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29 Mar

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« Nous sommes socialistes ! », lettre de Jean-Christophe Cambadélis aux militants socialistes

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Paris, le 29 mars 2017

 

 

« Nous sommes socialistes ! »

 

 

Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades,

La presse lassée des affaires Fillon et désintéressée des affaires de Marine Le Pen a décidé de feuilletonner sur le Parti socialiste.

Ainsi, notre formation serait morte et enterrée vivante par une défaite annoncée, sondages à la main, par médias interposés. Au moment même où Martin Schulz pour le SPD apporte publiquement son soutien à Benoît Hamon et Angela Merkel le reçoit.

D’abord, cette élection n’est pas terminée. Elle n’a pour ainsi dire pas commencé, si on excepte un débat surréaliste au regard des canons de la Vème République.

Ensuite, cette élection reste brumeuse, cotonneuse et chaotique. Il y a certes un classement sondagier de candidats, mais pas de majorité. C’est à cette étape une élection présidentielle sans majorité. Le seul mot d’ordre apparent est « sus à toutes les représentations » au nom d’un peuple mirage. Cette ligne ne permet pas à celui-ci de trancher sur l’avenir du pays. Ne concluons pas trop vite au nom des sondages qui ont déjà démontré qu’ils pouvaient être démentis par la réalité.

En particulier dans un moment de montée des nationalismes, de l’isolationnisme américain et de pression de la Russie poutinienne. L’Europe déjà minée par l’austérité et le Brexit ne résistera pas à la crise française.

Enfin, une élection gagnée ou perdue ne détermine pas le devenir d’un parti.

Nous avons perdu en 2002, nous fûmes même éliminés dès le premier tour. Nous nous sommes remis rapidement.

Nous avons gagné en 2012, pourtant qui peut dire que le Parti socialiste avait réglé ses problèmes politiques ou stratégiques ?

Nous avons été balayés aux élections municipales et européennes, mais nous étions à plus de 23% aux élections départementales et 24% aux élections régionales qui ont suivi.

Une élection ne dissout pas une Histoire. Le parti gaulliste a connu maintes mutations après ses déroutes électorales.

On vous dit ou prédit « la saignée macroniste ». Il est vrai qu’une partie de notre électorat voit dans le vote Macron un moyen utile de faire barrage à François Fillon pour défaire Marine Le Pen. Pourtant, nous avons toujours pris nos responsabilités face à Marine Le Pen et nous le ferons encore.

Cette équation était d’ailleurs déjà en place lors de la primaire de la droite, ce qui a amené 800 000 électeurs de gauche à voter dans une grande majorité pour Alain Juppé.

Ce n’est pas une sanction des socialistes. C’est une urgence politique dans une panique démocratique. Mais ce réflexe est une profonde erreur. On ne fait pas barrage au nationalisme populiste en ne réglant pas le problème à la racine. Un barrage endigue un moment. Si on ne tarit pas la source, à la fin le flux emporte tout.

Pour autant, ce vote n’est pas un vote d’adhésion. Et il pourrait revenir à nous si nous étions collectivement capables de dire que notre candidat Benoît Hamon est plus réaliste que Jean-Luc Mélenchon et plus à gauche qu’Emmanuel Macron.

Jean-Luc Mélenchon veut faire la révolution. Ce n’est pas la solution. Il ne veut pas changer l’Europe comme nous le proposons tous, il veut en sortir. Il a refusé l’unité au moment où elle était possible. Alors qu’il n’avait, lui, aucun désaccord avec le candidat de la Belle alliance populaire sur la lecture du quinquennat. Il a délibérément clos le chapitre de l’union de la gauche.

Emmanuel Macron veut être dans l’indéfinition pour mieux coaliser les contraires autour de sa personne. Chacun sait que c’est pour l’espace d’une élection. Et que dire des 11 anciens ministres de Jacques Chirac qui se sont engagés auprès de lui ? Cela fait sans doute beaucoup pour rénover la vie politique, sans parler de mener une politique « équilibrée ». Il cherche à constituer un centre qui veut s’émanciper et de la droite et de la gauche, des représentations partisanes comme des corps intermédiaires.

Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron rêvent, comme beaucoup, d’un paysage recomposé où le Parti socialiste serait émietté, éclaté, décimé.

On vous dit « les élu-e-s rejoignent Emmanuel Macron ». 13 membres du gouvernement se sont engagés en faveur de Benoît Hamon, 3 pour Emmanuel Macron. 22 députés ont parrainés Emmanuel Macron, 172 Benoît Hamon, et 18 sénateurs contre 53. Un seul Premier fédéral sur 100 a rejoint Emmanuel Macron. Et on compte à peine une dizaine de Secrétaires de section sur 3500 qui font sa campagne.

Le Parti socialiste fait bloc et a donné les moyens humains et financiers à notre candidat. Il a accompagné l’élargissement de la Belle alliance populaire aux partisans de Yannick Jadot. Il a facilité l’organisation de la campagne, n’a pas bougé lorsque le candidat a désiré voir ses représentants dans chaque département.

