Discours de clôture lors du grand rassemblement des Etats généraux, samedi 6 décembre 2014

par · 6 décembre 2014

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Discours du Premier Secrétaire du Parti Socialiste

Jean-Christophe Cambadélis

Clôture des États Généraux

Paris, samedi 6 décembre 2014

 

 

Seul le prononcé fait foi,

 

 

Cher-e-s camarades, mes cher-e-s ami-e-s,

 

Une journée importante touche à sa fin. Mais, plus qu’une journée, ce sont des semaines, des mois de travail considérable qui s’achèvent. La première phase de la remise en forme du Parti Socialiste se termine. Nous aurons la semaine prochaine la modernisation organisationnelle du PS. Nous aurons ensuite, fin janvier, le grand rassemblement des secrétaires de section qui traitera de la fracture territoriale et ébauchera notre programme pour les départementales et les régionales qui seront, avec notre Congrès, les grands rendez-vous de 2015.
C’est un processus inédit qui arrive à son terme : ouvert, militant, démocratique, riche, fondamental. C’est un succès qui vient couronner un moment de réflexion collective sans commune mesure dans notre histoire. Un moment d’unité dont nous devons être fiers et dont on voudra sous-estimer l’importance, mais qui fera date parce que ce texte est novateur, cohérent et rassembleur. Il fait sens et porte les nouvelles couleurs du PS.

Alors, mes chers amis, je le redis, mais je ne le redirais jamais assez: Merci.

Merci à toutes celles et tous ceux qui se sont engagés dans ces États Généraux. Merci à tous les militants qui ont donné leur temps et ont pris la plume pour exposer leur point de vue et, disons-le, s’exposer un peu au regard de leurs camarades, ce qui n’est jamais facile. Ils ne sont pas tous présents physiquement aujourd’hui mais ils sont là, représentés par leurs idées et par leurs propositions qui sont rassemblées dans notre Charte. Merci aussi à celles et ceux qui ont rendu ces trois mois et ces 5 600 contributions possibles : Guillaume Bachelay, Henri Weber, Alain Bergounioux et l’ensemble du comité de pilotage. Merci à toutes les sensibilités du PS qui ont joué le jeu malgré un environnement propice à la dispersion. Merci aux experts et aux acteurs de la société qui ont partagé leurs visions et leurs expériences. Merci aux permanents nationaux et fédéraux, sans qui les 1 500 évènements des États Généraux n’auraient pas pu avoir lieu, y compris ce bel événement de clôture ici à Paris, dans le 19e arrondissement, dont je salue très chaleureusement le maire François Dagnaud. Merci à Johanna Rolland, Maire de Nantes, qui illustre le renouvellement du PS. Merci aussi aux intervenants d’aujourd’hui pour leur éclairage et leur témoignage. Je salue également Thomas Mulcair, le Président du Nouveau Parti démocrate, chef de l’opposition au Canada et, nous l’espérons, le prochain premier ministre du Canada. Je tiens enfin à saluer les ministres qui sont venus se ressourcer avec nous.

Quelle formation politique est capable de conduire un tel débat ? Quelle formation politique a cette maturité démocratique pour débattre et se rassembler ? Cette démocratie citoyenne, inclusive est une autre innovation après les primaires. Vous verrez, nous serons imités !

 

Mes chers camarades, mes chers amis,

Pendant des mois, loin du tumulte, nous nous sommes concentrés sur l’essentiel: sur nos valeurs, ces véritables raisons d’être socialiste. Les valeurs ce ne sont pas que des « mots -valises » comme j’ai pu le lire ici ou là. Nous voulons le retour aux valeurs, aux principes qui guident l’action. Les valeurs, c’est l’essence de notre engagement et le sens de notre action. Les valeurs sont aussi le moteur de notre combat contre l’idéologie du bloc réactionnaire qui se renforce chaque jour un peu plus. A force de délaisser le combat pour les valeurs. A force de technocratiser la politique. A force de substituer aux débats d’idées ou de projets le seul débat économique, on laisse un vide et celui-ci est investi par d’autres. En moins de 10 ans, ce qui se vendait dans des boutiques obscures sous le manteau, a aujourd’hui pignon sur les rues médiatiques. La haine de la gauche, la détestation de l’égalité, la hantise du métissage, la théorie du grand remplacement, la stigmatisation des libertés individuelles, le dédain pour la fraternité, ou encore le souverainisme xénophobe.

