Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon la crise !

par · 14 décembre 2013

4e congres parti gauche europeenneLe IVe congrès du Parti de la Gauche européenne, qui regroupe les partis communistes et de la gauche radicale se tient à Madrid ce weekend.

Il s’agit de réélire Pierre Laurent à sa tête et de choisir Alexis Tsipras comme chef de file avec en vue la présidence de la commission européenne lors des élections européennes de mai prochain.

Jean-Luc Mélenchon souhaitait être le candidat des gauches radicales à la présidence de la commission. Devant le peu d’empressement de Pierre Laurent c’est Alexis Tsipras qui lui a été préféré. En représailles le PG s’est publiquement interrogé sur la reconduite de Laurent à la présidence du Parti de la Gauche européenne.

Mais la gauche unitaire européenne – tel est le nom du groupe parlementaire dont sont membres les euros députés communistes et de gauche radicale comme ceux de Die Linke, du Bloco de Esquerda – est divisée en France à cause, non pas d’une divergence stratégique ou programmatique qui ferait débat dans l’ensemble de l’Europe, mais à cause du choix de l’unité de la gauche fait par le PCF à Paris.

Vexés de ne pouvoir entraîner le PCF dans leur stratégie anti PS les dirigeants du PG durcissent la ligne et une fois de plus leur leader, Jean-Luc Mélenchon boude puisqu’il vient de quitter l’Europe pour Quito. Il a refusé d’être sur la photo. Il ne sera pas dans le film. Le PG s’est même mis en retrait du Parti de la gauche européenne… Pour trois mois… Ambiance !

La stratégie des pégistes n’est unitaire qu’en intention. Déjà à la région Île-de-France, ces derniers refusent un groupe du front de gauche unique et leur intransigeance à l’égard du PS qui forme une
majorité avec EELV et le PCF conduit régulièrement les amis de Jean-Luc Mélenchon à voter avec la droite. Cette hostilité fait qu’on ne sait plus très bien si leur ennemi est la droite ou la gauche. A
rebours de l’histoire qu’ils revendiquent, les dirigeants du PG divisent la gauche.

Pourtant, avec Pierre Laurent à sa tête, la gauche européenne peut jouer le rôle d’un partenaire exigeant dans la perspective d’une réorientation de l’Europe. Si on veut une majorité progressiste pour battre la droite et ne plus laisser les mains libres aux conservateurs, il faut bien qu’enfin les forces de gauche dans leur diversité se parlent. C’est un des messages du récent congrès du SPD
avec la main que Sigmar Gabriel a tendue à Die Linke. C’est la réalité des discussions entre les intellectuels proches du Pasok, du Dimar (gauche démocratique) et de Syriza pour ne prendre que ces eux exemples.

Jean-Luc Mélenchon a perdu deux batailles en quelques mois : il a échoué dans sa stratégie d’incarner la gauche radicale européenne parce-que parlementaire européen peu assidu, il n’a pas su prendre appui sur la réalité européenne pour la changer au-delà des invectives et c’est le jeune leader de Syriza qui s’est imposé. Il a échoué dans sa tentative de radicaliser le front de gauche alors que la nature même d’un front consiste à s’élargir. Pourtant, il connaît ses classiques : « marcher séparément, frapper ensemble » ça devrait lui rappeler quelque chose !

catégorie Actualité

Les commentaires1 Commentaire

  1. Rousselot dit :

    Bonjour,

    JL. Mélenchon n’est pas photogénique.
    Il souhaite une alliance tacite avec Eva Joly désignée par les « Verts Maîtres Chanteurs » aux Européennes.
    Le coucou politicien du Front de Gauche, ne pense qu’a nuire contre le PS en 2014 & surtout 2017.