Le Bureau national du Parti socialiste soutient la campagne du candidat qui décide librement de ses choix, comme à chaque présidentielle. Le Secrétariat national et le Bureau national ont engagé le dialogue sur le programme du candidat – nul ne conteste le résultat – et un Bureau national extraordinaire, en présence du Premier ministre, a été organisé pour mobiliser toutes les forces.

On vous dit « que fait le Parti socialiste vis-à-vis de ceux qui vont chez Emmanuel Macron » ?

D’abord les tenants de la Saint-Barthélémy socialiste sont toujours de très mauvais conseillers. Il faudrait stigmatiser, exclure, couper. Qui peut croire que ce nouveau feuilleton servirait notre candidat ? Qui peut penser que ces purges favoriseraient les élections législatives ?

Ce n’est pas au Parti socialiste d’agir pour régler les problèmes internes de courants qui voient certains des leurs se partager entre Emmanuel Macron et Benoît Hamon. Ce n’est pas au Parti socialiste d’être comptable des manques individuels de certaines de ses personnalités.

Notre position est simple : Benoît Hamon est le candidat issu de la primaire, légitimé par une convention unanime du Parti socialiste. Ceux qui ont rejoint En Marche ne sont donc plus au Parti socialiste. Il n’y a pas de double appartenance. Ceux qui parrainent ne peuvent plus s’en réclamer. Et il faut condamner les manquements. Pour le reste, nos statuts – qui ont été adoptés à l’unanimité du Congrès de Toulouse – indiquent que chaque fédération est en droit de faire appel à la commission fédérale des conflits pour tout manquement à la discipline. Il n’y a chez nous – au contraire d’autres organisations – aucun fait du prince.

Dans ces affaires, il faut être ferme et proportionné et ne pas rendre central ce qui relève à cette étape de décisions individuelles que je combats.

Voilà cher-es ami-es, cher-es camarades, la réponse aux problèmes qui nous sont posés.

Le Parti socialiste est et demeurera. Je veux le défendre, nous devons le défendre car une République sans les Socialistes est une démocratie amputée.

L’élection présidentielle n’est pas faite. Tout est encore possible, le meilleur comme le pire. Les sondages ne sont jamais une « assurance vie » politique. Devant la fragmentation française, source d’une crise sans précédent de la Vème République, nous restons socialistes.

Je rappelle que notre pays n’est à l’abri de rien. Il faut un peu de retenue. J’appelle tous les socialistes au calme, au respect de leurs principes et de leur cohérence pour une gauche qui gouverne et qui transforme.

 

Amitiés socialistes,

 

 

 

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

 

28 Mar

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L’invité de Ruth Elkrief sur BFM TV

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Jean-Christophe Cambadélis était l’invité de Ruth Elkrief sur BFM TV.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:

 

Disparition du Parti socialiste ?

Ce n’est pas une élection qui fait l’histoire d’un parti sinon nous aurions disparu en 2002

Les électeurs ne sont pas encore dans le choix mais dans le pronostic.

Déplacement de Benoît Hamon en Allemagne

Le soutien de Martin Schulz à Benoît Hamon est un renfort de poids.

Je ne pense pas qu’on lutte contre le Front national en faisant des barrages. Il faut faire une politique qui doit permettre de tarir le FN.

Campagne présidentielle

Benoît Hamon est le 2e derrière François Fillon en terme de parrainages! 172 parlementaires socialistes, 13 ministres, ce n’est pas rien!

Benoît Hamon a plus de 400 parrainages de plus qu’Emmanuel Macron et plus de 1000 de plus que Jean-Luc Mélenchon.

En Ile-de-France plus de 300 élus socialistes soutiennent Benoît Hamon.

Benoît Hamon doit être le candidat de tous les socialistes et de tous les écologistes.

Au second tour nous serons tous derrière le candidat républicain face au Front National.

Soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron ? 

Manuel Valls parle demain sur BFM TV et Emmanuel Macron précipite une conférence de presse. Demain, président de la République, il va en déclencher tous les jours ? Parce que des événements comme ça, il y en aura tous les jours! Quelle fébrilité!

C’est une faute politique. Alors qu’il n’est pas encore élu, il définit sa majorité présidentielle ? Ce sont les sondages qui font la majorité ? Les Français n’ont pas encore voté… C’est un déni de démocratie.

C’est une faute politique car il exclut d’emblée des gens dont il aurait besoin au 2e tour face à Marine Le Pen s’il y était.

11 anciens ministres de Jacques Chirac rejoignent Macron, on est pas dans le renouveau mais dans la continuité de l’ancien régime.