Vous le savez, c’est avant tout pour cela que j’ai proposé ces États Généraux : pour sonner le branle-bas de combat général, le retour de notre projet de société comme identité. Nos valeurs, à commencer par notre passion pour l’égalité, sont battues en brèche face au principe d’identité. La catastrophe que certains pointent, elle a déjà eu lieu, dans les esprits. Elle porte un nom : la zemmourisation. Le suicide Français est le nouveau bréviaire des réactionnaires. Une plume trempée dans le déclinisme y redessine une France aigrie et rabougrie, une France en régression. Oui le bloc réactionnaire a trouvé son concept-clé : le mythe du « grand remplacement ». Or, en politique, une idée fausse est un fait vrai. S’il devient dominant et s’il s’empare des citoyens, il devient une force matérielle. Et au bout il y a une sorte de « grande séparation » qui, elle, serait bien réelle. Séparation de ceux qui pensent, qui mangent et qui croient différemment. Séparation qui viderait la République de toute substance et la France de tout avenir. Oui, la guerre culturelle pourrait déboucher un jour sur une guerre civile. Et ce ne sont pas les enragés du Djihad qui nous aideront à pacifier les débats. Ne comptons pas non plus sur l’oligarchie financière qui se satisfait très bien d’un peuple dépolitisé, sans volonté. Une oligarchie qui n’aurait aucun mal à s’accommoder d’un gouvernement de grande séparation.

 

Mes chers camarades, mes chers amis,

L’heure du réveil a sonné, le réarmement idéologique s’impose. Pour affronter deux ennemies : l’hégémonie réactionnaire mais également la thatchérisation de la droite. Ne sous-estimons pas la portée de la nouvelle période politique qui s’ouvre. Nous en avons eu un aperçu précis tout au long de la journée : il va falloir se battre sur tous les fronts pour être fidèles à nos valeurs. Mais, d’un autre côté, ces mêmes valeurs sont notre meilleure arme pour affronter ces temps nouveaux aux vents parfois si mauvais. La Charte que nous venons d’adopter est le socle de notre reconstruction, le premier moment de notre redéploiement. Il fallait commencer par elle et redéfinir nos valeurs fondamentales pour pouvoir mener ce combat vital.

Les valeurs. Visiblement, cela inspire peu les commentateurs. Il faut dire que nous avons été odieux avec eux: nous ne nous sommes pas écharpés. Imaginez : pas de vote contre au Bureau national. Pas de batailles rangées. Pas de foules enragées. Même pas de sifflets…

Non, décidément, avec les États Généraux, nous n’avons pas été de « bons clients ». Nous avons réfléchis, échangés, ensemble dans un moment d’unité. Ce n’est pas un hasard. Les valeurs font l’unité, les valeurs sont l’unité. La plus importante, celle que l’on recherche sans cesse entre le réel et l’idéal, qu’il ne faut jamais séparer et qu’il faut perpétuellement tenter de joindre, oui, d’unifier. Ainsi, tout naturellement, il y a eu deux types de contributions pendant ces États Généraux: celles qui mettaient l’accent sur la réactualisation de nos valeurs et celles qui se concentraient sur le moment politique que nous traversons. C’est normal, les Socialistes ne vivent pas dans l’éther et sont peu à l’aise dans le formol. S’ils ont des valeurs, c’est pour orienter le réel mais pour que ces valeurs gardent leur force, il faut les frotter au réel. Cette dialectique s’est naturellement retrouvée dans nos contributions.

Au-delà de ce distinguo, toutes les contributions ont rappelé une chose fondamentale concernant les Socialistes: les Socialistes aiment le débat. Cette forte envie de débattre doit être entendue. Aussi, nous avons décidé de publier 1 500 propositions issues de nos travaux pour continuer la discussion. Ces propositions que nous disent-elles ? Une exigence : pas de fausses querelles. Aucun socialiste ne défend la fuite des déficits ou la chute du Gouvernement. Tous les Socialistes défendent une Gauche de Gauche, réformiste mais pas contorsionniste. Cette orientation se ressent dans chacune de ces 1 500 propositions : sur la demande d’une vraie réforme fiscale, sur le financement des collectivités territoriales ou sur le ciblage des aides aux entreprises qui en ont le plus besoin. Ce sont les idées que les Socialistes veulent défendre. Ce sont donc les idées que je porterai. Je les porterai car je veux que la voix du Parti socialiste porte. Je les porterai car elles sont le fruit d’un processus militant et d’un débat constructif. Notez donc que lorsque les Socialistes débattent de manière sereine et responsable, ils deviennent audibles. C’est une question de dosage. Il ne sert à rien de dire amen à tout ou de dire non à tout. C’est ainsi : le Parti socialiste n’est pas la résultante de pressions conjointes entre du suivisme et du sinistrisme.

