Claude Goasguen rejoue 1968

par · 26 février 2014

SEANCE DES QUESTIONS AU GOUVERNEMENT A L'ASSEMBLEE NATIONALE.Quand il ne trouve pas que les jeunes beurs sont des drogués et que c’est la raison pour laquelle on ne peut leur enseigner la Shoah, le député maire du 16earrondissement de Paris dénonce les anciens militants trotskistes du PS. Voilà un aveu étonnant pour quelqu’un qui nie d’avoir été d’extrême droite !

Puisque Manuel Valls, Marylise Lebranchu et Jean-Christophe Cambadélis étaient trotskistes, il serait excusé d’avoir été d’extrême droite ? Car enfin la Corpo de droit à Assas en 1968 ce n’était pas une assemblée de démocrates chrétiens !

On pourrait expliquer en détail comment Claude Goasguen en était devenu le président. Je l’évoque dans mon livre La France blafarde[1]. Mais ce n’est pas le sujet.

Faire d’un incident de séance une crise parlementaire en dit long sur le désarroi de l’UMP. Claude Goasguen qui n’est pas né de la dernière pluie, lui qui est d’habitude impavide à ce genre de propos, le député de Paris a sauté là sur l’occasion. En difficulté sur les propos étonnants qu’il a prononcés, en procès avec la plupart des associations jugeant ses propos insultants pour les jeunes musulmans.

Il a pris l’UMP en otage pour se protéger. Le fait que Claude Goasguen rejoue 1968 n’est pas un problème en soit. Le fait qu’en mauvaise posture il cherche protection est confondant.

Mais le fait que l’UMP se laisse emporter dans cette pantalonnade, exprime que la stratégie de l’opposition frontale pour contenir le front, concourt à abaisser le débat politique pour le plus grand profit du Front national.

 


[1] La France blafarde, Jean-Christophe Cambadélis, Eric Osmond, éd. Plon, 1998