27 Mar

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Hommage à Henri Emmanuelli – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – lundi 27 mars 2017

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Hommage à Henri Emmanuelli

Discours de Jean-Christophe Cambadélis,

Premier secrétaire du Parti socialiste

Paris, siège du Parti socialiste

Le 27 mars 2016

(Seul le prononcé fait foi)

 

 

Mesdames et Messieurs les membres de la famille d’Henri Emmanuelli,

Cher Benoît, notre candidat,

Mesdames et Messieurs les secrétaires nationaux et membres du Bureau national du Parti socialiste,

Monsieur le premier secrétaire fédéral des Landes, cher Stéphane,

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Chers amis, chers camarades,

 

Faire corps.

Corps avec le socialisme.

Corps avec les Landes.

Corps avec la gauche et son peuple.

Faire corps : si Henri Emmanuelli avait voulu une devise, j’aurais sans doute choisi celle-ci. Car il a épousé tous ses combats et n’en a abandonné aucun. Son dévouement à ses résolutions était entier. Jusqu’au sacrifice.

Ce corps noueux, ce corps tendu, mû par une vitalité puissante et porté par une rectitude hors du commun,

Ce corps qui ne renonçait jamais s’est éteint à jamais.

Mais sa mémoire demeure. Ce qu’il était demeure. Honorer sa mémoire, c’est honorer ses combats. Honorer ses combats, c’est les mener à bien. C’est le chemin que tu revendiques, cher Benoît. Celui que nous poursuivons ensemble, aujourd’hui, à tes côtés. La disparition d’Henri nous remplit de tristesse, mais nous appelle aussi, à notre tour, à ne jamais renoncer.

Faire corps avec soi, être fidèle à soi : c’est une vertu si rare. Henri Emmanuelli s’est tenu dans la vie parmi ceux qui refusent les faux-semblants. Parmi ceux qui ne cherchent pas à jouer d’autre partition que celle qu’ils se sont attribués – ou que la vie et ses vicissitudes leur ont attribuée. C’est pourquoi il n’aimait ni la séduction ni la lâcheté. L’une et l’autre font sortir du chemin.

Mitterrand disait de lui qu’il était fait de l’acier dont on forge les glaives. C’était un homme de volonté et de bonne volonté « l’extériorisation de la volonté comme volonté subjective ou morale est l’action » disait Hegel. Il était donc homme d’actions.

Ce n’est pas lui qui aurait dit « j’ai changé » : , cette idée n’avait aucun sens pour un homme resté loyal à ses valeurs – l’humanisme, la justice, l’égalité, l’Europe – jusqu’à son dernier souffle.

Il est exigent d’être fidèle à soi. L’exigence prend parfois l’apparence de la rugosité. Henri n’en était pas dépourvu. Je garderai toujours en mémoire, au Congrès de Rennes, l’une de ces saillies dont il avait le secret : « nous avons perdu deux jours et deux nuits, disait-il, à parler de procédure. Alors que nous aurions dû parler de politique ». Dans un combat, il savait être féroce. Mais dans la vie, d’une grande élégance.

Ceux qui l’ont connu président de l’Assemblée et présidant la Commission des finances pourront en témoigner. Avec ses amis, il pouvait être dur. Mais il était aussi d’une immense générosité – je dirais même d’une grande fraternité. Il ne refusait jamais le débat : il s’y jetait au contraire tout entier. Mais il fallait être à la hauteur. Savoir argumenter. L’exigence qu’il avait pour lui-même était une exigence forgée à l’épreuve de la raison.

Faire corps avec le socialisme, être fidèle à lui : Henri Emmanuelli s’y est appliqué avec constance, rigueur et loyauté. Entré en socialisme avec Epinay, il ne l’a jamais quitté. Jeté dans le chaudron électoral à l’âge de 27 ans, il a laissé derrière lui la carrière confortable qui l’attendait pour se donner tout entier à l’homme et à l’idée.

A l’homme : son attachement indéfectible à François Mitterrand, auquel il devait son engagement, était connu de tous. Il le revendiquait ; il l’a démontré. Dans les tempêtes que connut le président, il fut un rocher.

A l’idée : Henri plaçait le social au-dessus de tout. C’est pourquoi il plaidait pour une critique radicale du libéralisme, inquiet que ses deux piliers, l’économie de marché et le libre-échangisme, ne relèguent « le social en sous-produit éventuel de l’économie ». Certain que les invisibles et les inaudibles, les ouvriers, les employés, les plus modestes et les plus vulnérables, seraient les premiers à en payer le prix.

On a parfois dépeint cette fidélité à ses convictions comme un immobilisme. Un refus de voir que le monde avait changé. Dans les congrès socialistes, « archaïque » était un mot qui fusait. Il en était le destinataire. Non sans provocation, il l’assumait : « Archaïque, disait-il, et fier de l’être ! » Ce mot qui se voulait un trait blessant – petitesse humaine – était pour lui un motif de fierté. Car « l’archaïque » savait d’où il venait. Il se savait fils d’ouvrier communiste, renvoyé de son entreprise pour ses convictions, et mort électrocuté – en haut d’un clocher – alors que son fils n’avait que 11 ans. Son point d’ancrage intime fut un point d’ancrage pour plusieurs générations de socialistes.

