Lettre aux militants

par · 29 novembre 2014

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Vendredi 28 novembre 2014

 

 

Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades,

 

Le mercredi 3 décembre prochain vous êtes appelés à voter pour vos conseillers départementaux mais également à adopter la Charte de l’identité socialiste. Ce texte essentiel définit notre nouveau programme fondamental et mérite que je prenne la plume pour en rappeler l’essence et le sens.

 

Notre Charte a été adoptée sans « contre » lors du Bureau National du 18 novembre, avec 24 « pour » et 9 abstentions. Nos États Généraux auront été un grand moment de participation et d’unité. De fait, un double succès collectif.

 

Je tiens d’ailleurs ici à remercier chaleureusement les experts, chercheurs et acteurs de la société civile qui ont répondu à notre invitation et enrichi nos débats. Au chapitre des remerciements, je tiens particulièrement à saluer le travail remarquable de Guillaume Bachelay, Henri Weber et Alain Bergounioux et de l’ensemble du comité de pilotage qui ont rendu possible cette séquence démocratique exceptionnelle. Un grand merci, enfin, aux permanents – nationaux et fédéraux – aux élus qui, pendant 100 jours, ont fait vivre ces États généraux et permis l’organisation de 1 500 évènements.

Il y eut deux types de contribution dans les 5.600 textes publiés.

Celles qui prenaient à bras le corps la définition d’une nouvelle « social-démocratie » fidèle à l’histoire du socialisme mais en prise avec les bouleversements du monde, du modèle de production ou de l’offensive réactionnaire contre la République. Et puis celles qui voulaient répondre au moment que nous traversons.

Nous n’avons pas voulu écarter les unes ou les autres. La Charte correspond à la redéfinition de notre nouvelle carte d’identité. Mais nous publierons par ailleurs un cahier de 1.500 propositions issues des Etats généraux. C’est le deuxième pilier.

Les textes sont clairs. Les socialistes veulent la réussite de la France. Ils souhaitent, non pas défaire le quinquennat, mais peser sur la fin de celui-ci. Ils balayent les fausses querelles. Personne ne veut remettre en cause la réduction des déficits, il y va de l’avenir du pays. Personne ne discute la désindustrialisation. Personne ne se détourne de la nécessaire compétitivité. Il faut produire avant de distribuer.

Mais les socialistes insistent sur le dosage entre réduction des déficits et croissance. La question de l’équilibre entre l’offre et la demande est posée. Le fléchage des aides aux entreprises, le soutien aux PME et aux entreprises exportatrices, la demande d’investissement dans la recherche forment l’ébauche d’une lecture de la fin du quinquennat.

L’interpellation du MEDEF, jamais content, toujours exigeant mais qui se dérobe à l’emploi et l’économie productive. L’Europe qui doit changer totalement de paradigme. Et je ne serais pas complet si je ne citais pas l’investissement dans les collectivités locales et la réforme fiscale.

Voilà ce que disent, entre autres choses, ces 1.500 propositions socialistes. Elles doivent être écoutées et entendues.

Dans le même temps, fruit de ce processus collectif inédit, la Charte qui est la vôtre, va nous permettre d’aborder les prochaines années avec confiance, fiers de nos valeurs réaffirmées et forts d’un nouveau modèle de croissance.

Nous revendiquerons à partir de maintenant un éco-socialisme qui place l’avenir de la planète et le développement durable au niveau de la question sociale et républicaine. Cette nouvelle approche était indispensable pour défendre le progrès humain dans ce monde nouveau et en péril. Ce combat pour la domestication écologique et sociale de l’économie de marché est un des marqueurs de la Charte. Ce défi écologique appelle un nouveau modèle de production et de société plus décent, plus durable, plus circulaire, qui allie protection sociale et protection écologique, progrès social et progrès écologique.

Notre texte définit tout à la fois notre projet de société et constitue un guide pour l’action à un moment où nous voulons retrouver le chemin de la croissance, atone en Europe et faible en France.

La Charte préconise une nouvelle croissance productive, qualitative, coopérative. Nous réaffirmons, comme de nombreuses contributions l’ont demandées, les droits des salariés et un droit au travail qui protège.

Notre Charte porte en elle une nouvelle social-démocratie : une autre vision du progrès,  la mondialisation plus humaine, l’égalité réelle, l’alter-Europe, l’éducation à tous les âges de la vie, la modernisation de l’État protecteur sans la dérégulation, la société du bien vivre, la démocratie accomplie, la République toujours recommencée.

Notre texte réaffirme la nécessité de moderniser sans déstructurer, de s’adapter pour rendre à nouveau nos principes efficaces et réduire nos déficits, car c’est un enjeu de souveraineté.

Notre Charte nous réarme aussi face à la menace de la nouvelle hégémonie culturelle du « bloc réactionnaire ». A ce titre, ne négligeons pas le temps politique présent. Nous adopterons notre Charte dans un moment politique qui n’est pas neutre. A quelques jours d’intervalle, l’UMP aura tenu son congrès extraordinaire et étalera avec tambours et sifflets ses divisions qui perdureront, mais aussi un projet thatchérien. Dans la même séquence, le Front National tiendra lui aussi congrès, déversera sa haine, règlera ses affaires de famille en public, et affirmera son souverainisme xénophobe.

Au moment où nos adversaires donnent une image brouillonne et bruyante de division, envoyons, nous Socialistes, un signal clair d’unité.

Au moment où nos adversaires livrent leur vision toujours plus rétrograde et réactionnaire, envoyons, nous, Socialistes, un message de progrès et donc d’espoir.

Alors, chers camarades, le 3 décembre prochain n’hésitez pas à mobiliser autour de vous et venez voter !

Votre participation dira également beaucoup sur notre identité, sur notre immense attachement au progrès, ce projet continu. Merci encore de votre participation depuis le lancement de ces États généraux.

Merci en somme, de rappeler par votre engagement la valeur de nos valeurs.

 

Amitiés socialistes,

 

Jean-Christophe Cambadélis

Premier Secrétaire du Parti socialiste