« La mort du PS est une hypothèse », interview dans Marianne

par · 1 août 2014

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Marianne publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver ci-dessous ou en cliquant sur le lien ci-après: Itw Jean-Christophe Cambadélis – Marianne 01082014

 

Marianne : Marine Le Pen en tête, le PS éliminé, distancé… On constate une démobilisation générale de l’électorat de gauche. Que vous inspire ce sondage ?

Jean-Christophe Cambadélis : Il flotte sur la gauche un parfum de juin 1940. Tout le monde fait sa petite soupe dans son petit coin. La catastrophe est annoncée. La gauche est devant ses responsabilités. Va-t-elle la conjurer ? Car qui peut croire que la gauche se mobilisera au second tour pour voter Nicolas Sarkozy ? Votre sondage annonce un désastre aux Français.

 

Dès les municipales, vous aviez déclaré que, pour vous, il était nécessaire de « rassembler la gauche ». Mais comment rassembler et, surtout, sur quelle base politique ?

D’abord il faut sérier les problèmes. La combinaison de la xénophobie et la sortie de l’Europe est un mélange détonant. A la base, les Français ne veulent pas du tout du FN et de ses idées, mais la sortie de l’Europe peut-être. Cette dernière a une immense responsabilité. La France a fait des efforts, l’Europe ne veut pas en faire. Pas de croissance, pas de relance, pas de projet. Quant à la gauche, elle doit être unie, et efficacement de gauche. Nous devons marcher côte à côte puisque nous avons des désaccords, mais, au moment des échéances électorales, il faut frapper ensemble ou disparaître.

 

Justement, François Hollande avait promis en 2012 qu’il fallait « réorienter l’Europe ». Mais deux ans après, le bilan est mince…

Le combat a été engagé mais, faute de partenaires, il n’a pu être amplifié. Aujourd’hui, tous les pays sont d’accord, tous les pays constatent la récession, tous les pays constatent la montée de la xénophobie. Lors du sommet des sociaux-démocrates à l’Elysée, tout le monde s’est prononcé pour la relance, y compris le ministre de l’Economie allemand, Sigmar Gabriel. Alors, la question est posée : Mme Merkel va-t-elle être une femme d’Etat en prenant en compte la situation européenne, ou sera-t-elle la femme qui précipita l’Europe dans la récession et les convulsions ?

 

Manuel Valls déclarait en juin que « la gauche (pouvait) mourir ». Mais n’est-ce pas le PS qui peut mourir ?

C’est une hypothèse qu’il faut envisager sérieusement. Si le PS ne se rénove pas en profondeur, continue à se diviser et à avoir une forme d’organisation obsolète, et s’il n’est pas capable de participer à l’unité de l’ensemble des forces de gauche et écologistes, on se retrouvera dans une situation qui ressemblera très fortement à la SFIO finissante. Et, moi, je ne veux pas laisser faire ça.

 

 

Propos recueillis par M.E.