Syrie: la sanction

par · 27 août 2013

resistantsyrieComme tous les dictateurs Bachar El Assad est dénué de toute morale. Son peuple n’est pas un acteur mais le sujet de sa propre histoire. « L’Etat de Barbarie » pour paraphraser Michel Seurat, ne saurait l’interpeller car il ne s’agit que d’un moyen de pouvoir. Le précédent de son père lui démontre que l’histoire peut renverser tous les raisonnements. Lui qui est passé du « boucher de Damas » au « renard du Moyen Orient ». A la fin celui qui gagne devant l’histoire c’est celui qui reste au pouvoir. Le « comment » est secondaire et la situation du peuple moins encore. Alors observant le monde occidental occupé par l’Egypte, constatant que les réactions étaient somme toute mesurées, estimant que la peur de l’islamisme radical était à l’œuvre dans le monde occidental, il a décidé de frapper ce quartier de Damas qui résistait encore. Il s’agissait de terroriser la population pour qu’elle fuit. Après les attentats à Beyrouth et l’implication du Hezbollah sans réaction dans la guerre civile, c’était un pas décisif dans la reconquête. Mais ce fut la faute. Car le monde occidental est structuré par la démocratie d’opinion et celle-ci ne pouvait supporter l’horreur de ces enfants morts la bave aux lèvres. Personne ne pouvait rester les bras ballants devant ce qui peut être aussi un test. La rupture du traité sur les armes chimiques appelle sanction du régime. Il y va de la cohérence d’un monde rendu dangereux par son incohérence. Il ne s’agit pas d’une intervention comme au Mali. Mais une sanction des pays qui en ont les moyens au nom du droit international qui a été bafoué par un acte barbare épouvantable. La Russie ne protestera pas au point de mettre en péril son G20 ni ses Jeux Olympiques d’hiver. Reste l’ampleur de la sanction. Ce n’est pas une mince décision. Où ? Quand ? Comment ? Avec qui ? Cela se discute en ce moment. Mais pas la nécessité de sanctionner.

Les commentaires2 Commentaires

  1. Daniel Perez Vitoria dit :

    Que de bruit ,un peu d,indignation pour le bon peuple et les âmes sensibles et passons à autre chose et il n’y pas que la Russie l’Iran et la Chine sont aussi très présents dans le dossier et …cela fait combien de temps que chiites et sunnites se tapent dessus ?

  2. verger dit :

    votre analyse Mr Cambadelis est très pertinente. cependant je me pose des questions et celle ci notamment : une intervention occidentale ne va t’elle pas entrainer une chute de bachar et la prise du pouvoir par les islamistes radicaux ? si c’était le cas ce serait pire qu’en Irak, voir ce qui s’y passe tous les jours. c’est un vrai problème !!! et puis agir sans l’aval du conseil de sécurité de l’ ONU c’est peut être ouvrir une porte pour d’autres ……