Quand Barroso démontre lui-même qu’il doit partir

par · 14 septembre 2013

drapeaueurope160Le discours de José Manuel Barroso sur l’Etat de l’Union, européenne, fut prononcé le 11 septembre dernier lors de la séance plénière du Parlement européen à Strasbourg.

Cet exercice qui passe trop inaperçu dans les médias nationaux, est pourtant important : c’est l’occasion pour le président de la Commission de présenter sa vision de l’Europe. Au delà de l’exercice formel du bilan et des perspectives, il y a là l’opportunité de délivrer un projet politique, de démontrer que les préoccupations des citoyens sont prises en compte.

Dans cet exercice, Barroso a raté son oral alors qu’il s’agissait de la dernière fois qu’il prononçait un tel discours. Il n’y aura donc pas d’oral de rattrapage.

Tout au long de la quinzaine de pages d’un discours prononcé sans inspiration, le président conservateur de la Commission européenne est apparu comme un homme seul. Pas un seul commissaire n’est cité, comme s’il ne s’agissait que de figurants.

Pas un mot sur la place de l’Europe dans le monde face à des émergents qui entrent en crise et des Etats-Unis qui veulent que l’UE s’engage plus.

Pas un mot sur la situation des printemps arabes, à part une brève allusion à la Syrie, qui aurait permis de savoir ce que l’Europe a à dire aux peuples des deux rives de la Méditerranée – notamment à ceux qui croient que l’Union européenne peut jouer un rôle déterminant dans la résolution du conflit israélo-palestinien.

Pas un mot sur la situation sociale de l’Europe, les tensions au sein d’Etats-membres qui, sous le coup de la crise sont menacés de dislocation… Et pour cause, pour Monsieur Barroso, la crise est finie. La plupart des indicateurs pour lui, sont au vert. Reste qu’à ses yeux, la montée des populismes, la question des Roms ou les situations d’injustice que vivent les travailleurs détachés par exemple, tout cela n’existe pas.

Pour lui, les marchés ne sont pas un problème, donc la question de leur régulation ne se pose pas et l’Accord de libre échange avec les Etats-Unis ne représente que des opportunités !

Le mot « marché » revient tellement souvent dans le texte, qu’on a l’impression que Barroso veut rayer Delors de l’Histoire. L’Europe politique et sociale est pour lui inexistante. C’est parce que sous sa présidence, elle a été inopérante.

Barroso n’a jamais pu s’imposer à Merkel et Sarkozy et à part tancer la France, après l’élection de François Hollande, il n’a jamais défendu la Commission et en faire un véritable exécutif articulé avec le Parlement européen.

Monsieur Barroso est le maillon faible des dirigeants européens, mais il demeure indéfectiblement soutenu par le PPE.

En 2014, il faudra plus qu’une alternance en Europe. Il faudra une véritable alternative aussi bien en termes de ligne politique car le bilan des conservateurs est leur boulet, et en termes de leadership avec un président de la Commission déterminé et doté d’une vision de l’Europe dont les peuples ont besoin.