Vous êtes dans: Actualité

21 Nov

0 Comments

« Défendre les musulmans », ma tribune dans le Huffington Post

par

Le Huffington Post publie ce jour une tribune de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Non, il n’y a pas de « guerre contre les musulmans ». Mais certains ont du mal à leur foutre la paix. De toutes parts, nos compatriotes musulmans sont pressés de se justifier, de prendre parti, qu’ils soient pratiquants ou pas et surtout quand ils sont d’origine maghrébine. Pas un débat public, pas une polémique qui ne se terminent en discussion sur la place de l’Islam dans notre pays.

Pris en otage de cette focalisation mais surtout de cette assignation à identité, les musulmans de France sont avant tout pris en étau : entre ceux qui veulent que la République se sépare des musulmans et ceux qui veulent que les musulmans se séparent de la République. Nos compatriotes musulmans sont en fait au cœur de la fragmentation française, de cette polarisation inquiétante d’une nation qui a du mal au fond à accepter toutes les altérités, qui a aujourd’hui du mal à se trouver. Voilà, la France ne s’ennuie pas, la France se cherche.

Alors, oui, il faut défendre les musulmans. Contre les identitaires qui font des musulmans la cause de tous les maux et de leur rejet le préalable au redressement national. Contre tous les apprentis sorciers de l’islam politique dans toute leurs subtiles variations – Frères Musulmans, salafistes voire sectes takfiristes – qui leur intiment de rompre avec la République pour vivre totalement sous un ordre religieux qui aurait réponse à toutes les questions, existentielles comme collectives.

Défendre les musulmans, oui, pour défendre la République. Laquelle ne peut plus accepter les discriminations qui les touchent non pas exclusivement mais de façon cumulative, sans qu’ils soient d’ailleurs forcément au fait de la religion, notamment parmi les jeunes Français d’origine maghrébine : discriminations au faciès, au nom, à l’adresse, à l’embauche, au logement… La République se doit pourtant d’incarner au quotidien sa promesse d’égalité auprès de tous les siens et donc aussi auprès de nos compatriotes musulmans.

Et si certaines revendications religieuses poussées par des forces fondamentalistes sont inacceptables dans l’espace public et dans l’entreprise, il y a des revendications tout à fait légitimes pour notre démocratie mais surtout pour honorer la loi de 1905 qui prévoit de traiter tous les cultes à égalité et avec une stricte neutralité. La laïcité, parlons-en. Il faut la défendre elle aussi, contre ce qu’elle n’est pas – une religion – et pour ce qu’elle est : une liberté de croire ou de ne pas croire et une égalité de traitement mais aussi le ressort premier de la fraternité en acte.

Ainsi, défendre les musulmans, croyants ou pas, cela veut dire lutter avec la même fermeté contre les actes anti-musulmans que contre l’antisémitisme et que toutes les autres formes de racisme. Pas de fausse pudeur ici : il y a du racisme anti-musulman, du racisme anti-asiatique, du racisme anti-noirs, du racisme anti-français et tant d’autres. Et si certains de nos compatriotes musulmans sont parfois surpris du traitement de l’antisémitisme dans notre pays, il attire leur attention sur une triste spécificité nationale au-delà de notre passé vichyste : nos compatriotes juifs sont aujourd’hui victimes de 50% des actes racistes dans notre pays alors qu’ils ne représentent qu’1% de la population française.

Égalité, c’est le mot clé, le ciment indispensable qui permet de tenir ensemble notre société. Parce que sans nos compatriotes musulmans, la République ne serait plus la République. Parce que vouloir la République jusqu’au bout, cela veut dire avant tout construire la République pour tous. Sans l’égalité, le vivre-en-bandes risque de remplacer le vivre-ensemble. Certains ne manqueront pas de pointer la supposée naïveté de cet attachement viscéral au vivre-ensemble, je leur rappellerai simplement que l’alternative s’appelle la guerre civile.

