Egypte: recherche stabilité résolument

par · 26 juillet 2013

egyptemorsimanifAujourd’hui encore, des manifestations distinctes et des heurts ont opposé au Caire des partisans et des adversaires du président déchu Mohamed Morsi. Depuis les manifestations du 30 juin, le renversement du président égyptien le 3 juillet, les violences causées alors à travers le pays dont la cinquantaine de morts le 8 juillet devant la Garde républicaine, et en additionnant la quarantaine de victimes des attaques de djihadistes dans le Sinaï et des attentats contre la communauté copte, ce sont plus de 200 personnes qui ont perdu la vie ce mois-ci en Egypte sous le coup de ces violences.

Pourtant, en dépit de cette instabilité qui caractérise la transition post-Moubarak, une forme de stabilité s’instaure. Malgré les morts, les Frères musulmans n’appellent pas à l’insurrection ni à la guerre civile, et ils prônent une contestation pacifique. Parmi eux, certains pourraient être prêts à des compromis et trouver les contours d’une solution politique, à l’instar de l’ancien Premier ministre de M. Morsi qui réclame en échange de négociations une levée de l’isolement de son président et la libération des Frères musulmans détenus. Il est vrai que la répression maintenue sur les cadres de la Confrérie ne facilite pas la concorde nécessaire à l’élaboration de la nouvelle Constitution. Le président déchu fait aujourd’hui l’objet d’un placement en détention préventive sous l’accusation de collaboration présumée avec le Hamas à l’époque du régime de H. Moubarak.

Les Frères musulmans voient dans ces accusations un « retour en force de l’ancien régime ». Au contraire, le Front du 30 juin a plutôt illustré une capacité inédite de la rue à éviter un tel retour. Peut-être bien que M. Morsi paie là sa proximité affichée avec le Hamas et ses appels au djihad en Syrie, ce qui est un autre sujet.

Pour le reste, ce que tente de réaliser le gouvernement intérimaire et technocratique en place, c’est exactement ce que M. Morsi n’a pas voulu faire et ce pour quoi le mouvement pluraliste et populaire « Tamarrod », qui a initié sa chute, l’a puni : permettre les débats nationaux pour rédiger la Constitution, préparer une loi électorale juste et respectueuse de la diversité, gouverner avec compétence et transparence, redresser l’économie et l’industrie du pays.

Le gouvernement intérimaire a lancé le processus de révisions constitutionnelles, a fixé ses priorités portant sur la réconciliation et le redressement du pays, a pris avec l’armée des mesures pour restaurer la stabilité à ses frontières et la sécurité des personnes. Cela fait beaucoup à prouver pour les 6 à 9 mois où il devra être en place. Tandis que le « Front du 30 juin », ce « vigile » veillant au respect des objectifs de la révolution de 2011 et à la réussite de la transition démocratique, il reste en alerte en cas d’engagements non tenus, sous le regard de l’armée qui ne tient pas forcément à se poser en ultime recours pour se retrouver aux commandes du pays…