Interview dans Le Figaro

par · 7 octobre 2013

logofigaroLe Figaro publie une interview que vous pouvez retrouver en cliquant ici et ci-dessous:

INTERVIEW – Le député de Paris observe une tendance lourde de montée en Europe de la xénophobie, de l’islamophobie, de l’amertume sociale face à la politique d’austérité et de réduction des déficits, et du désespoir face à des lendemains qui déchantent.

LE FIGARO – Les candidats de gauche ont une nouvelle fois été éliminés dès le premier tour à Brignoles. Quelles leçons en tirez-vous?

Jean-Christophe CAMBADÉLIS – Cela commence à faire beaucoup. Le cocktail «abstention-mobilisation frontiste» est redoutable pour la gauche, mais aussi pour tous les autres partis républicains. Plusieurs leçons peuvent être tirées de l’élection partielle de Brignoles: à l’évidence, la participation a été faible. Parallèlement, les extrêmes, en particulier le Front national, mobilisent leurs troupes. Ensuite, la perception d’une France qui se redresse est obscurcie par la multiplication des couacs, des polémiques et des querelles subalternes. Enfin, si la gauche est divisée, elle accentue l’idée que cela ne vaut pas la peine d’aller voter. L’électorat républicain n’a plus d’enthousiasme.

Êtes-vous favorable au front républicain?

Bien sûr. Car il faut lutter contre le FN qui est un parti qui porte le désordre comme la nuée porte l’orage. Entre la haine sociale et l’apartheid comme options finales, au bout, c’est la France et la République qui sont abîmées. Comment combattre le FN? D’abord, il serait bon que les républicains des deux bords s’accordent sur la nocivité de cette formation politique. Ensuite, il faut assécher le FN, et l’endiguer. L’assécher, en luttant contre le chômage et l’insécurité, et en prônant une autre Europe. L’endiguer par le front républicain que nous allons encore pratiquer, nous socialistes, à Brignoles, dimanche prochain. Il faudra aussi faire en sorte de rassembler les gauches et les écologistes au premier tour des élections à venir. Car nous sommes dans une tendance lourde de montée en Europe de la xénophobie, de l’islamophobie, de l’amertume sociale face à la politique d’austérité et de réduction des déficits, et du désespoir face à des lendemains qui déchantent.

Vous avez été l’un des principaux concepteurs de la gauche plurielle, sous Lionel Jospin. Qu’en reste-t-il aujourd’hui?

La gauche est plus unie qu’on ne le dit car il y aura au final plus d’union des gauches et des Verts que de divisions entre nous. Mais le côté spectaculaire de ces divisions dans certaines métropoles et grandes villes va rejaillir sur l’ensemble de la campagne électorale. Ce qui va brouiller notre message, et c’est là la grande difficulté. Car, au fond, 75 % des Français sont hostiles au FN, mais la droite refuse le front républicain, et la gauche est divisée. Donc le FN profite de cette situation.

Faut-il voir dans ce premier tour à Brignoles la marque d’une désaffection croissante à l’égard des politiques quels qu’ils soient?

Il y a bien sûr une désaffection. Les électeurs traditionnels de la gauche et de la droite participent de moins en moins au vote. Mécaniquement, l’électorat des partis extrêmes se mobilise plus et fait des scores importants. On est dans un mouvement presque mathématique d’une hypermobilisation frontiste, et d’une démobilisation de l’électorat républicain.

Les commentaires1 Commentaire

  1. sofarida dit :

    Vote républicain : fallait-il voter UMP dès le premier tour pour éviter que le FN soit en tête ?
    Sachez que je n’ai pas voté pour Chirac en 2002, et que je ne voterai JAMAIS pour l’UMP.