Interview sur le figaro.fr

par · 10 juillet 2013

logofigaroJean-Christophe Cambadélis a répondu à une interview pour le figaro.fr que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou ci-dessous:

LE FIGARO – Le PS se réunit mercredi pour évoquer les municipales à venir. Comment les abordez-vous, à neuf mois de l’échéance?

JEAN-CHRISTOPHE CAMBADÉLIS – Avec une grande inquiétude. L’abstentionnisme est galopant, le FN est en dynamique, l’UMP est sans le sou et la gauche sens dessus dessous. Il ne faut pas être un grand analyste pour comprendre ce qui risque de se passer, avec des conséquences politiques majeures si la gauche et les écologistes se présentent désunis à ces élections municipales.

Quelle stratégie le PS doit-il adopter dans ce contexte aussi défavorable?

Le PS doit déconnecter les municipales des enjeux nationaux. L’union (entre le PS et ses alliés, NDLR) qui existe dans les collectivités ne doit pas subir le contre-coup des désaccords réels et latents qui existent dans la vie politique nationale. La gauche gère bien les collectivités, les Français en sont contents. Il ne faudrait pas que nous venions disloquer ce socle, très important pour le pays. Voila pourquoi tout le monde doit être placé devant ses responsabilités. L’union est une urgence.

Les résultats des récentes législatives partielles annoncent-elles une débâcle électorale pour le PS aux prochaines municipales?

Ces partielles, notamment les dernières de Villeneuve-sur-Lot, sont extrêmement inquiétantes: le PS a été éliminé au premier tour et l’UMP n’a pu gagner qu’avec le PS. Ni le Front de gauche, ni les Verts, ne sont une alternative pour les électeurs. Le pays est dans une bouderie de ses représentations, quelles qu’elles soient. Et donc, tout est possible aux municipales.

Comment répondre au désarroi des électeurs de gauche? Faut-il changer ou infléchir la ligne politique du gouvernement, comme certains le préconisent au sein de la majorité?

L’orientation visant à réduire massivement les déficits publics n’est contestée par personne. La question qui fait souvent débat c’est: qui doit porter cet effort? Le rôle de la gauche, c’est d’être équilibré dans la justice. Le gouvernement travaille en ce sens mais la visibilité de cet équilibre n’est pas toujours au rendez-vous. Ce qui conduit souvent les Français à ne voir que le verre à moitié plein.

Comment faire pour convaincre vos alliés de faire liste commune avec le PS aux municipales?

Il faut sans relâche dialoguer avec nos partenaires municipaux. Leur dire qu’il n’y a pas, dans le moment présent, d’espace pour se compter. Leur indiquer qu’il y aura de toutes façons plus d’alliances que de divisions. Car la gauche d’en bas est plus unitaire que celle d’en haut. On ne peut pas prendre le risque d’affaiblir un premier tour, car il créera une dynamique au second. Personne ne peut jouer sur une percée frontiste dans de nombreuses municipalités; cela réduirait d’autant la marge de manœuvre des écologistes et de nos alliés. C’est donc un mauvais calcul.

La popularité du couple exécutif est en chute libre. Comment peut-il faire pour remonter la pente?

C’est malheureusement inéluctable quand on mène une politique de redressement des comptes publics et des comptes sociaux. Mais nous ne donnons pas assez de visibilité à nos marqueurs. Nous n’indiquons peut-être pas assez où nous allons, ce qui donne l’impression que la rigueur est devenue une fin en soit, un modèle de société. Or la gauche veut une autre France, créer les conditions d’un pays plus juste, plus stable, plus écologiste.

Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, est-il de taille pour conduire le parti dans les prochains rendez-vous électoraux?

Ségolène Royal a eu, en ce domaine, des paroles définitives: il fait ce qu’il peut.