Les européennes, « un scrutin historique ! » , mon entretien au Point

par · 1 février 2014

logolepoint160Jean-Christophe Cambadélis a répondu aux question de Michel Revol pour une interview publiée ce jour sur le site lepoint.fr:

 

Alors que les Français se désintéressent des élections européennes prévues fin mai, le député PS lance samedi la campagne de son parti.

Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris, est directeur de cette campagne. Il s’explique sur le choix d’un départ précoce et sur sa stratégie pour mobiliser les électeurs.

Le Point.fr : Vous organisez, dès samedi 1er février, une réunion des secrétaires de section PS autour des deux prochaines échéances électorales, les municipales et les européennes. N’est-ce pas trop tôt pour démarrer la campagne des européennes ?

Jean-Christophe Cambadélis : Non. Il faut l’entamer maintenant, parce que nous estimons que ce scrutin est historique. Pour la première fois, tout citoyen européen peut participer, via le Parlement, à la désignation du futur président de la Commission. Cette avancée fait suite au Traité de Lisbonne, qui dispose que cette personnalité doit être choisie au regard de la composition du Parlement. Jusqu’alors, les chefs d’État et de gouvernement décidaient, et au vu du rapport des forces actuel, l’ultralibéral Barroso occupe le poste. Il ne faut donc pas manquer cette occasion historique. À majorité progressiste, président progressiste.

Le scrutin européen intéresse peu. Vous auriez pu attendre la fin des municipales pour gagner en impact !

Je ne pense pas. Cette élection se termine le 30 mars, deux semaines après commencent les vacances de Pâques, qui durent jusqu’au 11 mai. Il reste donc deux semaines « ouvrables » pour faire campagne, puisque le scrutin européen a lieu le 25 mai. C’est trop peu. Et c’est pourquoi il faut commencer tôt. Il faut marteler l’enjeu, historique pour tous les Européens.

Quelle est votre stratégie ?

Samedi, Édouard Martin, le syndicaliste tête de liste dans l’Est, et Martin Schultz, le candidat des socialistes européens pour la présidence de la Commission, interviendront. Nous lancerons aussi l’opération « Un million de cartes postales à Martin Schultz ». Les citoyens français pourront y inscrire leur choix pour l’Europe, et quel programme ils défendent. Cette campagne sera accompagnée d’un site internet dédié. Son objectif, c’est de mobiliser l’ensemble des réseaux, notamment les 3 millions d’électeurs de la primaire présidentielle. Enfin, à la fin du mois de février à Rome, Martin Schultz officialisera sa candidature lors du congrès des sociaux-démocrates. Je présenterai pour ma part le manifeste des sociaux-démocrates dont j’avais la charge. Pour résumer, pendant les municipales, les européennes continuent !

Pourquoi avoir écarté, comme l’UMP l’a aussi fait, plusieurs eurodéputés chevronnés, alors que l’influence d’un pays à Bruxelles est déterminée par l’expérience de ses représentants ?

Le scrutin de liste oblige à un équilibre entre expérience, renouvellement, parité et ouverture. Les listes socialistes correspondent très bien à cet équilibre, avec notamment l’expérience de Catherine Trautmann et la nouvelle figure que représente Édouard Martin.

Les sondages vous donnent troisième, derrière le FN et l’UMP. Pensez-vous inverser la tendance avec ces cartes postales et un congrès à Rome ?

Attendons que les Français soient dans l’élection. Ils n’ont pas encore mesuré l’enjeu, ils sont dans la politique française, alors que c’est une tout autre dimension qui sera proposée au vote le 25 mai. Néanmoins, il n’est pas impossible que le courant europhobe, produit des politiques conservatrices, se taille la part du lion partout en Europe. Raison de plus pour mobiliser partout !