Pourquoi tant d’impopularités ?

par · 18 novembre 2013

SEANCE DES QUESTIONS AU GOUVERNEMENT A L'ASSEMBLEE NATIONALE.

Ce n’est pas la première fois sous la 5ème République que le Président est impopulaire. De Gaulle, Giscard d’Estaing le furent, ou dans les mêmes eaux sondagières que François Hollande,  François Mitterrand avec Edith Cresson et Jacques Chirac avec Alain Juppé. Alors pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

D’abord une triple sous-estimation : la facture Sarkozy, le caractère illégitime de la gauche au pouvoir pour une partie de la droite et de l’extrême droite et la difficulté dans une Europe à majorité de droite de la réorienter. Si sur Nicolas Sarkozy tout a été dit, rien ne s’est vraiment imprimé. C’est comme si la gauche n’avait qu’à faire sans entrave ni contrainte. Les déficits colossaux laissés par près de 20 ans de droite sont passés au second plan tant l’envie de virer Nicolas Sarkozy était grande. Redistribuer dans ces conditions comme en 1936 ou 1981 nous précipitait sur le mur de l’argent. Quant à reformer à gauche comme avec Lionel Jospin cela passait par assainir.

Et puis cette alternance ne va pas de soi. Un bloc réactionnaire refuse toujours la gauche. Elle est jugée illégitime dans une France qui reste électoralement à droite. Et la haine de ce bloc a trouvé dans le mariage pour tous, le refus de la xénophobie et l’anti impôt, la vérification de ce ressentiment.

Reste la réorientation européenne nécessairement longue vue de la majorité de gouvernement de droite. Il faut ajouter l’absence d’opposition empêtrée dans ses crises de leadership, stratégiques et ses lâchetés, ce qui biaise le débat politique. Il s’en suit une série de polémiques hors-sol où on ne conteste pas le fond mais la forme. Car sur le fond le contre programme de la droite est inapplicable dans la France actuelle, tellement il est violent. Même Nicolas Sarkozy s’en est gaussé en privé. Celui de l’extrême-droite rayerait la France de la carte des nations qui comptent, et provoquerait une guerre civile autour de l’immigration. Quand à celui de l’extrême gauche, les Français, élections après élections, ne semble pas enclin à l’adouber.

Mais il faut aller plus loin. Il y a indubitablement une difficulté de lisibilité de l’action du pouvoir. Lorsqu’on voit comment le succès européen de François Hollande sur l’emploi des jeunes a été zappé, on se dit qu’il y a un souci.

L’information comme marchandise, son côté spectacle, sa posture interpellante et haletante, sa volonté de tout déconstruire, bouscule l’art d’exécution du politique. Mais il y a le cœur du problème. Il existe au-delà de la crise, une crise dans la crise: celle de la représentation.

L’effet 3 D, la désidéologisation, la dépolitisation et la désoccidentalisation provoquent un climat dépressif sans repères et sans temps mort. Ceci frappe tout le champ politique, mis à part le Front National qui campe sur une France d’hier, rêvant à celle d’avant hier. S’il faut faire de la politique, nommer les difficultés, donner du sens aux effort en ralentissant le pas, il faudrait surtout un effort de refondation idéologique et politique de tout l’espace public. Sinon on s’agite en tous sens, préconisant des solutions techniques qui ne règlent rien et hystérisent un paysage médiatico-politique passablement éméché.

Les commentaires2 Commentaires

  1. Problématique dit :

    – Pourquoi la Gauche est elle aussi vulnérable à une campagne de presse des journaux de droite ?
    – Les gauches précédentes s’étaient heurtées au mur de l’argent obligeant à emprunter à des taux d’intérêts usuraires. Avec l’euro, malgré leur envie, ils n’ont pas pu étrangler financièrement l’Etat. Jamais la France n’a emprunté à des taux aussi bas.
    – La gauche peut mener les réformes pour lesquelles, elle a été élue.

    Un peu de confiance en soi et dans la valeur des idées que la gauche défend !

    Les chiens aboient, la caravane passe.

  2. bleuetoiles dit :

    Encore une fois , je le répète ici , car il me semble être entendu , quand j’entends JC.Cambadelis parler de pédagogie à la télé : PEDAGOGIE et VERITE , doivent être énoncées , répétées dans les médias ( qui nous sont hostiles pour la plupart) , le président François Hollande, doit parler et faire un bilan des 18 mois de gouvernement , en mettant en perspectives les actions menées et en ajustant le cap pour les mois à venir !!