Défendre les musulmans, oui, pour assurer l’identité et la pérennité de la République mais aussi son rayonnement. C’est une raison à la fois géopolitique et politique. Car si l’Allemagne domine économiquement le continent, la France est la première puissance méditerranéenne. C’est une chance pour la France mais aussi pour l’Europe et pour les défis économiques et migratoires qu’elle doit affronter. Et chacun peut comprendre qu’il faudra des moyens pour aider l’Égypte, stabiliser la Libye, soutenir la Tunisie, respecter l’Algérie et accompagner le Maroc. Le tout en bonne intelligence avec les puissances du Makrech. Disons-le : la chute du mur de la Méditerranée est le prochain grand défi du continent européen et nos compatriotes musulmans ont un rôle non négligeable à jouer pour répondre à ce prochain tournant de l’Histoire.

Défendre les musulmans, non pas parce qu’ils sont musulmans mais parce qu’ils sont nos compatriotes. Oui, défendre les musulmans au nom de la nation, car la France incarne l’idée même de fraternité universelle. Ni plus ni moins.

 

Jean-Christophe Cambadélis

Député honoraire

 

21 Nov

0 Comments

L’invité de la matinale de France Info

par

Jean-Christophe Cambadélis répondait ce mardi 21 novembre aux questions de Jean-Michel Aphatie et Bruce Toussaint dans la matinale de France Info.

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:

Sur les 6 premiers mois du quinquennat Macron 

« Emmanuel Macron fait fausse route sur la centralisation jupitérienne. Cela ne me semble pas juste car aujourd’hui, vu les problèmes auxquels nous sommes confrontés, c’est plutôt une décentralisation massive qui devrait avoir lieu. (…) Ses discours sur l’Europe sont intéressants, il défend l’Europe mais je le trouve isolé sur la chaîne européenne et pour l’instant nous n’avons pas les premiers linéaments de la réalisation de nos rêves communs. Enfin, sur la politique sociale, je pense qu’il commet une faute par sa volonté d’avancer à marche forcée sur une orientation libérale. »

Gérard Filoche, a-t-il encore sa place au PS ?

« Certains disaient qu’il ne l’avait plus depuis très longtemps.  Moi j’avais toujours fait en sorte que chacun puisse s’exprimer. Il y avait des désaccords qui étaient de type politique. Aujourd’hui le désaccord n’est pas politique, il est éthique. Et sur l’éthique on ne peut pas transiger. (…) Vous vous souvenez de son tweet sur Christophe de Margerie. Là, il avait été déféré devant la commission des conflits du PS. Aujourd’hui, le désaccord n’est pas politique, il est éthique et on ne peut pas transiger là dessus. »

Sur l’affaire Marchal-Beck

« J’ai tout découvert en lisant Libération. (…) C’est très bien que les femmes puissent libérer leur parole et mettre en cause ces abus de pouvoirs. (…) Je crois qu’il y a la dimension dans cette affaire d’un abus de pouvoir, comme on en voit un peu partout, mais dans ce cas, cela tient au trait spécifique du MJS. (…) Le MJS est une organisation extrêmement concentrée, un Etat dans l’Etat au niveau du Parti socialiste, et dans l’opposition au PS. Ils font ce qu’ils veulent. Dans cette organisation on ne parle pas aux autres. Il y a une dimension fractionnaire, quasiment sectaire. »

 

03 Nov

0 Comments

« Emmanuel Macron est fasciné par François Hollande », interview à Closer

par

Le magazine Closer publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:



Après trois ans à la tête du PS, vous avez quitté votre bureau de Solférino. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Je suis triste pour le PS mais plutôt libre. Et rendu à la vie civile ! (Rires.)