« L’archaïque » savait où il allait. Technophile sans jamais être technocrate, il avait bien perçu les transformations à l’œuvre avec le numérique et la globalisation. Il percevait aussi les signaux faibles. Il s’en inquiétait parfois.

J’ai retrouvé ces mots prononcés il y a dix ans, au cours d’une université d’été du NPS. Des mots tristement lucides et cruellement visionnaires : « les opinions publiques, disait-il alors, se laissent gagner par une tentation populiste dangereuse dont l’inspiration se situe à l’extrême droite de l’échiquier des valeurs politiques, plutôt que dans le répertoire des valeurs de la gauche. » Cette drôle de campagne, comme on parle de drôle de guerre, en a le goût amer.

Cette fidélité au socialisme se conjuguait naturellement à une fidélité au Parti. Comme secrétaire national, trésorier, puis premier secrétaire, il l’a servi. Membre de la majorité ou membre de la minorité, il l’a servi. Entièrement. Totalement. Jusqu’au sacrifice.

Henri était un homme sur lequel on pouvait compter – et ce fut la force et l’honneur du Parti de le compter parmi les siens.

Henri était un homme qui savait passer le témoin – et c’est la force et l’honneur du Parti de voir encore vivante et flamboyante la tradition qu’il incarnait.

Henri était un homme qui nous exhortait à ne jamais nous perdre par peur de perdre – et c’est là que résidera toujours l’honneur du Parti socialiste.

Un parti palpite au rythme des désaccords et des rassemblements. C’est ainsi qu’on s’assure qu’il est un corps vivant. Henri le savait et ne croyait pas aux vertus du schisme. Henri le savait et ne croyait en rien aux aventures individuelles.

Pour lui, le Parti était central, sans avoir besoin d’être centriste. « Je vous mets tous en garde, nous a-t-il dit un jour : si vous voulez que le Parti socialiste prenne son envol (…), il lui faut deux ailes, avec le corps au centre, sinon, ça ne marche pas. » C’était en 2005, quelques semaines après le référendum sur la constitution européenne.

Le même Emmanuelli s’inquiétait alors de la multiplication des ailes gauches et pourfendait en même temps le Solphérinodactyle, étrange animal cloué au sol par une aile droite hypertrophiée.

C’est le même Emmanuelli, premier secrétaire du Parti qui avait appelé à la candidature de Jacques Delors à l’élection présidentielle.

C’est le même Emmanuelli, qui s’opposa à Lionel Jospin dans la première primaire interne de notre histoire, puis se rangea sans hésiter derrière le vainqueur. J’ai gardé la mémoire vive de ce geste car Lionel Jospin se qualifiant pour le second tour de l’élection présidentielle, il prépara avec méthode l’accession de ce dernier au poste de Premier secrétaire. Il n’en fut pas remercié.

Car Henri avait une certitude : on n’assure pas l’unité des socialistes en voulant faire leur uniformité.

On se rencontrait dans un bistrot pas loin d’ici où il déjeunait tous les mercredis avec son fils. Il m’avait dit « Ne touche jamais à la proportionnelle dans le Parti sinon je me fâcherai. Epinay, Mitterrand, c’est cela le libre jeu des courants permettant de vivre ensemble » dans le Parti socialiste.

Faire corps, donc. Avec soi. Avec le socialisme. Avec le Parti socialiste. Et faire corps avec les Landes. Ce fils de Corse, ascendant béarnais, cet homme de relief tout en relief, s’est choisi une terre où l’horizon n’est fermé que par les forêts de chêne-liège et de pin.

Cette terre réputée hostile et marécageuse, que les hommes ont patiemment et habilement transformée.

Cette terre, qui fut longtemps conservatrice, qu’un jeune homme de 37 ans arracha à la droite, après en avoir été élu député cinq ans plus tôt.

Cette terre promise à la gauche, où Napoléon III implanta un domaine impérial près du village de Solférino, et où François Mitterrand avait choisi une bergerie comme lieu de villégiature.

Cette terre et ces bords de l’Adour, Henri Emmanuelli les a passionnément aimés. Il leur a consacré sa vie, les transformant à son tour, les faisant vivre et les faisant produire. La solidarité, l’éducation, l’économie, l’écologie des Landes ont été changées par l’homme de la Chalosse. Il en connaissait les moindres parcelles, les moindres recoins, tous les habitants.

Ceux qui ont travaillé à ses côtés – je pense à Alain Vidalies, à Stéphane Delpeyrat, à Stéphane Cahen, à bien d’autres encore – racontent un homme parfois impulsif mais toujours impulsant. Projeté dans l’avenir, mais toujours ancré dans la réalité du présent. Un homme qui visait loin, mais ne prenait pas de haut. Un homme entier, un homme d’Etat, dont le visage se confond désormais avec le territoire qu’il a présidé, 35 ans durant.

