Perte de repères

par · 25 mars 2014

boussoleUne poignée de militants préfère le déshonneur de faire passer le faux nez du Front national à Béziers au prétexte qu’il n’aurait pas accès aux délibérations municipales. Et si on a bien compris parce-que l’UMP du coin ne s’était pas désisté aux élections cantonales face au Front national. Et puis Robert Ménard est un vieux pote ! Alors il vaut mieux un labélisé FN qu’un UMP.

L’invraisemblable c’est que le PS qui applique le barrage frontiste est critiqué parce qu’un déserteur se rebiffe. Et l’UMP qui refuse de faire barrage est loué pour sa fermeté dans le « ni-ni ». Et pourtant, dans plusieurs villes dont Villeneuve-Saint-Georges la fusion FN/UMP est là.

La perte de repère est totale. Le Front national arrachera un maigre butin municipal au regard des milliers de municipalités gagnées par le PS et l’UMP. Il n’empêche qu’il fut haut au premier tour. Et le sera au second. Il y a en France comme un renoncement. Une étrange lassitude qui le dispute au vertige jubilatoire de cette progression.

Pour les historiens qui s’étonnent de la passivité française pour Pétain, il suffit d’ausculter ces journées faites de querelles subalternes, de calculs politiciens et d’analyses à courtes vues. L’UMP croit trouver son salut stratégique en mettant un signe égal entre un parti légal certes, mais antirépublicain, et le Parti socialiste ! A force d’induire le pareil au même et d’insulter les électeurs de gauche, il y aura un jour un « Béziers national ».

En attendant, laissant jour après jour le FN s’implanter pour qu’en retour l’électorat frontiste vote pour lui, il y a un jour où aux élections régionales par exemple il le regrettera.

Quant à ceux qui pour toutes les raisons du monde ne veulent pas voir la montée du national-populisme, ils se réveilleront un peu tard comme nos amis aux Pays-Bas où un Geert Wilders dont le parti, le PVV est devenu seconde force du pays, s’écrira « vous trouvez qu’il y a trop de Marocains dans votre ville ? On va s’en occuper ! »