Les méfaits de « l’effet affaire »

par · 8 mars 2014

sarkoSerge Dassault, Jean-François  Copé,  Patrick Buisson et maintenant Gilbert Azibert.

La droite crie au complot socialiste, la gauche à l’affaire d’Etat et les citoyens médusés, comptent les points pendant que le Front National se frotte les mains !

Les affaires ce ne sont pas les socialistes qui les créent. Souvent elles proviennent de l’intérieur même de l’UMP. Ce ne sont pas les socialistes qui ont transmis  au Point les données de la trésorerie de l’UMP. Ce ne sont pas les socialistes qui ont délivré au Canard Enchaîné et au site Atlantico – plutôt à droite – le contenu des écoutes Buisson. Ce ne sont pas les socialistes qui fréquentaient Ziad Tiakédine.

Les affaires sont tout à la fois le produit de règlements de compte, dans une droite qui ne veut pas de Nicolas Sarkozy et de la démarche indépendante de la justice sous le pouvoir socialiste. Pour un peu on reprocherait aux socialistes de ne pas agir, comme les cassettes de Buisson le révèlent, à propos de Claude Guéant qui intervenait sur le Parquet.

Les socialistes auraient dû, au nom d’une solidarité des politiques, agir pour stopper l’action des juges. Curieuse conception de la justice venant d’une droite qui ne se demande pas pourquoi Nicolas Sarkozy a un téléphone avec un nom d’emprunt pour discuter avec son avocat. Bon cela n’est pas l’essentiel.

Je comprends que les socialistes parlent d’une affaire d’Etat. C’est plutôt une affaire dans l’État. Le rôle des socialistes est de s’en offusquer. Très bien ! Mais la sur-réaction  médiatique est en train de masquer un  » printemps  » gouvernemental. Et précisément à 15 jours des élections municipales les bonnes nouvelles sont chassées par les mauvaises.

Les chiffres de l’Insee sur le chômage qui sont encourageants, et démontrent que lentement et sûrement, on avance ! Le Pacte de responsabilité démontre que la démarche contractuelle et de compromis du gouvernement produit des accords pour la compétitivité, avec des contreparties du patronat. On peut les juger insignifiantes ou insuffisantes. Mais ce pacte est une convergence réformiste qui n’est pas sans intérêt.

Il me semblerait pas inutile de démontrer ou simplement montrer que depuis quatre jours, Paris est le lieu – autour du Président de la République – où l’on traite tout à la fois de l’Ukraine et du Liban. Et ce n’est pas parce que Paris, ensoleillée en ce mois de mars, est la plus belle ville du monde.

Bref, se recentrer sur nos bonnes nouvelles plutôt que sur les mauvaises me semblerait pas idiot. Quand on sait maintenant, sondage après sondage, que notre électorat est tenté par la bouderie.