Henri mettait ses idées à l’épreuve du concret.

Henri connaissait les difficultés de l’exercice du pouvoir : « la contrainte tous les matins et le compromis bien souvent tous les soirs » nous a-t-il dit un jour.

Mais Henri s’empressait d’ajouter : « cela ne peut pas constituer un horizon politique. L’horizon politique, ce sont les objectifs. Il ne peut y avoir de dynamique sans une certaine forme d’espérance. »

Merci, Henri, d’avoir autant fait corps avec la gauche, avec son histoire et son peuple.

Merci, Henri, d’avoir été la vigie, le point d’ancrage, de tant de socialistes.

Merci, Henri, de nous avoir si souvent rappelé l’essentiel : « être là pour répondre aux espérances du peuple de gauche, et non pas pour faire son bonheur malgré lui ou à côté de lui. »

Aujourd’hui, nous pleurons un homme, mais nous saluons un immortel.

 


Cérémonie d’hommage à Henri Emmanuelli par PartiSocialiste

 

Crédit photos: Parti socialiste – Mathieu Delmestre

24 Mar

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L’invité d’Yves Calvi dans 24h en questions sur LCI

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Jean-Christophe Cambadélis répondait aux questions d’Yves Calvi dans 24h en questions sur LCI.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’émission (interview à visionner à 1’06’00):

Affaires Fillon

François Fillon est acculé. Donc il veut accuser pour essayer de se sauver. (…) Il n’y a pas un jour sans une révélation. Son honneur politique est mis en jeu.

Tout le monde a compris qu’il s’agissait de l’instrumentalisation d’un livre pour se sortir d’une difficulté judiciaire.

Ce n’est pas l’Elysée qui a payé le costume de Monsieur Fillon, ce n’est pas l’Elysée qui a embauché Pénélope Fillon , ce n’est pas l’Elysée qui a fait l’intermédiaire avec M. Poutine… Ce n’est pas un cabinet noir, c’est une réalité.

Que Monsieur Fillon réponde sur les faits et non pas sur la médiatisation.

Cette campagne est abîmée par les affaires, il est difficile d’avoir un débat sur le fond deux jours de suite. Tout cela au grand profit de Marine Le Pen.

Campagne présidentielle

Les sondages ce n’est pas une élection! Ce sont des pronostics et non des choix.

Je fais des cafés politiques dans ma circonscription pour défendre le programme de Benoît Hamon reviens et j’explique la situation politique. Dans ces cafés on me parle plus de François Fillon que d’Emmanuel Macron!

Pourquoi ne parle t-on pas des 13 ministres, 172 parlementaires et très nombreux élus qui soutiennent Benoît Hamon?

Soutiens de socialistes à Emmanuel Macron

J’ai répondu à Mme Berger lundi soir au Bureau national: je lui ai dit qu’une épuration non statutaire n’aiderait pas pour autant notre candidat.

J’ai dit que ceux qui parrainaient Emmanuel Macron ne seraient plus candidat du PS. (…) Gérard Collomb est parti avant la primaire. Au moins lui a été cohérent.

Je ne peux pas décider comme cela d’exclure. Il y a des règles. Je les respecte. On n’est pas au Parti communiste d’Union soviétique.

Le PS doit être uni et doit respecter ses règles.

Benoît Hamon fait une campagne sur des thèmes qui touchent les Français mais ne peut être entendu vu les anathèmes.

À l’exception de quelques circonscriptions, nos candidats aux législatives ont été désignés le 17 décembre lors d’une convention nationale du PS. J’imagine mal les retirer dans la mesure où ils ont été élus par les militants.

C’est Solférino qui donne l’investiture du PS et personne ne peut décider à la place du PS.

Un parti a ses règles et mon rôle est de les respecter et de les faire respecter.

L’unité est toujours ce qui nous sauve. À la fin de ces élections nous serons toujours présents.

Je crois à la remontée de Benoit Hamon et je crois à notre score aux législatives.

Ce n’est pas en s’égayant vers Emmanuel Macron que l’on aidera le PS. Ce n’est pas en l’épurant que l’on l’aidera tout autant.

Restons unis. C’est notre principale possibilité de pouvoir prospérer.

22 Mar

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L’invité de Mardi Politique sur France 24 et RFI

par

Jean-Christophe Cambadélis a répondu aux questions de Roselyne Febvre et Véronique Rigolet dans Mardi Politique sur France 24 avec RFI.

 

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire… par rfi

 

Décès d’Henri Emmanuelli

C’était un personnage de conviction, très chaleureux et respectueux. Il y avait une forme d’élégance chez lui, même dans les désaccords.

 

Démission de Bruno Le Roux

Je respecte sa décision. Il était difficile de se maintenir dans une situation ou d’autres ne démissionnent pas.

Je ne veux pas qu’au nom d’une transparence nécessaire, le parlementaire soit réduit dans ses capacités de contrôle vis à vis de l’exécutif.

