TUNISIE: la démocratie à l’épreuve de la terreur

par · 25 octobre 2013

manif tunisie
Le 23 octobre 2013 aurait dû être un jour marquant le second anniversaire de l’élection de l’Assemblée nationale constituante, soit un évènement capital de la jeune démocratie tunisienne. Ce devait être aussi un jour permettant à la Tunisie d’accomplir un pas important dans la sortie d’une crise politique et institutionnelle qui paralyse le pays depuis le meurtre du député de l’opposition, Mohamed Brahmi, le 25 juillet 2013.

Rien de tout cela. Au lieu du lancement du dialogue national, hier, les armes ont parlé dans la région même d’où la révolution avait commencé le 17 décembre 2010, celle de Sidi Bouzid, suite à l’immolation du premier martyr du soulèvement, Mohamed Bouazizi. Au moins six membres de la Garde nationale ont perdu la vie dans leur tentative d’appréhender un groupe terroriste djihadiste, tandis que deux autres avaient péri également dans un affrontement similaire il y a quelques jours.

En ces nouveaux jours de deuil pour la Nation tunisienne, je tiens à exprimer mes sincères condoléances auprès des familles affectées, mais également ma solidarité avec toutes les forces syndicales, associatives, politiques, civiles et sécuritaires, qui œuvrent à contrer les tentatives de déstabilisation de la Tunisie.

Face à la terreur orchestrée aussi bien par les éléments djihadistes, narco-terroristes, et, ne négligeons pas non plus cette forte probabilité, par les réseaux liés à l’ancien parti hégémonique de Ben Ali, le RCD – qui travaille à son retour – toute la classe politique doit se mobiliser : non pas unie derrière un parti ou une personnalité mais pour la défense des acquis de la révolution, la démocratie, la liberté et la justice.

Ainsi, il est impératif que la feuille de route adoptée le 5 octobre 2013 soit mise en œuvre. La formation d’un gouvernement indépendant, la reprise des travaux de la Constitution, son adoption rapide ainsi que celle d’un calendrier électoral et l’établissement d’une instance électorale indépendante, sont autant d’éléments vitaux au renforcement de la démocratie, à celui de l’État et de ses institutions, et donc à la stabilité de la Tunisie. Seule une telle Tunisie sera en mesure d’assumer pleinement les défis sécuritaires et socio-économiques qui minent la révolution tunisienne.