Alors, oui, vive le débat ! Le débat, j’en suis convaincu, c’est le socle de l’unité. En discutant, en échangeant dans le respect et dans la durée, les Socialistes construisent leur unité, ce talisman. Oh ! Non ! Croyez-moi, ce n’est pas un vain mot. Et ce n’est d’ailleurs pas la moindre des contributions de ces États Généraux d’avoir permis de nous rassembler pendant ces derniers mois. Car, au fond, l’unité est la valeur qui rend toutes les autres valeurs possibles. Sans unité, pas d’action, pas de transformation. L’unité des Socialistes permet de peser sur la fin de ce quinquennat, sur les contours du prochain. Ce que disent les militants, c’est qu’après le temps de l’assainissement, du redressement, le temps est venu de déclarer la guerre aux inégalités et d’agir écologiquement. Nous voulons souligner ce que nous avons réussi, corriger ce qui n’a pas fonctionné.

 

Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades, la période nouvelle qui s’ouvre renforce encore un peu plus l’importance et l’urgence de l’unité de la Gauche. Le tripartisme n’est plus seulement un élément de contexte, c’est une contrainte forte. Sans unité, la défaite de la Gauche est garantie. Dans l’unité, la victoire redevient possible. La Gauche si elle se divise, elle dévisse. 31%. La Gauche dans son ensemble se trouve dans un moment de recul idéologique et électoral considérable. Les formations se délitent, les syndicats sont à la peine, le mouvement social est à la traîne. Ce qui me fait dire qu’un effondrement du PS ne serait pas un moment de recomposition de la gauche mais de sa décomposition et de sa marginalisation.

Avec ces États Généraux, nous avons aussi voulu travailler au rassemblement essentiel de la Gauche. Les valeurs que nous mettons en avant dans notre Charte sont aussi un territoire commun avec nos partenaires. Proposer une société de progrès pour l’opposer à une société de marché, humaniser la mondialisation et résister à l’oligarchie et bien sûr répondre au péril écologique : Oui, tout cela est aussi une contribution au rassemblement de la Gauche. Et cela ne relève pas de la cosmétique. Cette Charte est le texte solennel dans lequel nous revendiquerons, à partir d’aujourd’hui, un éco-socialisme qui place l’avenir de la planète et le développement durable au niveau de la question sociale et républicaine. Cette nouvelle approche était indispensable pour défendre le progrès humain dans ce monde nouveau et en péril. Ce combat pour la domestication écologique et sociale de l’économie de marché est un le marqueur central de notre Charte.

Celui qui n’accepte pas la rupture avec le désordre écologique, avec les ravages de la société capitaliste sur la nature, celui-là je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste.

L’enjeu est colossal, car il faut tout revoir: notre modèle de société doit être repensé et avec lui nos modèles de production, de transport, de développement. De « maîtres et possesseurs » de la nature nous devons devenir « des soldats de la préservation de la planète » comme le dit le président François Hollande. Souvenez-vous, la maison brûlait et nous regardions ailleurs. Aujourd’hui, tous regardent la maison mais la maison brûle toujours. Les Socialistes emboîteront désormais la question sociale et la question écologique. Tout d’abord parce que la cause est la même : un système capitaliste financiarisé qui place le profit au-dessus de tout et serait prêt à vendre terre et mer pour quelques actions supplémentaires. Ensuite, parce que la solution est la même : le progrès humain comme but et le volontarisme politique comme méthode. Nous voulons un monde plus équilibré, plus humain et une société plus décente, plus durable, plus circulaire, qui allie protection sociale et protection écologique.

Oui, mes chers amis, ce programme fondamental est des plus exigeants, car les enjeux sont vitaux. Pourtant, il semble en faire sourire certains, qui s’amusent à définir notre Charte comme l’expression d’un socialisme des « bons sentiments ». C’est très condescendant de dire cela, symptomatique surtout de la pensée cynique, cette nouvelle pensée unique. Ce jugement provient de commentateurs qui épargnent d’ailleurs de plus en plus souvent les sombres sentiments portés par le bloc réactionnaire. Le Parti socialiste, parti des bons sentiments ? Mais, quoi, défendre le progrès humain ce serait benêt ? Affronter de face le péril écologique ce serait être naïf ? Combattre les inégalités sociales, scolaires, les inégalités salariales femmes/hommes, les inégalités territoriales ce serait ingénu ? Se battre pour le vivre ensemble et se dresser contre la xénophobie ce serait  candide ? Si défendre tout cela c’est incarner les « bons sentiments », alors, oui, nous Socialistes, nous sommes fiers de porter ces sentiments. Qui sont bons, qui sont beaux, qui sont forts, qui rendent fiers ! Oui, nous sommes fiers d’être Socialistes !

