«Le PS a le socialisme et/ou la social-démocratie « honteux », analyse parue dans l’Opinion

par · 6 mai 2014

lopinionL’Opinion publie ce jour une analyse du sondage Ifop par Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver ici ou lire ci-dessous:

 

42% des sympathisants socialistes et 32% des sympathisants de gauche pensent que le Parti socialiste devrait se définir comme socialiste. 38% des sympathisants socialistes et 31% des sympathisants de gauche estiment quant à eux qu’il devrait être social-démocrate. Voilà qui tord le cou à la dénomination communément admise que le PS ne serait « vécu » ou se sentirait « social-libéral ». Ils ne sont que 15% de sympathisants de gauche à le penser et même les sympathisants du Front de gauche plafonnent à 16%.

Il y a donc 63% des sympathisants de gauche qui dessinent un Parti socialiste « réformiste » combinant justice sociale et bonne gestion. Et c’est cet alliage qui fait l’identité contemporaine des socialistes.

Le PS, selon les sondés de gauche n’est ni « conservateur » comme l’UMP, ni national populiste comme le FN, ni néo communiste comme le Front de gauche. Il doit être le parti de la réforme. Il est bien clair que la vision de la gauche de la réforme n’est pas l’optimisation du marché pour la rente. Mais l’alliance du progrès et de la production. La voie préconisée par Tony Blair ou Gerhard Schröder, celle d’un nouveau centre appelé social-libéral visait à sacrifier la justice au principe d’une « bonne économie ».

Le Parti socialiste français ne doit jamais délier, dénouer, la lutte contre les inégalités, les injustices, d’une économie performante et innovante.

Lorsque l’on compare le plan d’austérité en Europe à l’action de la France, la suppression des 330 000 fonctionnaires en Angleterre, les coupes salariales et sur les allocations sociales en Italie, la réduction de 11,6% du salaire minimum en Irlande, la loi pour facilité les licenciements en Espagne, ou encore la réduction de 15% des salaires de la fonction publique en Grèce, on constate avec l’investissement dans l’éducation et la création de 60 000 postes et la sécurisation de la recherche, l’innovation etc. Une autre voie. Celle de l’assainissement de nos déficits et l’investissement dans les dépenses d’avenir. Après avoir stoppé le déclin, le Président de la République veut un renouveau français. Le Parti socialiste soutient ce nouvel horizon.

Lorsqu’on entend les socialistes demander de sortir de l’Europe de droite et de la lecture hémiplégique des traités où la stabilité s’est transformée en austérité et la croissance absente, on trace concrètement une voie social-démocrate pour sauver l’Europe de l’immobilisme et des populismes.

Quant au fameux tournant social libéral sur la politique de l’offre, c’est un débat conjoncturel, technique, pour stimuler la croissance en attendant une relance européenne. Cela ne saurait donner lieu à une identité. C’est la polémique qui transforme un débat technique en identité politique. Par contre la modernisation de l’Etat, l’investissement dans l’éducation, les infrastructures, la transition écologique etc. ce sont des sources d’une identité réformiste.

Le problème du PS est qu’il n’a pas confiance en lui, ni en sa capacité à donner du sens à son action. Il a le socialisme et/ou la social-démocratie « honteuse ». Les sondés de gauche sont beaucoup plus optimistes que nous ! Il nous disent, vous avez une identité, faites la prospérer. Soyez fiers d’être socialistes !