Moi je n’embauche ni mes enfants, ni des membres de ma famille.

 

Le quinquennat a été compliqué et difficile pour des raisons économiques et sociales pas pour des changements de Ministères.

Le grand débat

J’ai été un peu surpris que personne n’ait mis l’affaire François Fillon ou Marine Le Pen a l’ordre du jour. Les journalistes auraient pu le faire. Mais pour une fois que l’on pouvait parler des programmes, personne n’a voulu entrer dans un tunnel de 20mn sur les affaires.

Campagne présidentielle

Il n’y a plus de projet, plus de programme seul compte le barrage au Front national. Nous stérilisons la campagne présidentielle. On ne peut pas dire aux Français que l’unique  bataille c’est de faire barrage au FN.

Que ce soit François Fillon, Emmanuel Macron ou Benoît Hamon il ne sera pas élu pour ce qu’il Dit mais parce qu’il faut faire barrage à Marine Le Pen.

Il n’y a pas d’hémorragie socialiste vers Emmanuel Macron, mais des inquiets face à la montée du Front National. Mais il faut être très prudents: que ce soit Benoît Hamon, François Fillon, Emmanuel Macron et même Jean-Luc Mélenchon  je voterai toujours un candidat démocrate face au Front national.

Nous sommes dans une élection présidentielle rocambolesque. Il faut se battre jusqu’au bout, tout est encore possible.

 

21 Mar

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L’invité d’Elizabeth Martichoux sur RTL

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Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité politique d’Elizabeth Martichoux sur RTL.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:

 


« Le Grand Débat » : Jean-Christophe Cambadélis… par rtl-fr

Affaire Bruno Le Roux

« Je n’étais pas au courant. J’ai dit lors de l’affaire Pénélope que le problème n’était pas d’embaucher des proches mais de savoir s’ils travaillaient. Toute peine mérite salaire. S’il y a du travail, le député le rémunère, s’il n’y a pas de travail, c’est un emploi fictif.

Bruno Le Roux fait très bien son travail. Ne faisons pas démissionner des gens sur l’air du soupçon. Le sujet c’est « Est-ce que les assistants des parlementaires effectuent le travail pour lequel ils ont été embauchés? »

Le Grand Débat

« J’ai été frappé par la faiblesse de Marine Le Pen, une impréparation totale, une non maîtrise des sujets.

Benoît Hamon a été solide. C’est le seul qui a éclairé l’avenir. Qui a parlé de la France de demain et du quotidien des Français ». #RTLMatin

Jean-Luc Mélenchon a été comme d’habitude un bateleur mais a t-il été convaincant? Je ne le pense pas

Emmanuel Macron a surjoué une position centrale. S’il était Président il serait d’accord avec tout le monde et réciproquement.

Faire la synthèse entre M. Hue et M. Madelin ne va pas être simple pour M. Macron. (…) Le macronisme : les ralliements sont de gauche, les électeurs sont de droite. »

Bureau national extraordinaire du Parti socialiste

« Bernard Cazeneuve a stigmatisé tous ceux qui manquaient à leur parole.

Bernard Cazeneuve n’a pas cité Emmanuel Macron dans son propos et a demandé à la majorité de rester groupé. »

20 Mar

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Communiqué de presse de Jean-Christophe Cambadélis à l’occasion du Newroz

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Cette année, le Newroz, le nouvel an des peuples du Moyen-Orient et d’une grande partie d’Asie centrale et occidentale, se fête le 20 mars. Comme tous les ans, je présente aux peuples de cette région et à nos compatriotes d’origine afghane, iranienne, kurde, d’Asie centrale et du Caucase, mes vœux pour une année de paix et de liberté.

Je partage votre joie et vote aspiration à plus de démocratie, de liberté et de paix à l’occasion du Newroz, dont je sais combien cette fête millénaire est enracinée dans votre culture et votre tradition. Elle marque le printemps, elle est un symbole de renaissance et d’espoir pour vous.

Je salue particulièrement les peuples kurdes syrien et irakien pour leur contribution déterminante dans la lutte contre l’organisation terroriste Daech. Le peuple iranien aspire toujours à la démocratie et poursuit pacifiquement sa lutte pour les libertés fondamentales. Je demande une nouvelle fois la libération des prisonniers politiques, notamment celle de Mme Moussavi et de M. Karoubi, des candidats à l’élection présidentielle injustement placés en résidence surveillée depuis 2011. Je salue également les Kurdes de Turquie, victimes de l’extension de la répression et d’un conflit armé qui dure depuis plus de 30 ans sur lequel le gouvernement de M. Erdogan ne montre aucune volonté pour parvenir à une solution politique.

Ma pensée va également vers le peuple afghan qui depuis presque 40 ans ne connaît que la guerre, le fanatisme et le terrorisme. Je tiens à exprimer toute mon inquiétude face à l’aggravation de la situation sécuritaire, l’émergence du groupe terroriste Daech et le nombre très élevé de victimes civiles.