Dans votre livre, vous n’êtes pas tendre avec la classe politique. C’est votre revanche après des années de langue de bois ?
Revanche, peut-être pas. Mais j’ai souhaité raconter ce que j’ai vécu, sans être bridé. Quand vous êtes premier secrétaire du PS, il faut rassembler et votre parole n’est donc pas libre.

Vous expliquez que François Hollande n’était pas prêt à présider. Il ne s’imaginait que Premier ministre de DSK ?
Oui. Il savait que ce serait compliqué de le battre à la primaire. Lorsque Dominique Strauss-Kahn n’a pas pu se présenter, il a dû sauter sans élan. C’est la grande différence avec Emmanuel Macron qui s’est préparé, dans l’ombre.

Le problème de François Hollande, c’est qu’il a souvent décidé de ne pas décider ? 
Tout à fait. Sa méthode de gouvernance est de laisser tout ouvert, pour décider au dernier moment. Mais parfois, les choses s’imposent à lui, sans qu’il puisse faire la synthèse.

Cela lui est d’ailleurs arrivé dès le début du quinquennat, lorsque Valérie Trierweiler lui réclame un baiser à la Bastille, au soir de sa victoire. « On pourra lui demander le plus grotesque, il y répondra » dites-vous.
Oui, c’était une demande grotesque ! Or il ne se dérobe pas… Tout en ne répondant qu’à moitié, par un baiser furtif.

Sa vie privée s’est beaucoup invitée dans son mandat. N’avait-il pas anticipé la peopolisation de la vie politique ?
Je ne suis pas sûr qu’il pensait se retrouver dans Closer ! (Rires.) Mais évidemment, quand on est Président, la vie privée devient publique.

Valérie Trierweiler n’avait pas attendu Closer pour mettre son couple sur la scène publique avec son tweet de soutien à Olivier Falorni…
Absolument. D’emblée, elle a pris position pour un élu socialiste mais surtout contre Ségolène Royal, ce qui donnait à son intervention une dimension de règlement de comptes.

Le lendemain de la révélation du Gayet Gate, vous aviez rendez-vous avec François Hollande. Il n’annulera pas, mais vous le verrez très troublé, s’endormant même pendant la discussion !
C’est une dimension du personnage : pour lui, un Président assume. Mais les conditions de ce rendez-vous étaient très compliquées pour lui !

Vous jugez le bilan du quinquennat meilleur que le récit qui en a été fait. Comment expliquer cette mauvaise communication, avec un Président qui a tant parlé aux journalistes ?
Cela renvoie à son habitude de répondre à toutes les demandes ! Mais Un Président ne devrait pas dire ça a contribué à rendre sa candidature très compliquée.

En vexant nombre de ses soutiens ? Claude Bartolone, qu’il ne jugeait pas digne d’être Premier ministre, ou Najat Vallaud-Belkacem, qu’il ne trouve pas intellectuelle…
Oui, ils ont été blessés par les propos tenus, qui n’ont pas été démentis. Cela faisait des alliés en moins !

Ce qui a empêché sa candidature est bien sûr aussi la montée d’Emmanuel Macron. Il l’a longtemps cru loyal ?
Non, il a vu son appétit mais a pensé que cette ambition pouvait lui être utile, qu’Emmanuel Macron ringardiserait Alain Juppé et lui ramènerait une partie de l’électorat centriste. Mais Emmanuel Macron a compris cette instrumentalisation et il en a profité.

C’est finalement lors du meeting de la Mutualité qu’il comprend que les choses lui échappent ?
Oui. Ce soir-là, j’étais avec lui à l’Elysée et nous avons eu des difficultés techniques pour suivre le meeting. La télévision ne marchait pas, Emmanuel Macron passait du vert au bleu… François Hollande est un homme très maîtrisé mais là, il était furieux !

