Elections européennes: Etat des lieux

par · 13 décembre 2013

logopseLors de la réunion de la présidence du PSE, nous avons évoqué le futur Manifeste du Parti socialiste européen pour les élections de mai prochain, mais aussi l’état des lieux des candidats à la Présidence de la Commission.

 Le PSE a pris un temps d’avance en ayant choisi un processus démocratique innovant pour se doter d’un candidat en la personne de Martin Schulz.

Martin Schulz, depuis qu’il est président du Parlement européen, a constamment mis le pied dans la porte, défendant la seule institution élue par les peuples – dans une « tension amicale » pourrions-nous dire avec la Commission.

Le choix du PSE a fait éclater au grand jour les contradictions du PPE. En effet, les conservateurs rechignent à choisir un chef de file de manière aussi démocratique, préférant s’arranger entre chefs de gouvernements – signe que pour eux l’intergouvernemental doit être la règle pour la direction des affaires de l’Europe.

Les conservateurs ne tiendront leur congrès qu’en mars, à Dublin. Joseph Daul est devenu le nouveau président du PPE le 12 novembre dernier, mais sa volonté d’avoir un candidat commun a été bloquée par Angela Merkel et Herman Van Rompuy. Tout est dit !

Alors qu’en France, l’UMP rechigne à soutenir Michel Barnier, que Viviane Reding s’avance sans que Jean-Claude Juncker ait perdu ses soutiens, que les Polonais rêvent de Donald Tusk, on imagine que le candidat conservateur ne sera pas le résultat d’une volonté, mais plutôt d’une contrainte. Dans les noms qui circulent, il y a tellement de premiers ministres en exercice qu’on se demande s’il y a pas un vent de panique dans certains Etats membres comme par exemple la Suède où il y aura en septembre 2014 des élections législatives.

Signe de la droitisation du PPE, les conservateurs britanniques pourraient devenir membre du groupe parlementaire.

A l’extrême-droite du champ politique, le morcellement des nationaux populistes à l’échelle européenne ne bloquera pas leur poussée aux élections. L’Alliance libre européenne (ALE), créé en 2010 s’est réunie à Vienne, pas pour un bal néo-nazie, mais cette fois pour envisager la marche sur Strasbourg et Bruxelles lors des élections. Il s’agit du Front national, du FPÖ (l’ancien parti de Jorg Haider), du Vlaams Belang de Belgique, des Démocrates de Suède, de la Ligue du Nord et du Parti national slovaque. L’axe des nationalistes français et néerlandais est scellé et il sera renforcé par le Parti du peuple danois et certains membres de UKIP, les eurosceptiques britanniques. Pas de nom de candidat commun, mais une entente entre nationaux-populistes qui vont des eurosceptiques aux ultranationalistes.

Les libéraux, quant à eux, ont déjà adopté leur manifeste lors de leur congrès à Londres à la fin du mois de novembre. Ils choisiront leur candidat début février.

Deux candidats possibles. Olli Rehn, actuel commissaire aux affaires économiques et monétaires. C’est l’homme qui est responsable de la confiscation aux yeux du Parlement de tout ce qui concerne une gestion démocratique de la crise de l’euro. L’autre nom qui circule, sans surprise est l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt dont le profil fédéraliste et social est le meilleur atout des centristes européens.

Du côté des écologistes, le choix fut d’organiser des primaires pour choisir le candidat. Leur manifeste sera adopté une semaine avant le congrès du PSE. Quatre candidats se sont démarqués qu’il faudra départager. José Bové, soutenu par les Belges, les Luxembourgeois, les Espagnols, les Hongrois, les Ecossais et les Chypriotes, l’Allemande Rebecca Harms, la co-présidente du groupe des Verts au Parlement européen, sa compatriote Franziska Keller et l’Italienne Monica Frassoni, la co-présidente des Verts européens. C’est en boitant que les Verts européens entreront de plain pied dans l’ère post Cohn-Bendit.

Enfin, la gauche européenne qui tient son congrès ce week-end à Madrid. Elle devrait choisir Alexis Tsipras, le leader de Syriza. Mais expérience gouvernementale, la gauche radicale est condamnée à rester dans un corner protestataire…