Que le nouvel an pour vous soit une année de paix et du progrès des libertés.

20 Mar

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L’invité d’Yves Thréard dans Le Talk du Figaro

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Jean-Christophe Cambadélis était ce lundi 20 mars l’invité d’Yves Thréard dans Le Talk du Figaro.

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:

Campagne présidentielle

La dynamique autour de notre candidat est là. Mon travail est de rassembler tout le monde autour de Benoît Hamon.

Il y a dans le courant progressiste ceux qui veulent accompagner la mondialisation pour la Maîtriser et ceux qui veulent résister.

Les primaires ne sont pas bonnes ou mauvaises, elles dépendent du contexte.

C’est très difficile, malgré une primaire réussie, de coaguler tout le monde. C’est mon travail, c’est ce que je fais, même si les uns et les autres me font des reproches.

Cet esprit de rassemblement que je défends avec acharnement peut agacer certains.

Je pense que, à un moment donné, quand vous ne respectez pas les règles, il faut vous attendre à ce que l’on ne respecte pas les règles pour vous (…) J’en veux à tous ceux qui au cours de ce quinquennat n’ont pas respecté les règles.

Le PS ne va pas éclater. Le débat a toujours existé au Parti socialiste.

La campagne officielle commence. Il était temps de rebondir et ca été fait de belle manière.

Si on perdait la présidentielle, le match ne serait pas terminé. Il y aurait le match retour des législatives !

Jean-Luc Mélenchon a pris la responsabilité de refuser l’union avec notre candidat. Benoît Hamon avait fait la démarche et Jean-Luc Mélenchon l’a refusée.

Emmanuel Macron est bayroutisé. François Bayrou est omniprésent dans la campagne de Macron au risque de le stériliser. (…) C’est le centrisme, mais c’est un centrisme qui s’émancipe de la droite classique, (…) qui n’est pas dans une alliance avec la gauche, et qui essaie de combiner tout et son contraire dans la situation actuelle

Avec les primaires le PS n’est plus dirigé par un leader mais par un animateur. Je ne pense pas que Manuel Valls ou Benoît Hamon souhaitent être animateur.

Il faut re-légitimer nos institutions et cela passe par la modification du mode de scrutin.

Le prochain Président sera élu par défaut face à Marine Le Pen. Ce sera un Président faible. Le lieu du pouvoir sera l’Assemblée nationale.

Nous sommes dans la décomposition de la Ve République.

Sur le terrain il y a beaucoup de perplexité car on ne voit pas qui va sortir de cette élection.

Il y a à droite une brisure morale. Un candidat des Républicains a fait une glissade dans les sondages ce n’est pas en surchargeant le programme de la droite de manière libérale qu’il va reconquérir le coeur de la droite.

Débat TF1

Cette introduction des primaires dans la présidentielle montre la difficulté pour les candidats de s’imposer de manière claire.

Soutiens à Emmanuel Macron

Chaque membre du PS qui a parrainé Emmanuel Macron a reçu une lettre du Premier secrétaire leur disant qu’ils n’appartenaient plus au Parti socialiste.

 

 

18 Mar

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« Le Parti socialiste sera un acteur majeur des prochaines élections législatives ». Interview au Télégramme

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Le Télégramme publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous: 

 

Le Parti socialiste est-il devenu un acteur politique secondaire ?

Non ! Le Parti socialiste est dans les quatre capables de figurer au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Vous y croyez vraiment ?

Oui ! De plus le Parti socialiste sera un acteur majeur des prochaines élections législatives. Nul n’en doute.

Condamnez-vous l’attitude de Manuel Valls qui, après s’être engagé à soutenir le vainqueur de notre primaire, refuse aujourd’hui de faire campagne pour Benoît Hamon ?

Je regrette que Manuel Valls n’ait pas donné son parrainage, car je crois qu’il faut toujours respecter les règles. Je constate qu’au cours de ce quinquennat, il y a eu beaucoup de contraventions à ce principe, y compris quand Manuel Valls était Premier ministre.

Si Emmanuel Macron l’emporte le 7 mai, le Parti socialiste devra-t-il passer un accord électoral avec lui ?

Le Parti socialiste doit rester une force autonome. Je ne crois pas que le PS soit une force d’appoint. Ni partenaire junior d’Emmanuel Macron, ni partenaire sénior de Jean-Luc Mélenchon. Le Parti socialiste doit décider par lui-même et pour les Français.

François Hollande a renoncé à briguer un second mandat. Qu’attendez-vous de lui aujourd’hui ?

Qu’il continue son mandat jusqu’au bout, qu’il soit Président jusqu’à la dernière seconde et qu’après il puisse aider sa famille politique à continuer à peser dans la vie politique française qui est bien tumultueuse.

