Interview dans l’Opinion sur les déclarations de Charles de Courson

par · 18 juillet 2013

lopinion

Jean-Christophe Cambadélis a répondu aux questions de l’Opinion dans une interview que vous pouvez retrouver ci-dessous

Jean-Christophe Cambadélis, vous êtes député PS de Paris. A votre avis, est-ce que Charles de Courson est sorti de son rôle en affirmant que «c’est François Hollande qui était le mieux informé» sur Jérôme Cahuzac ?

Charles de Courson n’ayant rien trouvé ni dans l’enquête, ni dans la série des auditions et notamment celle des ministres, il a tenté de sauver ses accusations en inventant une soi-disant preuve de l’implication du Président. Je crois qu’il cherche à être connu et reconnu. Mais au-delà de sa juridiction, c’est assez grave parce que c’est un précédent qui remet en cause l’équilibre même des commissions d’enquête, où on a un président de la majorité ou un rapporteur de l’opposition, et vice versa. A l’évidence, si chacun exprime avant la fin de l’enquête son préjugé, ce qu’à fait Monsieur de Courson, les commissions d’enquête parlementaires qui sont essentielles pour l’indépendance et la force de l’Assemblée nationale, seront amenées à être remise en cause. C’est lamentable !

Est-ce que, Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, doit procéder à un rappel à l’ordre vis-à-vis de Charles de Courson ?

C’est à la commission elle-même de réagir en revenant au droit et non au doigt mouillé comme l’a fait Charles de Courson. Il y avait un travail très sérieux des parlementaires, à partir d’une initiative gouvernementale qui a laissé s’installer une commission d’enquête. Tout fonctionne en totale transparence, et Monsieur de Courson a voulu kidnapper les travaux de cette commission à son profit. C’est lamentable vis-a-vis de l’enquête elle-même et des commissions d’enquête en général. Je ne veux pas préjuger de l’impact de M. de Courson dans l’opinion qui n’est pas excessive, mais à l’évidence, ce genre d’attitude solitaire ne va pas grandir le travail parlementaire. Il doit y avoir un rappel à l’ordre musclée pour cette initiative déplorable.

Mais si Charles de Courson avait la preuve de ce qu’il avance, à savoir que François Hollande connaissait dès la fin 2012 la réalité des mensonges de Jérôme Cahuzac, qu’en serait-il ?

Je rappelle une évidence: il n’y a pas de preuve ! C’est l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours, c’est le systeme accusatoire de Monsieur de Courson. Il n’y a pas de preuve en tant que tel sur le sujet qu’il évoque, à savoir que François Hollande aurait su.