Les leçons d’un monde apolaire

par · 20 mars 2014

Vladimir PoutineAvec l’annexion de la Crimée par Vladimir Poutine nous vivons un anti Yalta.

Un monde apolaire où la puissance est relative, et l’enjeu est l’Asie et non plus le vieux monde de l’Atlantique à l’Oural, de la Norvège à la péninsule arabique.

Poutine instruit par les hésitations et le renoncement du monde occidental en Syrie, a décidé sans crainte d’annexer la Crimée.

Voilà le nouveau monde, les Etats-Unis ne seront plus les mercenaires du monde occidental. L’Europe va devoir agir sous son drapeau. La Russie est de retour en Europe mais aussi au Moyen-Orient. Région du désengagement américain après une paix armée avec l’Iran.

Ce soir Madame Ashton annonce l’évolution dans le dossier du nucléaire iranien. Dans le même temps les négociations entre Israéliens et Palestiniens avancent, même à pas de tortue. L’Arabie Saoudite est au plus mal avec les monarchies du golf, et la Syrie voit la Russie de retour, pendant que le régime Bachar-Al-Assad se stabilise militairement par le Hezbollah pro iranien.

Bref, les Etats-Unis tournant le dos aux années Bush, ne souhaitent pas être en première ligne. Mieux, le retour de la Russie n’est pas un revers pour les USA, mais un élément stratégique non négligeable de substitution.

Les russes sont eux-mêmes confrontés d’un coté à un islamisme terroriste, et de l’autre (puissance asiatique) à la concurrence de la Chine. Pour l’instant cette dernière ménage la Russie qui lui rend bien. Mais demain ? Les USA ne souhaitent pas un front entre ces deux-là. D’où une colère contenue face à Vladimir Poutine.

Pendant ce temps l’Europe se transforme petit à petit en grande Suisse. Seuls les clapotis d’un débat dépassé entre américanophobes et russophiles viennent perturber. C’est d’un « ni-ni » dont nous avons besoin, jouant clairement la carte de l’euro-méditerranée. Indiquant à la Russie qu’un pas de plus en Ukraine et nous bloquons le passage de la Mer noire à la Méditerranée. Mais pour cela il faudrait arrêter de tergiverser en Turquie, s’entendre en Syrie, faire la paix avec l’Iran, pousser la paix au Moyen-Orient et définir plus clairement son partenariat oriental.

Dans le monde apolaire, le monde appartient aux idées claires et à la volonté sans faille. Ne serait-ce pas la leçon de l’épisode Poutinien ?

 

Les commentaires1 Commentaire

  1. poilàgratter dit :

    L’Ukraine est à la fois proche culturellement et économiquement de la Russie et de l’Europe.
    Est-ce que l’Europe doit reprendre à son compte les fantasmes des néo-conservateurs américains ou au contraire veiller à développer ses échanges commerciaux avec ses voisins, pacifiquement ?