Pensez-vous qu’il pourrait revenir en politique ?
Je crois qu’il est fidèle à lui-même : il laisse tout ouvert. Il ne crée pas les conditions pour être candidat, mais on ne sait jamais…

Cela ne devrait pas rassurer Emmanuel Macron, que vous dites obsédé par François Hollande…
Au fond, il est fasciné par Hollande. Dans un effet de miroir, il veut faire l’inverse de lui et ça le cadre, d’un certain point de vue ! Mais je pense qu’il fait quelques erreurs psychologiques à cause de cela, en voulant tout centraliser autour de lui. Quand vous êtes dans cette incarnation jupitérienne, vous devenez un pouvoir désincarné.

Cela explique aussi son rapport compliqué aux médias ?
Oui. Il pense qu’ils prennent tout par le petit bout de la lorgnette. Mais il ne comprend pas que leurs interpellations sont aussi celles des Français. On ne peut pas sans arrêt venir du haut pour dire la bonne parole !

Votre première impression d’Emmanuel Macron a été contrastée. Vous décrivez le mélange entre « un déhanché de Michael Jackson et un regard de Margaret Thatcher »
J’ai été frappé par cet homme intelligent, pétillant, souriant, tactile, enveloppant… Et d’un seul coup, un regard dur, sombre, qui ne semblait pas là. Cette dichotomie m’a marqué.

Avez-vous été déçu par les socialistes – comme Jean-Yves Le Drian ou Christophe Castaner – qui ont choisi de le suivre ?
Oui, je leur en veux parce que cela a un nom : l’opportunisme. Ils ont choisi quelqu’un dont ils pensaient qu’il allait gagner au détriment de ce qui a fait leur vie, la gauche. Peu importe le flacon, pourvu qu’on puisse le boire !

C’est aussi le cas pour Manuel Valls ?
Bien sûr. Je n’avais jamais pensé qu’il serait parjure à sa parole dans la primaire. Le voir déchirer ce qu’il avait signé, puis demander l’investiture d’En Marche avec ce qu’il pensait d’Emmanuel Macron, cela m’a surpris. Il a peut-être une idée derrière la tête mais je ne vois pas laquelle.

Vous ne mâchez pas vos mots non plus sur Jean-Luc Mélenchon, « rêve d’un Chavez de Saint-Germain-des-Prés »…
Je respecte la colère des Insoumis mais leur orientation populiste ne permet pas de construire une alternative. Elle autorise surtout Macron à se maintenir !

Regrettez-vous de ne pas vous être présenté à la présidentielle ? Vous dites y avoir brièvement pensé après la défection de François Hollande!
J’y ai pensé une demi-seconde et j’ai éclaté de rire. J’ai le sens du ridicule !

Vous venez de monter votre société de conseil. Pourquoi ne pas devenir plutôt chroniqueur, comme nombres de vos confrères ?
Pourquoi pas ? Je ne m’interdis rien.

Vous avez eu des propositions ?
Non. Mais c’est une manière de lancer un appel ! (Rires.)

Propos recueillis par Maelle Brun

 

 

28 Oct

0 Comments

On ne peut regarder l’Espagne les bras ballants !

par

 

Mais elle est où la gauche?

Ils sont où les Insoumis, les socialistes, les communistes, les écologistes dans ce qui en Espagne s’apparente au début de la crise yougoslave?

Car ne nous y trompons pas, un début de double pouvoir se met en place entre les élections à la constituante. Cela ne rappelle rien aux Insoumis? Et les élections constitutionnelles voulues par Madrid, la droite et le gouvernement?

On peut comprendre que le Président Macron renvoie l’ascenseur à Mariano Rajoy pour son soutien sur les travailleurs détachés mais ça ne fait pas une politique européenne. Et Jean-Claude Juncker en ballade avec Emmanuel Macron ne devrait-il pas rentrer pour traiter ce sujet qui va s’envenimer? Au nom de la non intervention dans les affaires de l’Etat d’un pays voisin on applique le « démerdez-vous! ». Et puis comme toujours,  on va constater les dégâts. C’est une honte pour l’Europe et une faute pour la France.

