Mon interview au Figaro.fr: « Je suis favorable à un gouvernement de combat»

par · 5 mars 2014

logofigaro

Le Figaro.fr a publié aujourd’hui une interview que vous pouvez retrouver ici ou lire ci-dessous:

LE FIGARO. – Quand le remaniement devrait-il intervenir?

Jean-Christophe Cambadélis. – Une fois que le peuple aura parlé, autrement dit quand les échéances électorales seront terminées. Alors le président pourra, s’il le souhaite, ajuster le gouvernement au message des Français et à la nécessité de l’action. On a mieux à faire qu’à spéculer sur la date du remaniement qui interviendra bien un jour ou l’autre. Il faut qu’il ait la plus grande lisibilité possible.

Êtes-vous favorable à un «gouvernement resserré», comme le préconise Jean-Marc Ayrault?

Dans la période que nous traversons, il faut avant tout rechercher l’efficacité. Si cela passe par un gouvernement de combat pour appliquer le pacte de responsabilité, la réduction des déficits, la relance de la croissance voire la modernisation de notre industrie, j’y suis favorable. Mais ne nous enfermons pas dans des chiffres. Regardons ce qui fonctionne le mieux.

Le premier ministre a-t-il besoin d’être défendu?

Je remarque qu’il a été passablement attaqué. Il n’est pas anormal que les socialistes le défendent parce qu’à travers lui, c’est toute l’architecture de la gauche que l’on attaque. Et il ne faut pas être naïf. Derrière tout cela, l’homme à abattre reste François Hollande. La clé de voûte de nos institutions, c’est le président de la République, pas le premier ministre. Je ne pense pas que les spéculations sur le départ du premier ministre fassent avancer le combat que l’on mène aujourd’hui. Les socialistes en particulier, la gauche et les écologistes en général, doivent parier sur la réussite de François Hollande car son échec aurait des conséquences dramatiques pour des années. N’oublions pas que nous sommes entrés dans un tripartisme où l’un des partis est d’extrême droite et pourrait être présent au second tour de la présidentielle. Si nous étions battus voire éliminés, ce serait au choix le chaos ou le K.-O., et on mettrait au mieux une décennie à s’en remettre.

Faut-il faire entrer de nouvelles personnalités au gouvernement?

Je goûte peu cette tendance au sponsoring de personnalités qui devraient, en fonction de leur immense talent, présumé ou réel, prendre la place de ministres sortants qui ne sont pas sortis. Tout cela est une perte de temps, l’utilisation de l’espace médiatique à des fins délétères.

Les Verts vont-ils trop loin dans leurs critiques?

Les écologistes n’ont pas la même culture politique que les socialistes. Il faut donc faire des compromis avec eux et vivre ensemble avec nos différences. Parfois, ils jouent avec le feu mais il faut dire aussi que parfois on agite le chiffon rouge devant eux, par exemple en remettant en cause l’engagement sur le gaz de schiste.

Le PS n’est-il pas trop absent dans la campagne des municipales?

Le jugement est sévère. Je trouve qu’il n’y a pas de campagne municipale. Aucun parti n’organise de campagne nationale sur les élections municipales. La gauche, parce qu’elle ne veut pas nationaliser l’enjeu, et la droite parce qu’elle ne veut pas réveiller la gauche. Il y a donc «des» campagnes municipales. Harlem Désir laisse aux candidats le soin de mener leurs campagnes.

Quel est l’enjeu des européennes?

Les 28 partis socialistes européens ont désigné le social-démocrate Martin Schulz, le président du Parlement européen, comme candidat à la présidence de la Commission. Et pour la première fois, le Parlement européen aura son mot à dire sur le futur président de la Commission. C’est donc une élection continentale au niveau des Vingt-Huit. Je pense que les socialistes et les sociaux-démocrates peuvent l’emporter sur les conservateurs.

Le «pacte de responsabilité» est par avance critiqué à l’aile gauche du PS. Qu’en pensez-vous?

Personne, à cette étape, ne sait ce qu’il y a dans le pacte de responsabilité. À moins d’avoir des préjugés absolus, on ne pourra se prononcer sur sa nature que le jour où il nous sera présenté. Il n’est pas interdit de souhaiter qu’il soit équilibré. Les critiques a priori n’ont pas de raison d’être.