Front national: la grande peur

par · 13 septembre 2013

lepenLes sondages confirment ce que nous évoquions sur ce blog depuis juin. Les élections de l’Oise et du Lot ont révélé au grand jour ce que la campagne présidentielle de Sarkozy avait permis. En coupant le cordon sanitaire, le diable est sorti de sa boîte. Maintenant il n’est pas prêt d’y rentrer.

La crise économique, la xénophobie ambiante et le bougé lexical de Marine Le Pen ont fait le reste. On est pas contre les arabes mais contre l’Islam. On est pas xénophobes mais laïques voire féministes. On est pas contre l’Europe mais contre l’Euro. On déplace le clivage gauche/droite vers un clivage haut/bas. La triangulation servie par l’image de Marine Le Pen a pour but de faciliter l’adhésion à la xénophobie. Il s’agit de rendre la haine de l’autre et singulièrement des musulmans, assumable. Pour toute personne qui fait du porte à porte, on ne peut qu’être frappé par la réhabilitation du vieux discours de Stirbois à Dreux: la xénophobie et la stigmatisation de la communauté musulmane voir des Roms. Tous les maux de la société française ont pour 30% de l’électorat ce viatique. L’insécurité vient des quartiers, les hausses d’impôts qu’il faut payer et le chômage parce qu’ils sont là. Marine Le Pen y a ajouté une touche anti-euro. Ce national poujadisme va trouver son débouché électoral. Les médias vont l’installer comme François-Henri de Virieu installa Jean-Marie Le Pen en 1983 avec « l’heure de vérité ». Nous sommes entrés dans une séquence longue de tripartisme et de dynamique frontiste. Cela nécessite pour la gauche de s’unir et de tenir le front républicain et pour l’UMP de trancher sur sa stratégie de sursaut républicain. Car ce que ne montrent pas les sondages c’est que l’UMP va être pris entre la dynamique du Front et le remembrement du centre orchestré par Jean-Louis Borloo. Les élections municipales avec une abstention probable seront une nouvelle semonce. Les élections européennes offriront à Marine Le Pen une tribune et une marge de progression.

Mais l’objectif stratégique du Front national dans la marche à la présidentielle ce sont les régionales. Elles seront le rendez-vous des droites. Quant à la gauche il faut l’union nous l’avons dit. Dire « où va la France ? » mais aussi tout à la fois assécher le Front – chômage, insécurité, relance européenne – et mobiliser la gauche – inégalités, pouvoir d’achat, écologie. Ceci dans une bataille pour la croissance sans qui rien n’est possible. Autant dire que le Président, le Gouvernement, la gauche en général et le PS en particulier sont à la croisée des chemins. Car la résistible ascension du Front national ne sera pas sans conséquence pour la France.

Les commentaires1 Commentaire

  1. Bakounine dit :

    Situation insurrectionnelle ? Non, je ne le pense pas. Épuisement de concepts, affadissement lexical, relais d’opinions inopérants, médiocrité aveuglante de ce que l’on rougit d’appeler nos élites politiques. Cela ne tient plus que par l’inertie, la paresse intellectuelle et la frilosité papelarde d’une démocratie abâtardie.
    Un homme politique de plus de quarante ans est a éradiquer, actuellement, pour paraphraser buonaparte, tant ce bipartisme de fait est stérile. Pour l’heure, la question est de savoir où sera azimuté le ps au terme des prochaines élections, mars, Jupiter ou hors galaxie?
    Notre pauvre hollande finira-t-il son quinquennat autrement que couvert de crachats et vomi par tous ? Serait-il candidat à une démission d’un poste trop grand pour lui, convaincu par l’exemple d’un pape dépassé par l’ampleur de sa tâche? Je ne crois pas qu’il y ait de candidats à la curie romaine pour le remplacer…