L’intransigeance des conservateurs à Madrid et celle des nationalistes à Barcelone a conduit à un dialogue de sourds. Les indépendantistes catalans sont suffisamment nombreux: 2 millions pour croire en l’indépendance mais pas assez pour l’imposer. Ils vont donc aller jusqu’au bout pour créer les conditions d’un avenir possible. Madrid a la Constitution, la légalité mais la crise politique mine l’autorité du gouvernement. Chaque parti a compris que cette crise lui permettait de se refaire face à Ciudadanos et Podemos. Mais jusqu’où?

On parle d’élections mais on va assister aux confrontations de manifestations. Seront-elles toujours pacifiques car les unionistes sont fort nombreux mais pas suffisamment pour contraindre les activistes. La Constitution espagnole n’a pas d’article 16 donc la presse et le Parlement seront toujours aux mains des indépendantistes qui ont en tête de gagner ou de faire un précédent.

Notre classe politique est à ce point jacobine pour ne pas voir qu’il y a travers cette crise une volonté de maîtriser son destin dans la mondialisation? L’Europe ne comprend pas qu’elle démontre ainsi qu’elle est politiquement inutile. Les deux partis ont besoin de la France et de l’Europe. Il est indispensable d’intervenir diplomatiquement, politiquement. Nous avons déjà trop tardé. L’Europe a déjà été confrontée à la crise belge avec les velléités séparatistes flamandes, à la situation italienne avec les récents votes dans les régions du Nord qui n’ont pas été insensibles à la situation espagnole. Bientôt il sera trop tard car le feu couve au Pays basque et dans d’autres régions et Madrid est politiquement faible.

Le PSOE est le seul parti à proposer depuis longtemps une voie praticable et d’ailleurs il a refait son unité sur cette question.

La solution est une deuxième révolution démocratique après la chute de Franco, une souveraineté revisitée avec un statut d’association. Mais cela rendrait l’Espagne divisible. Dans tous les cas la France doit être au minimum garante de la paix civile et du refus de l’engrenage vers la violence.

Il est temps que la question espagnole devienne une question européenne et française.

20 Oct

Commentaires fermés sur L’invité de Brigitte Boucher dans « Politique Matin » sur LCP

L’invité de Brigitte Boucher dans « Politique Matin » sur LCP

par

Jean-Christophe Cambadélis répondait vendredi 20 octobre 2017 aux questions de Brigitte Boucher dans l’émission « Politique Matin » sur LCP.

 

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous (à partir de 29’50 sec):

 

17 Oct

Commentaires fermés sur « Nous sommes tous responsables de la débâcle », interview au Télégramme

« Nous sommes tous responsables de la débâcle », interview au Télégramme

par

Le Télégramme publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

Quelle est la part de responsabilité de François Hollande dans ce que vous appelez la « débâcle » ?
Nous sommes tous responsables à des niveaux divers. Mais François Hollande, en tant que président de la République, n’a pas su donner le sens à son action.De Montebourg, Hamon, Valls ou Aubry, laquelle de ces personnalités est-elle l’assassin le plus efficace du PS ?
Je ne poserai pas la question de cette manière. Je pense que chacun a joué une partition qu’il estimait juste à un moment donné. Les raisons de l’effondrement parlementaire du PS tiennent à une raison objective, à savoir la crise des partis progressistes dans le monde. Et subjectives, à savoir l’action des hommes et des femmes que vous avez cités.Mélenchon et La France insoumise empêchent-ils la reconstruction du PS ?
Ils la compliquent, à partir du moment où ils tournent le dos à l’unité de la gauche et veulent lui substituer un clivage La France insoumise/oligarchie. Ils se privent d’une dynamique unitaire et donc de toute accession aux responsabilités.Un Premier secrétaire remplacé par une armée de 28 personnes, est-ce bien raisonnable ?
C’est une transition. Mais de toute façon, je crois être le dernier Premier secrétaire à la mode de François Mitterrand. Le futur dirigeant du PS sera un animateur, un secrétaire général, mais pas, à cette étape, le leader de la gauche.