Nous sommes fiers aussi d’avoir inscrit dans notre Charte l’exigence d’une mondialisation humaine. Nous sommes fiers de vouloir nous battre pour une alter-Europe, une Europe qui reconnaît le danger de la déflation et permet de reprendre le chemin de la croissance, autrement et durablement. Nous sommes fiers, aussi, de défendre les droits des salariés et un droit au travail qui protège. Oui, nous pouvons être fiers de notre Charte, qui porte en elle une nouvelle social-démocratie, une autre gauche de gauche, c’est-à-dire une autre vision du progrès,  l’éducation à tous les âges de la vie, la modernisation de l’État protecteur sans la dérégulation, la société du bien vivre, la démocratie accomplie, la République toujours recommencée. A travers vos contributions, vous avez voulu que ces valeurs soient reconnues solennellement. Voilà qui est fait. Cela les renforce car cela les auréole d’une légitimité démocratique, celle des Socialistes réunis en États Généraux.

 

Mes chers camarades,

Nous aurons besoin de ces valeurs réaffirmées et renforcées pour affronter l’ennemi que dénonce notre programme fondamental : La nouvelle hégémonie culturelle du bloc réactionnaire anti républicain, même si notre adversaire est la droite thatchérienne.

Nous adoptons notre Charte dans un contexte politique très particulier où le Front national s’est enraciné et l’UMP vient de se redonner à Monsieur Sarkozy. Commençons par ce dernier. Il se voulait au-dessus des partis et le voici lesté d’un parti criblé de dettes, ciblé par les juges et en proie aux divisions. Décidément son retour ne se passe pas comme prévu. Mais cela n’empêche pas ses envolées réactionnaires. Ecoutez ce chapelet de meetings en meetings :

  • Le 15 novembre à Aulnay : abrogation du mariage pour tous
  • Le 2 octobre à Saint Julien les Villas : abrogation de la réforme territoriale. Il remet ça le 6 octobre à Villacoublay et le 19 novembre à Mulhouse.
  • Le 22 novembre à Bordeaux, après avoir fait siffler Alain Juppé, c’est l’abrogation des rythmes scolaires.
  • Le 8 octobre à Toulouse, c’est l’abrogation de la loi Alur.
  • Le 21 octobre à Nice c’est l’abrogation des accords de Schengen.
  • Le 28 octobre à Marseille, c’est l’abrogation du statut de la fonction publique.

 

Mes chers amis, à défaut de trouver un programme, l’ex-président a trouvé un surnom : «Abrogator ». Mais ne croyez pas qu’Alain Juppé est loin. Il avance masqué, il vient de résumer son programme à Dakar en estimant que la supériorité des chinois réside dans le fait qu’ils travaillent 7 jours sur 7 à la différence des Français. Et qu’il faudrait que les Français s’y mettent. Quant à Monsieur Fillon, c’est simple : Il avale tout cru la ligne du FN sur l’immigration.

 

Tous défendent un projet thatchérien d’une violence inouïe contre notre modèle social et républicain. Cette thatchérisation est l’exact opposé de notre Charte et la contredit en tous points. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai proposé un débat au nouveau dirigeant du premier parti d’opposition. Je le redis à Monsieur Sarkozy : où vous voulez, quand vous voulez. J’ai entendu la réaction de son ami de toujours, Monsieur Hortefeux, méprisant à souhait, ce Monsieur qui trouve qu’il y a trop d’Auvergnats en France. Il dit que je n’étais pas au « niveau » de Monsieur Sarkozy… Il a raison. C’est vrai. Comment le nier ? Monsieur Sarkozy n’a pas d’égal. Je ne serais jamais au niveau du Karcher, de ses déficits, du discours de Grenoble, des allusions sur l’homophobie. Oui, il excelle dans tous ces registres. Inutile de le cacher : jamais, non jamais, je n’atteindrai ce niveau. Mais, je suis tout de même prêt à débattre. Pourquoi refuse-t-il le débat ? Mais tout simplement parce qu’il ne veut pas qu’on lui rappelle à Monsieur Sarkozy, qu’on leur rappelle à Messieurs Juppé, Fillon leur bilan, car c’est leur boulet.

