David Cameron affaibli

par · 31 août 2013

cameronL’économie anglaise bat de l’aile et la City n’a jamais totalement récupéré du désastre des subprimes. Non seulement sur le plan de sa puissance financière mais parce que Gordon Brown a dû faire appel aux nationalisations donc à l’Etat pour faire face à la crise. Ce désaveu idéologique fut tout aussi important. Depuis l’alliance des conservateurs et des libéraux-démocrates il n’a jamais repris la main. Le leadership de David Cameron a toujours été en demi-teinte. Le vote à la Chambre des communes contre le principe d’une intervention est un camouflet lourd de conséquences. C’est la première fois depuis plus de deux siècles que le Parlement se dérobe à un acte de guerre. Certes il y a le mensonge de Tony Blair derrière l’hésitation des parlementaires. Notons au passage que le Parti Travailliste a l’initiative du refus a soldé ainsi le refoulé de cette funeste décision. Certes 30 parlementaires conservateurs refusant de suivre leur leader cela fait beaucoup. Enfin l’Angleterre perd tout à la fois le rôle d’allié des Etats-Unis et de puissance d’influence militaire majeure en Europe. Mais ce n’est pas l’essentiel. L’affaiblissement de David Cameron aux yeux de l’opinion annonce une grande difficulté à convaincre les anglais lors du référendum sur l’appartenance de la Grande-Bretagne à la communauté européenne. Cela veut dire que le chef de file des tenants de l’Europe seulement grand marché est affaibli et qu’il peut même se retrouver hors de l’Europe. On n’en est pas là. Mais voilà un dommage collatéral inattendu. Si on le combine au changement de ton allemand, consécutif au ralentissement économique et à la campagne électorale, cela marque un peu plus le nouveau cour actuel en Europe où les conservateurs dominant depuis une décennie n’ont plus totalement la main.