Interview dans Ouest France: « Cambadélis minimise les poussées de fièvre au PS »

par · 27 février 2015

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Ouest France publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver ci-dessous:

 

 

Quelle est l’ambiance au PS avant les élections départementales?

Les militants sont conscients que la bataille va être rude. Il y a un risque Front national qui pose des problèmes à la République. Mais ils sont fiers de ce qu’ont fait le Président et le Premier ministre lors des événements sanglants au mois de janvier et ils ont été rassurés lors du vote dans le Doubs.

Le gouvernement a-t-il sa part de responsabilité dans la montée du FN?

Le FN surfe sur la désespérance et l’islamophobie. Nous sommes tous responsables. Les politiques parce que nous n’avons pas pu ou su répondre. Les journalistes parce qu’ils ont participé à la banalisation. La gauche parce qu’elle se divise. Les citoyens parce qu’ils sont restés les bras croisés. La réponse est républicaine. On ne peut pas séparer les Français entre Français de souche et Français de papiers comme le demande le FN. L’égalité reste la clé de voûte de notre République. En même temps, cette République pour être vivante et efficace dans son intégration doit s’attaquer au chômage.

Que reste-t-il de l’esprit du 11 janvier ?

Il est vivace chez les Français, même s’il a disparu chez les politiques. Les Français ont indiqué qu’il fallait s’unir sur l’essentiel. Souvent les représentants politiques sont dans la posture, voire dans l’imposture.

Les frondeurs du PS sont-ils allés trop loin lors du débat sur la loi Macron?

Le débat est normal et souhaitable. Mais à un moment, il faut trouver le chemin du compromis. Quand celui-ci a été obtenu, on ne peut pas remettre en cause la solidarité nécessaire entre le parti de la majorité et le gouvernement. Nous avions toléré au-delà de nos statuts l’abstention et certaines manifestations d’hostilité à certains textes. Mais on ne peut pas tolérer le vote contre.

Les élus devront suivre les consignes de vote. C’est le retour du caporalisme?

Ce n’est pas du tout mon état d’esprit. Le PS doit être un parti de débat, de combat, mais pas un parti illisible. Si l’opposition interne sombre dans un esprit de système, alors il n’est plus possible d’entendre le PS.

N’avez-vous pas été trop gentil avec les frondeurs que Manuel Valls a accusé d’être immatures et irresponsables?

Il ne s’agit pas d’être gentil ou méchant. Il s’agit d’être efficace, en réaffirmant les règles tout en permettant le débat. Il n’y a pas eu de sanctions, mais il n’y a pas eu d’absolutions.

Dernière sommation avant sanctions?

Non, parce que je ne pense pas qu’on arrivera à ce point. Je ne vois pas de texte qui produirait des oppositions comme nous en avons connue sur la loi Macron. Et les récents bons résultats, en matière de chômage ou de croissance, peuvent modifier le climat interne.

C’est une crise passagère?

Il y a des désaccords politiques depuis très longtemps au PS. Alors, de temps en temps, il y a des poussées de fièvre.

 

Propos recueillis par Thierry Richard