 

En face, nous l’avons dit, il y a un ennemi, redoutable, déjà en ordre de bataille pour 2017. Oui, en face, il y a aussi le Front National, cette petite PME familiale aux ramifications internationales. Leur championne est toute désignée : ce sera Madame le Pen. La ligne politique est toute tracée : le souverainisme xénophobe. Pas de question là-dessus non plus. Concernant le Front National, la seule interrogation finalement, c’est le financement. Tous les jours on découvre un prêt sous un ancien prêt et ainsi de suite. Un vrai système de poupées russes ce financement. Madame Le Pen hurle pour camoufler son prêt poutinien. Mais Madame Le Pen, publiez les refus des banques françaises. Publiez les refus des banques européennes. Vous mentez et vous prenez les Français pour des idiots. Vladimir Poutine vous finance parce que vous êtes un pion dans sa stratégie pour faire éclater l’Europe.

 

Au delà du souverainisme xénophobe, de la coupure de la France en deux, de la grande séparation des Français « de «souche » et des Français « de papiers », de la haine de l’autre et du mépris du peuple. Le Front national s’intègre dans une stratégie qui veut réduire l’influence de la France sur le continent européen. Le Front national est non seulement l’ennemi de la République mais aussi de l’intérêt national.

 

Mes chers camarades, chers amis,

Une belle étape s’achève. Une belle victoire d’étape. Une victoire du collectif, une étape qui est un point d’appui pour la suite. D’autres étapes se profilent en effet, je viens de l’évoquer, et ce dès la semaine prochaine, lors du Conseil National consacré à la modernisation de notre formation politique. Il s’agira de proposer une feuille de route pour un parti plus ouvert, plus connecté, plus participatif, plus efficace, plus offensif. En un mot : un parti réarmé. Fin janvier, autre étape, ce sera le débat sur le programme des élections départementales et régionales. Ces élections permettront de dire ce que notre projet de progrès signifie pour le quotidien de nos concitoyens : plus de solidarité, plus d’égalité, plus d’écologie, plus de proximité. En un mot, des territoires humains. Enfin, en juin viendra notre congrès, étape essentielle sur le chemin de notre réarmement idéologique et le renforcement continu de notre poids politique. Oui, le but mes chers camarades, c’est d’avoir un parti qui pèse dans la destinée de notre pays. Je souhaite donc que nous ayons un congrès utile au parti socialiste et utile à la France. Un congrès qui souligne les réussites, qui corrige ce qui ne fonctionne pas, qui propose un nouveau cours à la fin du quinquennat, qui déclare la guerre aux inégalités et qui mène la lutte contre la fracture écologique et numérique. Nous avons aussi besoin d’un congrès plus ouvert : il faudra que tous les militants puissent suivre les discussions et y participer au maximum.

 

Un dernier mot, mes chers amis, pour conclure. Ne sous-estimons pas la dimension historique de la période que nous traversons. La nouvelle époque est une immense épreuve qui permettra de tester notre courage, de mesurer nos forces et d’affiner notre projet. Nous n’avons pas droit à l’échec, car si nous venions à échouer nous emmènerions avec nous toute la Gauche. C’est notre différence notable avec toutes les autres forces de gauche.

Oui, la Gauche se retrouverait sans avenir. Plus grave encore : la République se retrouverait sans défenses. La menace est réelle mais le cataclysme n’est pas inévitable. C’est pour cela que nous avons organisé nos États généraux : pour nous remettre en mouvement, pour faire face et pouvoir l’emporter. Ce qui s’annonce, ce n’est pas une catastrophe, c’est un combat.

Nos idées et nos valeurs ne mèneront pas ce combat toutes seules. Alors, prenons ces contributions et ces propositions, allons les porter ! Allons convaincre ! Allons chercher le point d’ouverture du cœur de nos concitoyens. Vous verrez que nos valeurs y résonnent d’un bel écho.

Oui, le Socialisme est une idée forte qui se construit sans cesse, au fil des épreuves et au fil du temps. Une œuvre magnifique qui a besoin de vous, ses artisans ! Oui, le monde a besoin du Socialisme et le Socialisme a besoin de vous pour entrer dans le monde !

 

Vive le Socialisme! Vive la République ! Vive la France !

 

Jean-Christophe Cambadélis

Premier Secrétaire du Parti socialiste