Finalement, le PS est-il capable de se reconstruire ?
Il l’est à partir de son implantation départementale, locale et régionale, et s’il porte le projet d’une nouvelle France plus décentralisée, plus déconcentrée, plus transparente et plus efficace.

Propos recueillis par Philippe Reinhard

13 Oct

Commentaires fermés sur « Les résultats du quinquennat Hollande sont contrastés mais pas nuls », interview à Nice Matin

« Les résultats du quinquennat Hollande sont contrastés mais pas nuls », interview à Nice Matin

par

Nice Matin publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez lire en cliquant ici ou ci-dessous:

Vous n’êtes pas tendre dans votre livre avec François Hollande. Pourquoi ne pas vous être montré critique plus tôt?

Je l’ai été en petit comité, mais je ne pouvais m’exprimer publiquement car sous la Ve République, on le voit bien avec La République en marche!, c’est l’exécutif qui décide et les partis politiques n’ont pas leur mot à dire. Valls, Macron, les frondeurs, Mélenchon… Tout le monde en prend pour son grade.

Qui trouve aujourd’hui grâce à vos yeux à gauche?

Je crois que la responsabilité de l’échec est collective et que l’avenir du PS le sera. Il est trop tôt pour dire par qui il passera.

Votre part de responsabilité dans la débâcle du PS?

Je n’ai pas été capable de donner du sens et d’infléchir la politique gouvernementale. J’ai cru que la capacité à maintenir tout le monde ensemble suffirait. Cela n’a pas été le cas.

Sur quelques points précis, que changeriez-vous si c’était à refaire?

Je supprimerais l’année 2016. Car fin 2015, nous avons limité les dégâts aux régionales, malgré des déroutes en Paca et dans le Nord, nous avons aussi réussi la COP 21, et François Hollande est alors parvenu à incarner la Nation au Congrès de Versailles, après le Bataclan. Les sondages étaient frémissants pour lui…

L’année 2016 va ensuite tout mettre par terre, avec la déchéance de la nationalité, la loi Travail et enfin le départ d’Emmanuel Macron.

Macron, justement, c’est pour vous la droite au pouvoir?

Quand j’entends Jean-François Copé déclarer qu’il fait le programme que la droite n’a pas voulu faire, je crois que tout est dit. Il est ultralibéral en économie, même si sur les questions de société il est libéral également.

Comment la gauche socialiste peut-elle désormais retrouver un crédit politique et contrecarrer l’omniprésence de Mélenchon?

D’abord en ne se préoccupant ni de Mélenchon ni de Macron, et en assumant ce qu’elle est. C’est-à-dire une confédération d’élus locaux qui conduisent une décentralisation écologique et participative.

Votre avenir personnel?

J’aspire à être une voix à gauche, sans plus. Un apporteur d’idées et un analyste des situations politiques.

Vous avez conservé des contacts avec François Hollande?

Oui. Je l’avais aussi prévenu avant la publication du livre. Il sait ce que je pense. A savoir que les résultats de son quinquennat valent mieux que son récit.

Vous estimez donc, au final, que le quinquennat n’a pas été si mauvais…

Comme je le dis dans mon livre, les résultats sont contrastés mais ils ne sont pas nuls. C’est l’histoire chaotique et l’absence de sens qui les rendent peu lisibles.

Propos recueillis par Thierry Prudhon

12 Oct

Commentaires fermés sur L’invité de Laurence Ferrari dans Punchline sur CNews

L’invité de Laurence Ferrari dans Punchline sur CNews

par

Jean-Christophe Cambadélis était jeudi 12 octobre l’invité de Laurence Ferrari sur CNews.

 

Retrouvez ci-dessous un extrait de l’interview: