprendre cela c’est favoriser la Corruption et la gabegie en Bulgarie. De plus l’UE se doit d’accompagner les états membres anciennement communistes qui n’ont pas connu de démocratie telle que nous la connaissons (il n’est pas besoin de rappeler que notre démocratie est vieille et c’est construite à travers les turpitudes de l’histoire). La Bulgarie n’a connu que quelques années d’un début de démocratie pendant les années 20. Si c’est cela que vous nommez « nouvelle donne » alors je vous suis d’accord avec vous mais si c’est de voter de nouvelles lois ou décréter à outrance ce sera que pure perte de temps et un discrédit de plus pour l’Europe.
    Cordialement,
    Stéphane Moisset
    (français vivant en Bulgarie)

  2. Mina Angela Ignatova dit :

    Cher Monsieur Cambadélis,

    je suis bulgare et j’étais encore à l’école en 1989. Il est temps pour tous les partis socialistes européens de comprendre la grande imposture du parti « socialiste » bulgare qui n’est rien d’autre que des ex-agents du DS / le bulgare KGB/, des personnes liés à l’oligarchie ou tout simplement des capitalistes, qui se sont partagés d’une manière ou d’une autre la Bulgarie, qui ont propulsé et financé l’apparition des bandes criminelles organisées au cours des années 90 et qui continuent de servir uniquement le capital.
    Les preuves? Vous pouvez les voir en direct aujourd’hui, de l’arrogance du premier ministre et de l’Assemblée nationale bulgare et c’est pour cela que les gens sont dans la rue.
    Ils n’ont pas faim et ils ne protestent pas contre la pauvreté, même si la Bulgarie est le pays pauvre de l’Europe.
    Ce qu’ils défendent, ce qu je défends, c’est notre dignité et le ras-de bol de la grande imposture qui est la classe politique en Bulgarie, qui aujourd’hui est tout simplement synonyme de Mafia.
    Il est temps que tous les partis socialistes européens se différencient de leur faux collègues bulgares; car le seul rapprochement pourrait vous causer des torts.
    Et ce qui concerne les nationalistes Ataka et leur chef instable psychologiquement, c’est une minorité qui montre aujourd’hui son vrai visage en unisson avec leurs proches du PSB. Il a été élu à la tête de la commission de lutte contre la corruption du Parlement également par vos « collègues » du PSB.

    Il est temps que tous les partis socialistes européens se différencient de leur faux collègues bulgares; car le seul rapprochement pourrait leur causer des torts.
    Ou au moins exiger d’eux le respect des valeurs morales.

    Cordialement
    Mina Angela Ignatova

  3. VP dit :

    M. le Vice-Président du PSE,

    Je me permets d’attirer votre attention sur l’éléction du leader du Parti nationaliste (ATAKA) à la tête de la commission de lutte contre la corruption du Parlement. Le vote en plénière a eu lieu ce jour, dans la matinée.

    Je me permets par ailleurs d’apporter quelques précisions, qui de mon modeste point de vue, sont d’une grande importance:

    – vous dites que la situation tourne « aux affrontements ». C’est en effet l’information qui a été diffusée par l’AFP et LeMonde dans son article d’hier. En réalité, les manifestations se passent sans excès. Au contraire, il existe une sorte d’esprit 1936: les manifestants dansent, chantent et s’amusent. Beaucoup de jeunes parents sortent avec leurs enfants sur les épaules ou dans les poussettes.
    Il y a, en revanche, des tentatives de manipulations et de provocations de la part de groupuscules proches ou membres du parti nationaliste. Soit dit par parenthèse, ces personnes sont payées et organisées par cette même oligarchie qui soutien, finance et dirige le PS bulgare et le MDL.

    – vous dites, par ailleurs, que l’actuel gouvernement est proche du PS bulgare. Ceci est inexacte. Il est, dans sa majorité, composé de députés nationaux et européens élus du PS et les ministres adjoints (2 par ministère) sont, dans la plupart des cas des membres du parti et pour une partie ils reviennent aux positions qu’ils occupaient dans le gouvernement stanichev (2005-2009). Bref, il s’agit bel et bien d’un gouvernement de coalition entre le PS et le parti de la minorité turque, dont est issu M. Peevski.

    – Je ne rentrerai pas dans une explication détaillée des liens plus qu’étroits qu’entretiennent aussi bien le PS bulgare, que le parti dit de droite de Borissov, et enfin et surtout le MDL. Il est temps que les grandes familles politiques européennes mettent les points sur les « i », à droite, comme à gauche. Si le PPE a ses Orban et Borissov, le PSE a son Staniche, qui est également son président.

    – En vue de la grande réunion du PSE qui se tiendra à Sofia demain et après-demain, je me permets de vous poser deux questions:

    – Ne pensez-vous pas qu’il serait légitime, préférable et normal de demander à M. Stanichev de démissionner de son poste de Président du PSE?

    – Le PS français est-il toujours prêt à apporter son soutien à un parti qui gouverne en coalition avec un parti d’extrême droite redoutable et dangereux: dans sa doctrine comme dans ses actions?

    Je vous remercie par avance de votre réponse M. le Vice-Président.