« Jaurès nous inspire », interview au Midi Libre

par · 10 mai 2014

midi libre logoLe Midi Libre publie aujourd’hui une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver ci-dessous:

 

Vous venez à Maraussan pour le centenaire de la mort de Jean Jaurès… Que représente-t-il aujourd’hui pour le socialisme?

C’est un inspirateur. Un inspirateur pour le socialisme, et sur l’importance de l’unité.

C’est l’homme qui a su rassembler les gauches… C’est un message très actuel. Sans unité rien n’est possible.

 

Au moment où le PS va affronter un scrutin difficile pour les européennes, avec un FN qui s’envole,ce message peut-il aider les socialistes?

J’affirme que la victoire en Europe est à portée de mains. Si elle intervient elle changera le destin de la France. Je suis convaincu que les Français ont intégré dans leur raisonnement la dimension essentielle de cette élection. Si on veut que ça change en Europe, il faut que le PS Européen soit en tête en Europe et que la présidence de la Commission, dirigée par les conservateurs, change.

 

C’est pour cela que vous avez insisté pour que Martin Schulz vous remplace dans un débat sur France2 (le 22 mai), face à Jean-François Copé et Marine Le Pen ?

Tout à fait. L’UMP est aux abonnés absents parce qu’ils sont les sortants. Ils ont en 10 ans menés l’Europe à l’abime. Marine Le Pen, elle fait campagne pour sortir de l’UE. Elle conduit la France à la catastrophe. Nous avons donc la responsabilité de réorienter l’Europe. Martin Schulz est le candidat des 28 partis sociaux démocrates pour cette nouvelle Europe. C’est pour cela que j’ai souhaité que le débat garde cette dimension européenne…

 

C’est un message qui passe bien lorsque vous faites le tour des fédérations du PS ?

C’est nouveau et cela créer, une fois compris, un enthousiasme. Les Français et les Européens ont conquis le droit de peser au Parlement Européen. La parole européenne ne sera plus confisquée par des cabinets ou des chefs de gouvernement qui sont majoritairement à droite. Le message surprend encore parfois, mais il réconcilie les europhiles que sont les socialistes et les eurocritiques de l’Europe telle qu’elle est devenue. Une Europe de droite qui applique de manière hémiplégique des traités d’un autre temps. On a écrit dans les traités : stabilité et croissance. La stabilité s’est transformée en austérité et la croissance est absente. Avec les listes « Choisir notre Europe », nous voulons inventer une nouvelle forme de croissance, toute les familles socialistes se retrouvent dans ce message d’espoir.

 

N’y-a-t-il pas contradiction entre cette volonté et les actions menées par le gouvernement ?

Le gouvernement respecte les traités, mais il n’en pense pas moins. Les socialistes eux veulent et peuvent les faire évoluer vers une croissance accrue. Ce n’est pas contradictoire. Il faut respecter les engagements du pays, mais rien n’interdit – au PS – d’infléchir fortement la lecture des traités voire d’en proposer d’autres.

 

Les 50 milliards d’économie, cela entre dans ce schéma ?

C’est un assainissement nécessaire de la dette que l’UMP nous avait laissé et un investissement substantiel pour soutenir la croissance de notre industrie.  Une France en forme pèsera beaucoup plus en Europe et sa parole sera  beaucoup plus entendue. Il faut pour créer un cercle vertueux que la France ait assainit ses finances et l’Europe déclenche la relance. L’un vient au secours de l’autre.

 

Il n’y a  donc pas de solution pour la France hors de l’Europe ?

Je ne crois pas à la croissance d’un seul pays. Soit elle est européenne, soit l’austérité voulue par les droites qui la dirigent aujourd’hui achèvera de détruire l’Europe. Et dans le marasme qui s’ensuivra, il n’y aura pas de passage par la case « nation ». Nous irons tout de suite à l’affrontement communautaire.

 

C’est donc la ligne que défendent les listes PS et PRG pour cette élection ?

Evidemment. Le premier secrétaire que je suis, engagé dans une campagne européenne, souhaite que le parti de la croissance l’emporte sur celui de l’austérité. Mais c’est un engagement à 28 partis sociaux-démocrates qui font le choix commun et cohérent de la croissance et de la solidarité.

 

Vous allez vous rendre à Béziers, que pensez vous du maire, Robert Ménard ?

Il veut tout à la fois. Avoir les voix du FN et affirmer qu’il n’en est pas… Ce n’est ni honnête ni crédible. C’est un drame pour les socialistes de s’être divisés sur cette question pour un strapontin municipal.

 

Quel regard portez vous sur le choix du candidat socialiste, Jean-Michel Du Plaa qui s’est maintenu dans une triangulaire ?

C’est une attitude inacceptable du point de vue des principes, intolérable du point de vue de notre philosophie et consternante du point de vue des raisons qui l’ont inspiré.

 

Le rendez-vous des européennes, le 25 mai, c’est un moment fort ?

C’est un rendez-vous historique. Parce que pour la première fois on peut élire le président de la Commission, parce que les peuples peuvent désigner une majorité sur un programme clair, qui changera l’avenir de l’Europe et de la France.

 

Propos recueillis par Philippe Mouret