Jean-Marc Ayrault: la France est déterminée à sanctionner l’utilisation de l’arme chimique par Bachar el-Assad

par · 3 septembre 2013

ayraultTout est là ! Faut-il ou pas le faire !? Ne pas le faire serait un signal. Le monde occidental n’ a plus la capacité de faire respecter ses principes, les traités, le droit ! Les dictateurs, les groupes terroristes seraient libérés pour agir. Il ne s’agit pas de magnifier le monde occidental. Il ne le mérite pas. Il faut garder la possibilité que le monde ne soit pas la jungle, d’autant que Bachar el-Assad a mis au point des frappes de petites portées. Indépendamment de l’horreur du gaz, cette arme invisible qui tue dans des convulsions insupportables, cela voudrait dire que l’arme du pauvre réduirait à peu de chose la protection nucléaire. Chacun pourrait utiliser l’arme chimique. Cela voudrait aussi dire que les sunnites, objets de la haine de Assad, se sentiraient abandonnés et se jetteraient dans les bras de Al Nosra devenu son seul protecteur. Voilà une armée de réserve qui serait peut-être d’utiliser les iraniens comme d’autres enregistreraient le message 5 sur 5. Et Israël se dirait : « nous sommes seuls ». D’autant que nous sommes sûrs que Assad continuera. Son intervention à Damas visait à faire fuir les populations de l’est de la capitale pour détruire la résistance dominée par les démocrates en ce lieu. Ces derniers se préparaient à une insurrection. C’était tout à la fois dangereux pour Assad et la fin de la prétention du combat singulier entre ce dernier et Al Nosra.

Alors dans ce moment où se joue l’histoire comme hier pour Kennedy sur les missiles à Cuba ou François Mitterrand sur les SS2o. Il faut en rester aux principes: nous n’acceptons pas l’utilisation des armes chimiques. La France ne se subordonne à personne. Elle ne fait pas parti des nations qui ont renoncé à être acteurs de l’Histoire. L’Allemagne et l’Angleterre renoncent. Les Etats-unis hésitent. La France est présente. Bachar el-Assad ne s’est pas trompé. Il menace la France car il voit où est la détermination et où sont les hésitations. J’imagine le malaise de François Fillon qui après une rencontre avec le Hezbollah estimait qu’il fallait revoir nos paramètres au Moyen-Orient. L’homme bien reçu par Poutine est à la base du trouble dans l’UMP. Jean-François Copé s’est avancé dans le soutien à François Hollande puis ravisé ne voulant laisser le monopole de la critique à Fillon. Barack Obama lui, doit convaincre une opinion rétive suite au mensonge d’Etat dans l’affaire irakienne. Il veut mettre les républicains devant leurs responsabilités et ne pas humilier Poutine à la veille du G20 pour la suite.

Voilà pourquoi la France doit garder son sang-froid, dire ce qu’elle pense sans se préoccuper du quand dira t-on. Il faut être déterminé à réunir pour agir en sachant qu’il y a dans le monde occidental un puissant parti du laisser faire.