François Hollande = Léonarda

par · 22 octobre 2013

160513hollandeIl y a quelques années, Alain Finkielkraut estimait que dans le monde tel qu’il est aujourd’hui William Shakespeare équivalait à une paire de chaussures. Et bien aujourd’hui les Français hallucinés ont constaté que l’allocution du Président de la République n’appelait pas la réponse de François Fillon, Jean-François Copé ou Jean-Luc Mélenchon. Mais la parole fut donnée à Léonarda qui, sous le regard de son père et de sa famille, fut obligée de choisir en direct. Que voulez-vous qu’elle dise ? La « médiacratie » imposait ce face-à-face entre le Président de la 5ème puissance du monde et une adolescente de 15 ans.

Le moment de contestation du pouvoir fit le reste. Il est impossible d’être totalement audible ou de plier un débat quand la quasi totalité des représentations politiques et 70% des français disent être déçus par le pouvoir. Il n’y a pas d’autorité qui vaille quand on est contesté, souvenons-nous du Général de Gaulle en 1968 qui n’en manquait pas. Enfin nul ne doit ignorer que l’opinion principalement de gauche est révulsée par la lepénisation rampante. Et la façon dont Léonarda fut soustraite à ses camarades a joué le rôle de cristallisation face à ce moment frontiste.

Pour autant dans la position du Président tout semblait y être : respecter l’Etat de droit : « la décision est valide », respecter les valeurs : « une circulaire viendra préciser la sanctuarisation de l’école », et la générosité : « à titre exceptionnel Léonarda pourra poursuivre ses études en France » ne pouvait être contestée. Enfin pour les amateurs de jeux tactiques : dérober l’objet de la mobilisation étudiante et lycéenne privait celle-ci du carburant à la mobilisation.

Mais quand on est pas en situation de le faire, les meilleurs intentions se retournent. Surtout si le PS se dérobe, le Président apparaît encore plus isolé. Pourtant personne ne réclame la régularisation de tous les « sans-papiers ». Personne, contrairement a ce que dit Jean-Pierre Chevènement ne se réclame du « transfrontiérisme ». Jean-Luc Mélenchon, par exemple, n’a jamais fait ce commerce là. Tout le monde sait, sent, ou pressent, qu’on ne peut décider que l’on ai le droit de s’installer là où on veut quand on veut. Tout le monde -mis à part le FN- est sur la synthèse rocardo-jospinienne « on ne peut accepter toute la misère du monde », mais on doit en accepter notre part. Personne ne défend avec sérieux « l’immigration zéro » à l’exception du Front National. Au passage le tohubohu de l’affaire Léonarda et la mobilisation lycéenne donne un aperçu de l’état de la France si le FN devait appliquer son programme : une véritable guerre civile.

Revenons au sujet : Si on ne peut être malheureusement permissif en terme de flux migratoires, il faut donc des critères de régularisation. Et qui dit critères dit déboutés.

Alors indépendamment de la nécessité d’investir dans le co-développement, de bannir l’intervention policière dans le sanctuaire de l’école, de réformer le droit d’asile ou le temps d’attente est insupportable et complique tout. Le respect de l’être humain, des blessures dues à la vie de clandestin est une nécessité absolue. Ce qui n’est pas acceptable c’est donc l’instrumentalisation de la misère humaine. Et je dirais d’où quelle vienne : Politique et médiatique…