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par · 1 septembre 2013

logoliberation160Interview de Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS chargé de l’international par JONATHAN BOUCHET-PETERSEN

Secrétaire national du PS chargé de l’International, Jean-Christophe Cambadélis demande à ce qu’on s’en tienne aux principes.

Malgré l’échec de Cameron à la Chambre des communes, Obama va solliciter un vote de son Congrès. Hollande peut-il s’affranchir du Parlement ?

Formidable classe politique ! Alors que se joue la crédibilité des Etats-Unis et de l’Europe sur sa légitimité à faire respecter le droit international, on nous propose un petit jeu politicien. Oublions cela. Le résultat d’un vote au Parlement sur une intervention ne fait aucun doute, d’autant plus si, comme le demande Christian Jacob, la responsabilité du gouvernement est engagée. Et après, si le Congrès américain refuse, on fait quoi ? On nous propose donc de nous piéger nous-même. Il vaut mieux définir la ligne de la France et laisser ouvert toutes les options tactiques.

François Hollande ne s’est-il pas trop avancé dans son interview au Monde avant la décision de Barack Obama ?

Notre position est claire et nous laissons à nos partenaires le choix de définir les moyens d’y répondre. Obama, après le mensonge d’Etat de la guerre d’Irak, veut probablement surmonter les doutes de son pays et il préfère garder les options ouvertes pour tenter d’obtenir des évolutions de Poutine, vendredi, au G20 en Russie.

Comment ne pas apparaître comme un supplétif des Etats-Unis ?

La position courageuse et clairvoyante du président de la République est dans la continuité de ce qu’avait commencé Alain Juppé [ex-ministre des Affaires étrangères, ndlr]. Il ne faut pas trop s’embarrasser de tactique et en revenir aux principes. Nous ne pouvons pas laisser faire Al-Assad car, si nous le faisions, ceci ouvrirait la porte à d’autres frappes chimiques par d’autres dictateurs.

Quand Harlem Désir dénonce «l’esprit munichois» de certains responsables de l’UMP, vous adhérez ?

Je n’adhère pas à ses propos, mais comprends ce que Désir a voulu dire. Il y a un camp du laisser-faire dans le monde occidental. Il y a l’idée que nous n’avons plus la force, la légitimité après l’Irak, de faire respecter le droit international avec d’autres.