Des personnalités socialistes de poids, comme Bertrand Delanoë, et sans doute bientôt Jean-Yves Le Drian, ont rejoint ou vont rejoindre Emmanuel Macron. Comment réagissez-vous à ces défections ?

Tout cela va se terminer par une auberge espagnole. J’ai beaucoup de respect pour Jean-Yves Le Drian, je sais que ses raisonnements ne sont jamais médiocres. Il a fait, ou va faire, un choix. Je le regrette profondément, mais je voudrai dire aux élus qui ont lancé un appel autour de Marylise Lebranchu, Charles Josselin et Louis Le Pensec pour faire respecter le choix des primaires et soutenir Benoît Hamon, que la décision de Jean-Yves Le Drian n’est pas un voyage sans retour. Il reviendra dans la famille socialiste

L’enjeu pour la prochaine présidentielle n’est-il pas la prise de contrôle du Parti socialiste ?

Le contrôle par qui ? Je ne crois pas que ce soit l’enjeu. Je partage ce qu’a dit Benoît Hamon : il se moque de savoir qui sera Premier secrétaire. Je pense que Manuel Valls est dans le même état d’esprit. Maintenant que nous avons les primaires, le rôle du Premier secrétaire n’est plus d’être le leader de la gauche. Il doit être l’animateur. C’est différent.

Pourquoi les affaires (Fillon, Le Pen et peut-être bientôt Macron) ne profitent-elles pas au candidat socialiste ?

Les affaires sont un symptôme de la décomposition de la Ve République. Elles ne sont pas un vecteur de recomposition. C’est pourquoi personne ne peut surfer sur les affaires.

 

 

Propos recueillis par Philippe Reinhard

16 Mar

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L’invité de Guillaume Durand sur Radio Classique avec Paris Première

par

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de Guillaume Durand sur Radio Classique en partenariat avec Paris Première:

 


« Nous constatons pour la première fois l… par radioclassique

 

Campagne présidentielle

Il y a eu dans ce quinquennat beaucoup de manque de respect à la parole donnée, au vote du Congrès et à la solidarité avec le Gouvernement. Je ne vais pas prendre position pour l’un par rapport à l’autre. Je rappelle au passage que Benoît Hamon a ourdi une motion de censure contre son propre gouvernement. Je ne l’ai pas condamné à l’époque. Je prends tout cela comme des analyses ou des prises de position mais j’estime nécessaire de se rassembler aujourd’hui derrière le candidat socialiste.

La convention nationale du Parti socialiste a voté à l’unanimité le soutien à Benoît Hamon.

L’élément majeur à gauche c’est le refus de Jean-Luc Mélenchon. Pourtant il est d’accord avec Benoît Hamon sur beaucoup de points. Pour la première fois depuis 1971 le Parti communiste et Jean-Luc Mélenchon ont rompu l’union de la gauche et dans le même temps, il s’est passé quelque chose de tout à fait nouveau à droite c’est que les affaires ont conduit le centre à s’autonomiser. Nous avons donc une nouvelle donne politique. Il y a au centre de la vie politique française l’émergence d’un nouveau centre autonome de la droite.

En Marche fait office d’auberge espagnole d’Alain Madelin à Robert Hue. Il n’y a pas de colonne vertébrale politique.

Si Emmanuel Macron était au 2e tour de la présidentielle il serait un président par défaut. Le barrage n’est pas un programme. Je préfère un président qui a une colonne vertébrale, une orientation – même si je peux la contester – qu’un président par défaut, voilà pourquoi le Parti socialiste est derrière Benoît Hamon.

Nous sommes dans la décomposition de la Ve République.

Nous avons avec Emmanuel Macron les ralliés qui sont à gauche et les électeurs à droite ! Est-ce que vous pensez que ceci sera solide pour affronter les problèmes auxquels les Français sont confrontés ? Je ne le crois pas ! Voilà pourquoi moi j’ai toujours été pour le rassemblement de l’ensemble de la gauche et des écologistes…

On ne parle pas des programmes. Et l’on sonde celui de Benoît Hamon avant qu’il ne soit présenté! On marche sur la tête ! On est dans une situation où l’on veut le résultat avant l’élection.

Le Front national a bousculé le bipartisme. Nous sommes dans le multipartisme aujourd’hui et personne ne peut penser qu’il a la majorité à lui tout seul, on peut crâner dans les sondages mais être cramer dans le résultat.

Elections en Allemagne

Angela Merkel est dans une situation où elle regarde à droite et à gauche qui va sortir, elle ne le sait pas. D’ailleurs elle ne sait pas elle-même si elle va être réélue parce qu’aujourd’hui elle est challengée – et plus que cela – par Martin Schulz qui a toutes les chances de l’emporter.

Elections aux Pays Bas

Je dirais deux choses : 1) ne croyez pas les sondages, Geert Wilders était en tête dans tous les sondages, ça n’a pas été le cas ; 2) on voit que les sondages conduisant à l’élection de l’extrême droite conduisent aussi au vote utile.