Le tripartisme est en marche

par · 25 mars 2014

H Désir M Le Pen JF CopéLes élections partielles après l’élection présidentielle nous avait donné une indication. Le vote frontiste avait muté d’un vote protestataire voire « tribunitien » à un vote d’adhésion à la xénophobie, à la préférence nationale.

La campagne de Nicolas Sarkozy adoubant le triptyque frontiste Identité-Insécurité-Immigration a ouvert le chemin à la banalisation du Front National. Marine Le Pen en substituant l’islamophobie au racisme anti arabes entre autres.

La séquence qui s’ouvre avec les élections partielles, les municipales, demain les européennes, c’est l’installation d’un FN acteur à chaque scrutin, quelqu’en soit la forme. Et donc c’est bien une forme de tripartisme dont l’un des partis est d’extrême-droite qui s’impose.

Ce n’est pas un phénomène franco-français, Geert Wilders en Hollande vient de s’imposer clairement dans le jeu municipal. La gauche a perdu Amsterdam et Rotterdam. Et c’est le même phénomène au Danemark.

Ce qui veut dire que le Parti Socialiste va devoir lutter sur deux fronts avec la droite contre le libéralisme et la défense de l’Etat social modernisé et avec le Front National en refusant la tentation xénophobe comme réponse à la crise.

La crise qui dure, la crise qui déchire le contrat social, la crise qui est le mode de fonctionnement du capitalisme, jette dans la pauvreté, la relégation et le désarroi de pans entiers de la société qui répondent soit par la fracture civique, soit par le vote xénophobe.

Il y a donc une faille sur laquelle le Front National s’est posé. Et cela ne va pas s’arrêter en France. Car demain aux élections européennes ou aux élections régionales, le Front National aura une offre sur tout le territoire. Et l’UMP qui a profité que le FN ne présente que 550 listes car dans les autres villes l’électorat frontiste s’est en partie porté sur l’UMP. L’UMP va être confrontée à une concurrence globale. On voit bien que nous sommes entrés dans une nouvelle donne tripolaire. Et à la fin il n’en restera que deux à la prochaine élection présidentielle.

En attendant le pays s’affaisse dans ses réflexes, ses références et ses valeurs. Le Front National en dynamique contamine tous les discours par proximité ou imitation. La lepénisation d’une partie des esprits est en marche, et ceci pour le plus grand bien du marché.

Ceux qui veulent faire du gauche/Front National le centre de la vie publique ont tort. Ceux qui veulent oublier le Front National au nom du clivage central UMP/PS sont en retard d’un combat. Nous sommes entrés dans un autre monde.