L’Egypte entre stabilisation et radicalisation

par · 9 juillet 2013

egyptemanifL’armée a déposé Morsi car le mouvement du peuple était tel qu’il risquait d’emporter tout, y compris ses privilèges. Le gouvernement légitime, Morsi est tombé car il était impopulaire, incapable de juguler la crise, intolérant vis à vis des laïcs et la modernité d’une partie du peuple égyptien. Les frères musulmans viennent d’appeler à l’insurrection car ils ont été durement réprimés par l’armée.

Une course de vitesse est engagée entre la mise en oeuvre de la feuille de route annoncée par l’armée et la guerre civile qui menace. La fragilisation de la feuille de route par la contestation salafiste pouvait tout faire basculer.

Le fait que ces derniers acceptent Hazem el Beblawi comme Premier ministre et même El Baradei comme vice président, permet elle de reprendre la main trop tôt pour le dire. Le retour à une stabilité est une nécessité. Personne ne peut souhaiter la guerre civile. D’autant que la situation se détériore dans le Sinaï ou des cellules pro Al-Qaïda se constituent et alors que la situation économique est épouvantable. Ces événements de Damas au Caire de Tripoli à Tunis et Rabat démontrent combien les révolutions ont été pacifiques dans l’après chute du mur de Berlin.

Mais c’est tout un ensemble qui semble malgré d’évidents soubresauts converger sur les deux rives de la Méditerranée. Voilà une donnée géopolitique qui devrait nous occuper. Car l’alliance possible de l’Europe et du Monde méditerranéen est une potentialité pour la vieille Europe qui s’abîme dans la récession. Raison de plus pour se montrer disponible, comme l’a fait Laurent Fabius devant l’Assemblée, à aider la révolution Égyptienne à se stabiliser.