Syrie : L’aveu de Sergueï Lavrov

par · 9 septembre 2013

50613syrieEt voilà ! La Russie découvre maintenant que le stock chimique de Bachar-El-Assad pose problème au point que celui doit être urgemment détruit. Même si l’intervention de Sergueï Lavrov intervient utilement juste avant le débat américain et la restitution du rapport des Nations Unis. En voulant sauver Bachar-El-Assad la diplomatie russe fait un aveu de taille. Car pourquoi détruire le stock si on est sûr que Bachar-El-Assad ne l’utilise pas. Et donc l’argument de François Hollande la sanction pour la non prolifération se trouve paradoxalement validée. Reste à voir si Bachar-El-Assad accepte ? Quand est-ce que cela pourrait se faire? Qui contrôle ? Ceci exclu t-il de déférer Bachar-El-Assad devant le TPI ? Et donc il faut prendre cette déclaration comme la démonstration que la fermeté paye et vérifier qu’elle ne soit pas un moyen de gagner du temps et troubler l’opinion.

Les commentaires1 Commentaire

  1. sofarida dit :

    Le conflit de Syrie n’est pas celui d’une cours de récréation. Si la Russie fait un geste diplomatique c’est qu’elle mesure depuis le début de la crise les avantages et les inconvénients d’une escalade dont personne, ne sait quand elle s’arrêtera.
    La Russie a deux objectifs : faire son gazoduc via la Syrie vers Tartous en collaboration avec l’Irak et l’Iran. La guerre peut anéantir ce projet et c’est d’ailleurs l’un des objectifs majeurs de cette guerre américaine. Le 2è objectif c’est de sauvegarder son espace vital et ne pas se trouver à sa porte ses principaux adversaires : les Etats-Unis d’une part, leurs alliés islamistes d’autre part, le Qatar, l’Arabie Saoudite et ceux qu’ils arment en Syrie.
    Car contrairement aux Etats-Unis, la Russie vit en Orient. Elle a donc tout intérêt à ce qu’il n’y ait pas de guerre puis le chaos à sa porte. C’est pourquoi, plus que les Etats-Unis qui n’ont jamais hésité à mettre le chaos dans plusieurs pays ou à installer des dictatures comme en Iran ou au Chili, ou a former des escadrons de la mort, la Russie cherchera toujours à ne pas entrer dans le conflit, voire à en sortir. Elle vient de descendre de plusieurs niveaux la crise qui secoue le monde autour d’une guerre civile qui fait certes trop de morts mais qu’une intervention ne ferait qu’augmenter, comme la guerre du Kosovo n’avait pas empêché le massacre de Sébreniça. 8000 Musulmans y ont été massacrés.