« Ne pas se tromper de colère », mon interview au Télégramme

par · 19 mai 2014

le télégrammeLe Télégramme publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ci-après: ITW JCC Télégramme 19052014 ou lire ci-dessous:

 

Jean-Christophe Cambadélis a remplacé, il y a un mois, Harlem Désir à direction du Parti socialiste. Au poste de premier secrétaire qu’il guignait depuis longtemps, il s’est imposé avec autorité. Sa tâche n’est pourtant pas facile. Après des municipales perdues, il doit redresser un PS qui a tout à redouter de l’élection européenne.

 

Après le tremblement de terre des élections municipales, craignez-vous une réplique à l’occasion de l’élection européenne ?

 Je pense que les Français ne se tromperont pas de colère. Ce n’est pas Paris et la France qui sont en jeu, mais Bruxelles, et, à Bruxelles, c’est l’UMP qui est majoritaire, et nous qui sommes dans l’opposition.

 

Dans vos rangs, tous les socialistes sont-ils sur la même conception de l’Europe ?

 Cela a été un problème . Sur cette question, nous avons connu de longues et grandes divisions. Elles remontent à la fondation de la construction européenne. La gauche a toujours été divisée sur ce sujet. Mais ceci s’est estompé pour deux raisons. D’abord avec la pratique du pouvoir. Ensuite parce que le texte adopté par les socialistes européens est très proche de la « position française » comme on dit à Bruxelles.

 

Dans cette campagne on parle peu du traité transatlantique de libre échange avec les Etats-Unis. N’est-il pas urgent de prendre position sur cette question ?

 Il y aura une prise de position claire qui sera confirmée par toutes nos têtes de liste. Elle tourne autour d’une idée simple, celle du juste échange.

 

Les socialistes ne souffrent-ils pas du manque de notoriété de vos têtes de listes ?

 C’est effectivement un problème. Mais il fallait choisir. Soit nous ne représentions pas ceux qui travaillent à Bruxelles et à Strasbourg, et qui l’ont fait avec une très grande efficacité. Soit nous présentions des personnalités connues des Français, mais qui n’auraient pas le temps de siéger. Nous avons donc privilégier l’efficacité à Bruxelles et à Strasbourg.

 

Le décret Montebourg, destiné à barrer la route de General Electric dans son projet de reprise d’une partie des activités Alstom est-il pertinent ?

 Tout à fait. Tous les grands pays protègent leurs intérêts stratégiques. IL aurait été anormal que la France ne le fasse pas.

 

Ségolène Royal parle des « boules puantes » qui lui seraient adressées. Est-ce le retour des couacs qui ont affecté si longtemps le gouvernement et votre majorité ?

 Je ne le pense pas. D’ailleurs elle est rapidement revenue sur les propos qui lui ont été prêtés par un hebdomadaire. Je crois que les ministres doivent parler dans leur domaine de compétence. Ils doivent mesurer leurs propos, parce que ceux-ci sont immédiatement instrumentalisés.

 

Propos recueillis par Philippe Reinhard

Les commentaires1 Commentaire

  1. topaz dit :

    Espérons que, malgré les déçus par la gauche et par la droite, les sondages se trompent.
    Le projet de loi sur la définition du statut de beaux-parents est une très bonne initiative, qui concerne tant d’adultes et tant d’enfants, et qui surtout, et c’est le plus important, sécuriserait l’enfance et l’adolescence de tous les enfants de France. C’est une avancée sociétale nécessaire et évidente qui « devrait » obtenir un large consensus sans polémique