Poutine fort du précédent syrien

par · 16 mars 2014

Vladimir PoutineVladimir Poutine qui a été joué en Libye, joue aujourd’hui en Ukraine.

Les puissances occidentales en particulier Obama-Cameron-Sarkozy avaient obtenu le soutien de la Russie et de la Chine lors de l’offensive de Kadhafi sur Bengazi. De là, la France et l’Angleterre ont débouché sur la chute du régime et l’assassinat du tyran, son arsenal fut pillé par les al-qaida que l’on retrouvera au Mali, ainsi que dans tout le Sahel.

Lors du Printemps syrien fort de ce précédent, les russes prirent fait et cause pour le dictateur Bachar-al-Assad. Les hésitations du monde occidental, et surtout la décision stratégique des Etats-Unis de se tourner vers l’Asie, se pensant moins dépendant du pétrole du Moyen-Orient, ainsi que les négociations secrètes avec l’Iran ont conduit au refus de bombarder le régime syrien. Vladimir Poutine a reçu le message cinq sur cinq.

A part la France qui veut jouer un rôle en méditerranée, ni l’Allemagne dépendante de la Russie en matière de gaz, ni l’Angleterre pour des raisons boursières, ni les pays d’Europe centrale pour les deux raisons, ni donc les Etats-Unis pour ce que nous venons d’écrire n’iront au-delà de sanctions symboliques. La route est donc ouverte pour Vladimir Poutine.

D’abord la main mise sur la Crimée, ensuite l’agitation dans l’est de l’Ukraine pour enfin peser sur l’élection présidentielle ukrainienne. Poutine prend acte du changement stratégique américain et de la division européenne. Il veut reconstituer une confédération autour de la Russie, faire du rouble une des monnaies équivalente du Dollar, de l’Euro, et du Yuan.

Dans la partie qui s’ouvre avec la Chine, pas sûr que les États-Unis soient contre. Quant à l’Europe, si Madame Merkel a souvent Poutine au téléphone, elle n’en obtient rien. Poutine fort du précédent syrien, sait qu’il ne risque rien. Encore que l’humiliation et la séquestration des populations tatars musulmans est lourde de menaces. Il ne peut se permettre une guerre civile à ses portes. Il ne ruinera pas son retour de puissance. Il va maintenant négocier en position de force.

L’Europe devra être claire sur les objectifs. Ce qui passe par une vision stratégique du nouveau monde et de l’urgence, l’Ukraine ou la Syrie et demain le Liban. Ceci au moment où la guerre chaude fait rage entre l’Arabie Saoudite, le Qatar et les chiites.