La France aux Français

par · 27 octobre 2013

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Ce terrifiant slogan d’un autre âge semble être devenu pour l’UMP le viatique d’une reconquête de l’électorat tenté par la xénophobie.

Au-delà de la remise en cause du droit du sol, on nous suggère que la France perd son âme dans l’invasion étrangère ou l’immigration. C’est cette hantise du métissage – ressort profond du vote frontiste – que l’UMP veut capter. La mondialisation, Bruxelles, l’immigration, l’étranger, l’Islam, voilà l’image de l’ennemi dans une société qui les a tous perdu : le capitalisme, les patrons, l’impérialisme américain, etc.

Jean-Marie Le Pen disait dans les années 1980 : « Je suis le seul à faire rêver la France », aujourd’hui sa fille peut dire : « Je suis la seule à hystériser les Français ». Captant une France qui voit dans ce qui vient de l’étranger la source de tous ses maux, cristallisant des Français qui s’énervent des duretés de ces temps de redressement, le Front National ordonne le débat national ou donne le tempo, même si le pays n’a pas encore majoritairement envie de céder aux avances frontistes. Mais l’hégémonie culturelle d’un nationalisme bon teint est là. Et depuis Gramsci, nous savons que les victoires culturelles précèdent les victoires politiques.

C’est 1968 et l’hégémonie marxiste qui prépara la victoire de François Mitterrand et dans un autre registre l’antisémitisme des années 1930 qui prépara celle d’Hitler. Il suffit de regarder la télévision ou de lire nos médias pour voir la montée de la xénophobie même chez les esprits les mieux faits. Le constat que l’immigré vient dénaturer la France telle qu’elle fut ceci au nom d’un âge d’or que l’on ne saurait dater, la reprise complaisante de l’idée que les Français ne sont plus chez eux, tout milite pour un grand soir xénophobe. L’envie d’une révolution nationale monte où se mêlent les détestations de tout ce qui représente l’autre affleure.

Dans ce contexte le virage de Jean-François Copé contre le droit du sol pour le droit du sang. Ceci rapidement rebaptisé le refus de la « nationalité automatique ». Comme si cela était le cas dans une France dirigée 17 ans par la droite. Mais voilà il faut être en résonance avec l’air fétide du temps. Va-t-on laisser regarder cela les bras croisés sans rien faire ? Mais voilà le rôle du Parti socialiste dans cette période troublée : défendre les principes de la République. Le PS doit lever l’étendard de la France des lumières. Il doit le faire solennellement et unir toutes les gauches et les écologistes dans ce vital combat. Se battre oui ! Se battre ! Pour l’égalité réelle, la liberté ordonnée et la fraternité laïque ou défendre le droit du sol voire même l’Europe comme avenir français. Il faut lever le drapeau de la résistance à la lepénisation des esprits avant qu’il ne soit trop tard dans ce siècle.