La France se redresse

par · 6 octobre 2013

jccloireExtrait du discours de Jean-Christophe Cambadélis prononcé lors de la fête de la rose de la fédération de la Loire à Firminy

La France se redresse lentement certes, mais sûrement ! La croissance ? L’Insee vient de revoir les chiffres à la hausse. La France se redresse moins vite que nous souhaitons. Mais elle se redresse ! Le chômage ? Les chiffres indiquent que le chômage des jeunes est à la baisse depuis plusieurs trimestres. La France se redresse pas à pas, même si nous attendons l’inversion de la courbe du chômage. La France se redresse, mois après mois c’est la décrue des déficits. La France, grâce aux efforts des Français revient étape après étape vers un niveau d’endettement qui ne pénalise pas nos enfants.

La France se redresse ! Le redressement productif est engagé. Nous ne sauvons pas toutes les entreprises mais nous sauvons des entreprises. La France se redresse, les réformes réputées impossible ont été engagées: école, cumul, retraites, logement, mariage pour tous. Elles furent discutées parfois durement. Mais elles finissent par s’imposer. La France se redresse. Elle n’hésite pas à dire ce qui lui semble conforme à l’idée qu’elle se fait des relations internationales, de la cohésion mondiale. Tout le monde n’est pas d’accord ? Et alors ? La France redevient influente. Car seules les nations qui se taisent sont sûres de ne pas être contredites. La France se redresse, le gouvernement de gauche et des écologistes soutenu au cas par cas par les communistes, a doté la France des moyens du redressement économique, même si on peut l’améliorer, la BPI, les contrats de générations, les mesures sur les sites rentables. Et puis pourquoi ne pas citer la PAC sauvegardée ! Les lois sur la consommation améliorée.

La France se redresse mais les français souffrent car ils ont à supporter le poids de ce redressement. La France se redresse, mais les français souffrent, le chômage est là, les salaires ne suivent pas, l’insécurité endiguée n’a pas reculée dans les cambriolages. (…) Comment voulez-vous que les français voient les premiers pas du redressement de la France si chaque jours couacs et polémiques viennent obscurcir les résultats obtenus. (…) Et si les français ne perçoivent pas les premiers pas, ils ne voteront pas et d’autres chercheront d’autres voies (…). Malgré la crise, les déficits, les droites dominantes et leur libéralisme-capitalisme comme viatique, on peut aisément dire que le cap est le bon.

Evidemment nous voudrions tous que les marqueurs de gauche soient mieux soulignés. Mais nous dessinons à petits traits la France à venir. Une France qui a vocation à retrouver sa place en Europe. La première ! (…) Vous voulez vous convaincre que notre voie est juste et de gauche ? Regardez le contre projet budgétaire de la droite: Refus d’augmenter les petits fonctionnaires, refus d’aider les familles modestes, et même refus d’augmenter les allocations pour les handicapés (…). Le pays se redresse lentement, la droite ressasse le programme de Sarkozy, les français souffrent, voilà pourquoi l’extrême droite progresse. Si vous ajoutez à cela l’infantilisme dans les attitudes, le refus de voir que la France est à cran (…).

La France n’est pas seule dans ce cas, partout le national-populisme monte (…). L’immobilisme, le dogmatisme des droites européennes et de leur Commission ont conduit au désinvestissement des pro-européens, aux déchainements des nationalistes et à la haine xénophobe des nationaux-populistes. (…) L’Europe vit un drame. C’est à nous, à notre génération, qu’il convient de porter le flambeau de la renaissance européenne (…).

En France, L’extrême droite progresse à cause de la lenteur du redressement qui créée rancoeur et amertume. L’ absence d’espoir dans un lendemain qui change et dans l’abaissement des frontières entre les principes républicains de la droite classique et l’extrême droite. (…) Le refus de la droite d’assumer les principes du barrage républicain, la proximité des thèmes et l’absence d’identité de la droite font que malheureusement entre le FN et nous il n’y a rien (…). Alors il nous revient d’assécher le Front National par une politique économique et sociale qui soulage les plus faibles, cherche une nouvelle croissance fiable, durable et juste. Il nous revient d’être tout à la fois dans le respect de nos lois et généreux. Il nous revient d’être intransigeants sur chaque mot de la République, l’égalité qui soit réelle, la liberté qui soit ordonnée et la fraternité qui ne peut exister sans solidarité (…). Le modèle municipal de la gauche c’est la solidarité. L’extrême droite (…) L’extrême droite donc c’est la préférence nationale ou la priorité nationale. C’est-à-dire un régime d’apartheid entre les français de souche et les français « de papier » (…). La France y perdrait son âme et notre pays sombrerait dans l’affrontement (…). Le Front National n’espère pas conquérir des villes ou peu (…). Il veut être dans les villes et attaquer de l’intérieur notre modèle opposant à la solidarité la priorité nationale sur tous les sujets (…). Assécher le Front National est indispensable, le réduire est nécessaire. Et il n’y a que l’unité pour le faire. (…) Dans ce moment où se conjuguent le redressement de la France, l’histoire du continent européen et de la République, il y a une certaine fierté à être socialiste.

Les commentaires1 Commentaire

  1. topaz dit :

    Un optiminisme réaliste ! Sauf que la réalité est plus communicative que l’optimisme.
    L’envolée à 33 % de Marine Le Pen -percée surprise mais pas surprenante- relègue dans l’ombre la cote à 43 % de Manuel Valls. N’en déplaise à Mélenchon, notre ministre de l’intérieur a gagné la confiance des Français. La gauche ne dira jamais « le meilleur d’entre nous », ce sont les électeurs qui le disent. Il lui est souvent reproché de se déporter sur la droite, et pourtant, il met en oeuvre avec courage une politique qu’il croit juste pour la France, sans se soucier des dogmes et idéologies. Et puis, si parfois, il se rapproche sur certains terrains de certaines préconisations antérieures de droite, ne se rapproche-t-on pas un peu ainsi de la vérité, de la voie juste ? Cette « vérité » qui est soudain dans la bouche de tous les politiques, de toutes tendances, guide les pas de Manuel Valls, parce que lui, il ne se contente pas d’en parler, il l’applique et se l’applique à lui-même contre vents et marées. Idées de droite, idées de gauche, les Français n’en peuvent plus. Marine Le Pen en récolte les fruits défendus. Elle « aime le PS au pouvoir » qui s’est fait des espoirs au-dessus de ses moyens. Personne n’a dit que ce quinquennat serait facile. La gauche le savait. Elle n’a pas eu le choix des armes. Cela restera le gros handicap de son retour au pouvoir.