Congrès du PPE : Deux conservateurs pour un titre

par · 6 mars 2014

logo ppeLe Parti populaire européen aurait pu choisir un candidat à la présidence de la Commission en faisant confiance à la démocratie. Il a préféré laisser les chefs d’État et de gouvernement choisir à sa place.

Le PPE aurait pu proposer un projet européen qui tire les conséquences de 15 ans de domination conservatrice qui a abouti à la crise. Il a choisi Dublin, la capitale d’un pays, l’Irlande où l’impôt sur les sociétés est passé de 50 à 12 % « grâce » à Charles McCreevy, ministre des finances conservateur qui fut le prédécesseur de Barnier comme Commissaire en charge du marché intérieur.

L’Irlande c’est aussi ce pays où la forte implantation des conservateurs explique, outre la dérégulation sans frein, l’absence de lois justes en faveur de l’avortement.

Qui sont les deux ?

L’ancien Premier ministre letton Valdis Dombrovskis, limogé par le Président de Lettonie a fini par retirer sa candidature…

Le plus soutenu : l’ancien président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker qui, bien que « centre droit », devra assumer le programme de la CDU-CSU et des partisans de l’austérité. Celui qui fut pendant 19 ans premier ministre d’un paradis fiscal prétend donc diriger la Commission européenne. Pas le meilleur candidat pour mettre en place la taxation des transactions financières qui est au cœur du programme du PSE.

Le plus isolé : l’actuel commissaire au marché intérieur Michel Barnier qui n’est soutenu que par son parti l’UMP et… excusez du peu le Fidesz, le parti de Viktor Orbán qui sévit en Hongrie et qui, avec le soutien de l’extrême droite a mené les pires régressions démocratique dans un État-membre de l’Union européenne depuis que celle-ci existe.

Pour succéder à Barroso, la droite européenne choisira donc un candidat plus impuissant que ne l’est l’actuel président de la Commission ou encore plus éloigné des préoccupations sociales, économiques et démocratiques des citoyens européens.